'^-^ JMlftlMKRlE DE TLIUCOLU rue Madame, n« 5o, CMTRAl PARK, DANATOMIE COMPAREE DE GEORGES CUVIER, RÉDIGÉES ET PUBLIÉES PAR G.-L. DUVERNOT. SECONDE ÉDITION. TOME SIXIEME, CONTEMANT LA DESCRIPTIOIV DU FLUIDE NOURRICIER 9 DE SES RÉSERVOIRS ET DES ORGANES QUI LE METTENT EN MOUVEMENT, DANS LES QUATRE TYPES DU RÈGNE ANIMAL. REVU PAU G.-L. DUVERNOY, PROFESSEUR AU COLLÈGE DE FRANCE, ETC. CROCHARD ET C-, LIBRAIRES, RtJE ET PLACE DE l'ÉCOLE DE MEDECINE, N** 12. 1839. ; ^ v: ?. V/Z^T^f.-*^/.*/ A3^ AVERTISSEMENT, Des circonstances indépendantes de ma vo- lonté ont retardé la publication du présent volume, dont le manuscrit était entre les mains du Libraire-Éditeur dès le mois de sep- tembre 1837. Ce retard m'a permis de profiter des der- nières publications ayant rapport au fluide nourricier, à ses réservoirs, et aux organes qui le meuvent, parmi lesquelles je dois citer les travaux de MM. R. fVagner, Valentin, Mandl et Donné, sur le sang des vertébrés, et ceux de tl AVERTISSEMENT. M. Milne Edwards , sur le sang , les vaisseaux sanguins , et la circulation des annélides. Ce volume, de 547 P^g^s, ne comprend ce- pendant que les organes de la circulation de la première édition, avec la description des vais- seaux et des ganglions lymphatiques. Deux cent cinq pages seulement du t. iv de cette première édition étaient consacrées à l'histoire anato- mique de ces mêmes organes, dont 76 étaient de la rédaction de M. Cuvier, et iSa de ma rédaction. Le plan que j'ai dû adopter, pour donner une idée juste de l'état actuel de la science, et les récents progrès de celle-ci , ont nécessité ces nombreuses augmentations. Elles comprennent, en premier lieu, tout ce que j'ai pu ti'ouver, concernant cette matière, dans les publications de M. Cuvier, postérieures à la première édition de cet ouvrage. Ses porte-feuilles renferment des dessins inédits de M. Laurillard , sur les vaisseaux sanguins des vertébrés , sans texte explicatif, à la vérité; mais dont j'ai pu pro- fiter, et que j'ai eu soin de citer à mesure que j'en ai trouvé l'occasion. J'avais besoin de me justifier, par ces expli- (VVERTISSEMENT. VII# cations, de n'avoir pas compris dans ce volume, ainsi que j'en avais l'espoir lorsque j'ai écrit l'aTertissement du t. v, tous les organes de dépuration du fluide nourricier, et ceux des sécrétions. Ce sera pour le volumesuivant, dont l'impression est commencée , et n'éprouvera plus les lenteurs ni les autres inconvénients qu'entraînait mon éloignement de Paris. J'ai tout lieu d'espérer que ma nouvelle position ne me laissera rien à désirer, pour la facilité des recherches ayant pour but d'a- vancer la science de l'organisation des animaux. C'est une condition nécessaire de renseigne- ment supérieur auquel j'ai été appelé par ordonnance du Roi du 8 décembre 1837, et dans lequel j'ai pour tâche de faire connaître, entre autres, les merveilles de cette organi- sation. Paris, le 5 avril xb^g. G.-L. DUVERNOY5 Professeur »u Collcgc de France, etc. LEÇONS DANATOMIE COMPARÉE. VINGT-GirVQUIEMC LEÇON. DU FLUIDE NOURiaCIER, DE SES RÉSERVOIRS, ET DBS ORGANES QUI LE METTENT EN MOUVEMENT DANS LES ANIMAUX VERTÉBRÉS. [Nous diviserons cette leçon en trois sections : ta ^ première comprendra la description du fluide nourri-' cier ; nous traiterons dans la seconde des réservoirs de la lymphe et du chyle ; la troisième aura pour ohjet les réservoirs du sang, ou les artères et les veines , et l'or- gane principal d'impulsion et de direction de ce fluide, ou le cœur. Dans un dernier article de cette troisième section, nous exposerons, d'une manière succincte, le mouvement du sang ou sa circulation , et les diffé- * rentes causes qu'on peut assigner à ce mouvement. ] SECTION I. ? DU FLUIDE NOURRICIER DES ANIMAUX TERTÉBRÉS. [Le sang des animaux vertébrés se distingue de celui des autres types, de même que tout l'ensemble de leur organisme, par une organisation plus compliquée. 6. i 2 XXV' lEÇON. DU FOUDE NOtT'RrJCIER, ETC. Aussi n'est-îl pas réparé immédiatement par le ca- nal alimentaire. \ ■% # # C'est d'abord du chyle, dont les propriétés physiques ou chimiques diffèrent, sous plusieurs rapports, de celles du sang. C'est encore de la lymphe, qui se forme dans toutes les parties du corps, diffère très-peu du chyle, et concourt aussi à réparer les pertes du fluide nourricier, en se mêlant au chyle et au sang. Le chyle et la lymphe versés , des vaisseaux qui les renferment, dans les réservoirs du sang, y prennent rorganisation de ce fluide, et deviennent seulement alors, propres à nourrir les parties ; encore faut-il que ce mélange ait subi, plus ou moins, la triple dépura- tion des poumons, des reins et du foie, pour être com- plètement propre à la nutrition , c'est-à-dire à jçenou- Tcjç^ 1^5, éjéçt^^l^i de tout l'organisme. ] ARTICLE I«. f . DU CHTLE. [Le chyle est un liquide blanc, opaque et laiteux dans les mammifères, généralement diaphane dans les autres ciasises des vertébrés, qui remplit, après la digestion, ou la chymification et la chylification des substances alimentaires, les vaisseaux lymphatiques des intestins, des mésentères, et successivement le canal thoracique. SacQuleurvarie suivant lanature desalimentsetlapar- tie deses réservoirs dans laquelle on l'observe. Il est moins opaque et un peu plus diaphane dans les mammifères herbivores; il est plus opaque et plus blanc dans les car- nivores;, il prend quelquefois une teinte rosée, surtout ART. i. DT: chyle. 3 dans le canai thoracique. Cehii des oiseaux est géné- ralement transparent; cependant M. Dtiméril a vu les vaisseaux chylitères d'un pic-vert, qui s était nourri de fourmis, remplis d'un chyle blanc opaque. M, Lauth l'a constamment trouvé transparent et sans couleur dans les dindons, ks poules, les hérons, les cigognes , les goélands, les oies sauvages ou domesti- ques ^ les canards, qu*il a examinés (i). Parmi les reptiles, nous l'avons vu d'un beau blanc de lait extrêmement pur, et sans aucune nuance de bleu ou de jaune, dans un trigonocèphale à losanges, dont la muqueuse intestinale, y compris les franges de ses plis tenant lieu de papilles, était blanchie par ce liquide. Ces exemples prouvent que le chyle n'est pas toujours diaphane dans les trois classes inférieures des verté- brés. Les observations auraient besoin d'être multi- pliées à cet égard. Les poissons l'ont aussi d'un blanc limpide. Sa saveur est douce ou un peu salée. Sa pesanteur spécifique est moindre que celle du sang. Comme la lymphe et le sang, le chyle charie des globules de forme et de dimensions déterminées, suivant les espèces ou les groupes plus élevés. Ces glo- bules sont bien distincts des particules de graisse aux- quelles MM. Tiedemann et Gmelin attribuent exclusi- vement la couleur et l'opacité du chyle. En général ils diffèrent des globules sanguins par leur forme sphé- rique et leurs plus petites dimensions. Déjà MM. Leu- ret et Lassaigne avaient remarqué qu'ils avaient cette (i) Anaaiés de$ Stiénet$ ncfur. t* nu 4 XXY* LEÇON. DU FLUIDE NOURRICIER, ETC. forme sphérique dans les oiseaux ^ tandis que leurs glo- bules sanguins sont elliptiques. Parmi les mammifères, les globules du chyle ont été trouvés de forme sphérique dans le chat^ le chien, le la- pin, le veau etla chèvre ( i ) . On sait que ceux de leur sang sont aplatis ou lenticulaires. Quant à leur volume, MM. Prévost et Dumas l'esti- ment à la moitié des dimensions des corpuscules san- guins. Suivant M. J. MûUer, ils seraient plus grands dans le lapin, égaux dans le chat^ plus petits dans le veau et la chèvre. Cependant MM. Prévost et Dumas avaient vu ceux du lapin moitié plus petits que les glo- bules du sang. Ils seraient de même plus petits, suivant M. R. Wa-- gner (2), tandis que cet observateur les a trouvés plus grands dans^ le veau. Leurs dimensions, d'après MM. Prévost et Dumas^ varieraient si considérablement dans le mouton, qu'ils pourraient être plus grands ou plus petits que les glo- bules sanguins (5). Je ne connais pas d'observations sur leur grandeur relative dans les oiseaux et les reptiles; mais dans les poissons, M. R, Wagner a trouvé ceux du barbeau et de Vammocète ayant le quart et le tiers du plus grand diamè- tre des globules elliptiques de leur sang. Le chyle, considéré chimiquement, présente beau- (1) Observations sur Vanalyse du la lymphe, du sang et du ehyle, par J» Màll»r, Jnnai«s des Sciences natur. S"* »érie, t. 1, p. ^59. (2) Voir le tableau ci-après sur les dimensions des globules de la lymphe, du ehyle et du sajii^. (3) Ces variations ne proYiendraienl-elks pas de ce que ces observateurs n'ont y.w flHingurr Ips molémlpjî do graisse, des globnlos orffnni8é5? AliT. I. Dl CHYLE. 5 coup de ressemblance avec le sang. Comme ce dernier liquide, il se sépare, hors de ses réservoirs, en deux par- ties, Tune solide ou le caillot, composée essentiellement de fibrine, et l'autre liquide, qui est un sérum semblable à celui du sang, contenant les mêmes sels ; le feu et les acides le coagulent , et il décèle , par ces change- ments, sa nature albumlneuse, Il se manifeste déplus àsa surface, une substance qui paraît comme une crème et qui est de la nature de la graisse. La première bonne analyse du chyle est celle faite par yauqtÀeiin en lôi i, avec le liquide extrait du canal thoracique du cheval (i). Une incision du canal vers son milieu donna un chyle rosé , et une autre incision à l'une de ses branches sous-lombaires, donna un chyle blanc. Le chyle blanc avait l'aspect du lait; le caillot qui s'en est séparé était blanc et opaque; le sérum était alcalin, se coagulant par les ^cides, l'alcool, la chaleur, et retenant un corps gras que ce chimiste compare à la partie grasse du cerveau. Le caillot s'est comporté comme la fibrine du sang; mais sa texture fibreuse, son élasticité, sa ténacité étaient moins prononcées; il était plus complètement soluble dans la potasse. On dirait que cette matière est le passage de l'albumine à l'état de fibrine, telle qu'on la trouve dans le sang. Le chyle rougeâtre ne différait du chyle blanc que par (1) Dupuytren aTait donné une analyse du chyle de ehien; Emmert et Beats, du chyle «le cheval • mais ils n'y avaient pas découvert la matiire grasse. 6 XXV* LEÇON. DU FLUIDE NOURRICIER, ETC. la couleur; Tun et Tautre contenaient de la potasse, du chlorure de potassium, des phosphates de fer et de ehaux. On doit à M. le docteur Marcel, entre autres, les ré- sultats suivants sur la connaissance du chyle extrait des ckiens nourris tantôt de substances animales, tan- t5t de substances végétales (i). 1* Les sels du chyle sont dans la proportion de oeuf parties sur mille. a* Le chyle provenant de substances végétales pa- raît fournir trois fois plus de carbone que le chyle pro- duit de substances animales. 3** Le chyle végétal peut se conserver plusieurs se- maines et même plusieurs mois sans se putréfier ; le chyle animal commence à se putréfier au bout de àtwx ou trois jours. 4* Le chyle animal est toujours laiteux ; il s'en sé- pare une matière onctueuse, semblable à de la crème, qui vient nager à la surface ; son coagulum est opaque et a une teinte rosée. 5* Le chyle végétal est presque toujours transparent ou à peu près, comme le sérum ordinaire; son coagu- lum est presque incolore et ressemble à une huître ; en- fin sa surface ne se recouvre pas d'une substance ana- logue à la crème. 6* L'élément principal de la matière animale du chyle est lalbumine; mais le chyle animal contient en outre des globules d'une substance huileuse qui res- semble parfaitement à de la crênie. (1) Annaks de Chimie ei de Phyt'qut^ l. ii, p. 52, et Traité de Chimie de M. le baron Thénard^ t. v, p. 92. ART. I. DU CHYLE. 7 7' On reconnaît très-bien l'existence du fer dans le résidu du chyle distillé à feu nu ; il y est mêlé aux sub- stances salines et au charbon. Le chyle examiné dans les chylifères et le canal tho- racique du cheval et du mouton, par MM. Prévost et Le- ro^er^ était d'un blanc opalin. L'air le rougit légère- ment dans le vaisseau où on le reçoit, et où il se forme bientôt un caillot qui nage dans le sérum. Une once de chyle de mouton a formé un caillot, le- quel a pesé, étant sec, 0,424*'. Ce caillot, plus soluble que la fibrine d'ans les alka- lis, était composé de globules blancs, adhérents entre eux, et de o,oo35""' de diamètre. Cependant il s'est comporté comme la fibrine avec les divers réactifs. Le sérum a pesé, après la dessication à un feu doux, a,332«'"'. Lavé à l'eau chaude, il s'en est dissout 0, 1 06*^'". d'une matière identique avec la gelée. Ces savants en concluent qu'on retrouve dans le chyle les éléments nutritifs que renferment les aliments (1). Suivant MM. Leuret et Lassaigne (2), 10,200^'™ con- tiennent de l'cslbumine ; de la soude ; du chlorure de sodium; du phosphate de chaux; une matière colo- rante rouge; une matière jaune soluble dans Talkool; de la fibrine, o,o5o ou 4)9 1 pour 1000. Quel que soit l'animal dont le chyle a été extrait, il présente toujours ces mêmes substances. îl y a, déplus, Cl) Note sur îa digeslioii, ^-àxlAM. Prcvcst et Lcro\er\ Annale» dus sci^n- tes nafur., p. 48Î, t. iv, 1826. (2) Berhcrchcs physiologiqua et chimiques pouf servir à riiistoire de la diges- tion, p. iitl et 160, Paris, 1885. 8 XXX" LEÇON. DU FLLiDJi NOURRICIER, ETC. de la matière grasse, mais qui ne s'y rencontre pas tou- jours. Les proportions de la fibrine varient d'ailleurs beau- coup, suivant que le chyle appartient à un Carnivore ou à un herbivore. Le chyle de brebis, suivant MM. Tiède- mann et Gmelin , contiendrait, sur 1,000 parties, au moins 2,40 et au plus 8,20 de fibrine; celui de chien au moins 1,70 et, au plus, 5, 60. Ce dernier résultat se rapproche beaucoup de celui obtenu par M^L Leiirct et Lassa igné. MM. Macaire et Marcel fils {Ann. de Chim. et de Phys. t., LI, p. 571), ont donné une analyse élémen- taire comparée du chyle du chien et du cheval^ et con- séquemment d'un mammifère carnassier et d'un mam- mifère herbivore, de laquelle il résulte que : LE CHYLE DU CHIEN ET CELUI DU CHEVAL CONTIENNENT : Carbonne. . . 55,3 . . . 55, o Oxigène. . . . a5,7 . . . 26,8 Hydrogène. . • ^fi • . . 6,7 Azote. • . • 11,0 .. . 1I9O Cette analyse montre une bien grrande ressemblance dans la composition de l'un et de l'autre chyle. Nul doute que la composition du chyle ne soit mo- difiée par la nature des aliments; mais les dernières expériences de MM. Macaire et Marcel fils prouveraient cependant que cette composition serait plus constante. ART. II. DE LA LYMPHE. 9 plus uniforme qu'on ne l'avait pensé, entre autres d'a- près les expériences de M. Marcet père. Cependant il faut se rappeler que M. Magendie a dé- montré que le chyle provenant du sucre contient peu de fibrine ; que la graisse est en plus grande quantité dans le chyle provenant de l'huile. Toutes ces expériences prouvent que la nature des aliments, que les proportions et la nature des éléments nutritifs qu'ils contiennent, doivent avoir une certaine influence sur les proportions des éléments constituants du chyle , et même un peu sur leur nature ; puisque le chyle peut contenir de la graisse , ou n'en pas avoir dans sa composition (i). Mais à cet égard, comme à beaucoup d'autres, la science paraîtra encore bien imparfaite, si l'on réfléchit combien les observations et les expériences ont été rares, et si l'on fait attention au petit nombre d'animaux vertébrés sur lesquels on les a faites. Elles devraient être singulièrement multipliées , surtout dans les trois clas- ses des oiseaux ^ des reptiles et des poissons ^ où elles manquent presque absolument. ] ARTICLE IL DE LA LYMPHE. [La lymphe ç»t un liquide transparent, incolore ou (1) Voyez MM. Tiedemann et Gmelin, Recherches expérimentales , physio" logiques it ehhniques sur la digestion, Parijt, 1|27, 2"* partie, p. 93. 10 XXV* LEÇON. DU FLUIDE NOURRICIER, ETC. verdâtre, ou rosé , ayant une saveur salée ; sa pesan*- teur spécifique, relativement à celle de l*ean. , est de 1022,28. On y découvre des globules analogues à ceux du chyle. M. Jean Mûller^ entre autres, a observé que ceux de la grenouille étaient quatre fois plus petits que ses glo- bules sanguins, qu'ils étaient sphériques et non aplatis comme ces derniers. La lymphe a une composition chimique analogue à celle du sang ; abandonnée à elle-même, elle se sépare en une partie liquide ou sérum, que l'on peut compa- rer à celui du sang , et un caillot filamenteux composé de fibrine. La lymphe de Vlwmme a été observée par M. J. Mill- ier chez un jeune homme qui avait une blessure au pied. Elle s'est bientôt séparée en sérum et en un caillot rétîculaire. Le microscope a fait voir dans cette lymphe des globules plus petits et moins nombreux que cetix du sang, dont les uns étaient attachés au caillot et les autres flottaient librement dans la partie de la lymphe restée liquide. Le caillot blanc , élastique, se formait évidemment par 1^ solidification d'une matière dissoute auparavant dans la lymphe. Cette matière ainsi dissoute était de la fibrine. On doit à M. Cheoreul l'analyse suivante de la lym- phe du chien ^ tirée du canal thoracique de ranimai, après un jeûne de cinq jours. La pesanteur spécifique de ce liquide était de 1022^28, son odeur celle du sperme , et sa couleur ro.^ée. ART. lï. DE lA LYMPHE. 11 iooo parties contenaient : Eatii . i 9â6j4« Fibrine oo4,a« Albumine 061,0. Carbonate de solide* , . . . 001,8. Muriate de soude 006,1. Phosphate de clitiux t t de magnésie j et carbonate de ctaux 000,5. MM. LmM et Lassàigne (1) ont obtenu des résul- tats analogues pour la lymphe du cheval. Elle se compose i Sur 1000 parties, de : Eau 925, Albumine 67,36 t'ibrine 5,5o Chlorure de sodium \ De potassium r / ^5^ Soude >. » . . ^) 4 Phosphate de chaux ) Retm et Etnmert ont trouvé la lymphe inodore, avec une faible saveur analogue à celle dû sérum. Elle se éoagule, suivant ces chimistes^ au bout de quinze à vingt minutes, en une gelée limpide, tremblotante et incolore, qui se contracte sur elle-même, et nage dans ■ ■ ■ ■ I ■ ■ .. — • (1) Ùuv, eit,f p. 106. 12 XXV* LEÇON. DU FLUIDE iNOLRKICIER, ETC. un liquide jaunâtre. Le caillot ainsi formé est la fibrine du sang. Quatre-vingt-douze parties de lymphe ne donnent qu un grain de caillot sec. Le liquide dessé- ché ne fournit que 3 -j d'albumine.] ARTICLE IIL DU SANG DES VERTÉBRÉS. [Bien plus que le chyle, et encore plus que la lymphe. Je sang est un liquide organisé, qu'on a nommé poéti- quement, mais avec vérité, une chair coulante; dont l'étude , comme partie essentielle de l'organisme , comme devant sans cesse en réparer les pertes, appar- tient à l'histoire de cet organisme, dont nous avons en- trepris de décrire les formes et la composition. Cette histoire devait précéder la description du sys- tème de vaisseaux qui compose, dans les vertébrés, le réservoir général du sang, et dans lequel il se meut. Les travaux nombreux qui ont été publiés sur ce li- quide, depuis la première édition de ces leçons, et leur importance , nous forcent d'augmenter beaucoup l'ar- ticle que cette édition renfermait sur ce sujet intéres- sant. Nous examinerons le sang des vertébrés : i* Comme un liquide vivant et organisé, c'est-à-dire sous le rapport de sa composition organique. 2* Nous l'étudierons ensuite sous le rapport de sa composition chimique. A. COMPOSITION ORGANIQUE DU SANG. La première question qui se présente est de savoir A1\T. IIÏ. SANG DES VERTÉBRÉS. 13 dans quelle proportion le sang fait partie de tout Tor- ganisme? //aller estimait le poids total du sang, chez un homme adulte, de 28 à 3o livres. TVrisberg a pesé celui d'unç femme décapitée ; elle"* en avait 24 livres. '*'^" *" Le même observateur a vu une autre femme en per-i| dre 26 livres par l'utérus. Le rapport du poi<|$ du sang à celui du corps a été trouvé , V ^» Parmi les mammifèrei : Dans le chien. Dans le chat. Dans le lapin. Dans le lièvre. Dans le cheval. Dans l'âne. . Dans la chèvre. Dans la brebis. Dans l'agneau. Dans le bœuf. Dans le veau. 1 : 16 1 : :23 I : 34 1 : 20 1 : 18 1 : 23 1 : 20 1 : ââ 1 : 20 1:12 d'après Herbst, 1 : 20 Ci Ces exemples du bœuf et du veau indiqueraient que les jeunes animaux ont moins de sang que les adultes. Parmi les oiseaux : Le poids du sang est à celui du corps : Dans le moineau, . : : 1 ; 20 Dans le pigeon. . . :: 1 : iS 14 XXV^ LEÇON DU FLUIDE NOIJRKICÏER, ETC. Dans le canard. . . : : i : 29 Dans la poule. . . . : : 1 : 02 Cette proportion serait donc beaucoup moindre quç dans les mammifères, Mais dans les reptiles elle est plus forte, en général, que dans les autres classes ^^s vertébrés, Ainsi on j a trouvée : Dans le lézard. . . 1:1: i4| d'après Blumenbach. 1 : 16 Dans la grenouille. Dans la même. . . Dans la salamandre. • 1 -12 M*^P^^^s2Crtmé«r(i). Enfin, dans les poissan^^ ejle paraîtrait aq moins ^msi faible que dans les oiseaux. (j Cette proportion est Dans la carpe . . . :î 1 : 3o ) ,, > «- . Dans le brochet. . . :: i : 32 j <1 ^P^ès /&•<«««.■ M. SchultZy auquel on doit les observations précéden- tes {2) , dont l'auteur n'est pas cité, obserre qu'il y a des différences individuelles qui dépendent du sexe et du degré d'embonpoint. Il estime à loo livres jus- qu'à 1 1 G livres le poids total du sang d une vache de 600 livres; tandis qu'un bœuf gras du naême poids p'auwt que 5o livres, au plus 70 livres de sang; et un maigre de 80 à 90 livres. Ainsi, les femelles auraient, à propor- (1) Physiologie du sang, p. 3^9. (En allemand.) (2) Le >ys{nve de la ciici'lrlion dA(?- ques, les dauphins et les inar$ouin8, paraissent avoir une grande proportion de sang. Cette observation, que nous ayons eu occasion de vérifier plusieurs fois , sans la pré- ciser par des mesures, serait cependant contraire à ce que nous venons de dire sur les animaux chargés de graisse; car ceux-ci en ont toujours beaucoup. ] Ce qui caractérise essentiellement [la composition or- ganique du sang], ce sont les molécules rouges que des observations microscopiques ont constaté flotter dans sa partie fluide. Ces molécules, dont la figure n'est pas la même dans tous les animaux, qui se rapprochent, dans Vhomme, de la forme lenticulaire, et qui parais- sent avoir la même grandeur dans le même individu ou dans les individus différents , quelle que soit d^ail- :___ _^^___j^_ . (1) Interest eniïn inter valens corpus et obesum tenuioribus magis san- guis, pknioribus magis caro abimdat. Facilius itaque illi delraclionem ejusmodi îusliaent. A, Çom,Ceiti Sicdicinœt Hb.ii, c. 10, p. 88. Jenaî 1713. Edit: Wcdelii. -4 16' XXV lEÇON. DU miIDE NOURRICIER» ETC. leurs leur proportion , constituent proprement la partie colorante du sang. Dans l'état de vie , on les voit se mouvoir avec l'autre partie du sang qui est limpide et incolore, et qui les entraîne dans son cours, sans qu'au- cune d'elles vienne se heurter contre sa voisine, comme si elles étaient douées d'une force répulsive qui les éloi- gnât. On rapporte même que si l'animal tombe en syncope, ou bien est asphyxié momentanément, elles se rapprochent et semblent ne plus former qu'une seule masse, et qu'elles sont agitées d'abord d'un mouvement oscillatoire, puis se séparent de nouveau pour ne plus se toucher dès que l'animal est rappelé à la vie, et que le sang reprend son cours ordinaire. [La proportion des deux parties organiques du sang, les globules et le liquide plastique, est difficile à bien apprécier. Dans l'expérience dont il va être question , dans laquelle on prévient la coagulation du liquide plastique, M. Sckultz (i) estime celui-ci au ^ du vo- lume total du sang, et les globules, à ^ de ce volume, du moins pour le sang des mammifères. Mais la pro- portion du volume total des globules est beaucoup moindre dans lesangdesr^prtVé'j eXd^^poisions^ chez les- quels ces globules sont bien moins nombreux que dans les mammifères et les oiseaux. On réussit, entre autres, à bien séparer ces deux par- ties organiques du sang, les globules ou les vésicules rouges, et le fluide plastique dans lequel elles roulent, en arrêtant entre deux ligatures faites sur une artère ou sur une veine le sang compris dans cet intervalle ; (i) Omu eit., p. 28. ART. m. SANG DES VEllXÉRRÉS. 17 dans peu d'instants ce liquide ainsi enfermé et arrête dans son mouvement, se sépare, sans se coaguler, en ses deux parties constituantes, Tes globales, qui, spéci- fiquement plus pesants, se précipitent dans la partie la plus déclive , et le lic/uide plastir/ue, qai paraît aU dessus comme une eau limpide. Cette expérience^ qui avait été faite d'abord par Heivson (ï) sur la veine jugulaire d'un chien , a réussi à M. Sclmltz , en recevant le sang dans un boyau de chien , ou de bœuf, affaissé et bien vidé d'air , dont il avait lié premièrement une des extrémités. Il applique l'autre contre la veine ouverte d'un cheval , d'un chien ou d'un lapin, et il y place une ligature aussitôt que le boyau est rempli. Après quelques minutes, les globules commencent à se précipiter dafris la partie la plus déclive de cette sorte de boudin, par suite de leur plus grande pesan- teur spécifique. Quand ils le sontfous, le liquide plastique qui paraît au dessus, est limpide et sans couleur (2).] I. DES GLOBULES. [ Leur forme est lenticulaire dans tous les animaux vertébrés qui ont respiré. Hewson (5) est le premier qui ait généralisé cette observation , même pour les mam- mifères, dont les globules avaient été figurés comme sphériques -^diX Leuvenlioeck ; tandis qu'ils sont ronds et plats , c'est-à-dire lenticulaires. Mais ce dernier obser- (1) Disquisitio expcrlmcntalis de sang u 'mis natura. L. B. 1785, etc. (2) Ofv. cil., p. 9 et 10. (3) De rubr(c sang. part, fabw : L. B. 1785, cap. i, 1= i. 6. r 18 XXY' lEÇON. DU FLUIDE NOURRICIER, ETC. Tateur avait bien vu que ceux des oiseaux , des reptiles et des poissons sont ovales et plats. Ajoutons que la forme ovale est , suivant les uns, plus allongée dans les oiseaux t plus obtuse dans les reptiles ^ et qu'elle se rap- proche beaucoup de la forme circulaire dans quelques poissons ; tandis que , suivant d'autres observateurs, le grand diamètre des globules est , dans les oiseaux et les reptiles^ double de ceux du petit diamètre. Le tableau ci-après donnera les observations posi- tives les plus exactes qui aient été faites à cet égard. Pusieurs micrographes indiquent une petite fossette au milieu des deux faces de ces mêmes globules, et ils les représentent conséquemment comme ombiliqués , du moins dans l'homme et les mammifères. Ainsi M. Wagner dit qu'ils sont bi-concaves ; MM. Young, Hodgkin et J. J. Lister avaient déjà observé cette forme (i). M. Brunner a toujours vu les vésicules avec une petite fossette dans leur axe, chaque fois qu'elles se sont pré- sentées à lui obliquement ou sur leur tranchant (2). M. J. Millier (3) les a vus plus ou moins aplatis, suivant les classes , mais sans fossette centrale. Ceux qui l'admettent ojit eu, suivant M. Schultz, une illusion provenant du renflement accidentel des bords de la vésicule qui compose chaque globule. Dans les oiseaux, les reptiles et les poissons, la forme (1) Notice sur quelques observations microscopiques sur le sang et les tissus des Animaux. Annales des Se, natur.^ t. xii, p. 56 et 57. (2) De vesicularura sanguinis observatioucs microscopicîc cl chimicac , 1831, in-8, ^i Réperloirc d'Jnatotnie et de Physiologie de M. Valentin , t. i, p. 71. f En allemand. ) (3) Pliysiolo;;ie, t. i, p. 105, 3""^ édit. Coblenz, 1837. ART. Ul. S\\(; DES VERTÉBRKS. 19 convexe, iiiênie un peu nikvéc au centre, amincie sur Jes bords, n'est pas contestée. Dans la grenouille^ le noyau central. fait une saillie oxidcttte.^iiceut^e de cha- que face de la vésicule (i).,.fn,yî ^ u> jf,,.;,,, , Leur volume^ ainsi que leur forme, est généralement le même dans le même aninjal de ce premier type ; ce- pendant il peut y avoir quelque différence d'un globule à l'autre, qu on estime au plus au tiers de leur gran- deur dans ceux de riiomme. M. Sckuitz observe que ce volume est en rapport, dafts les différents animaux, avec le diamètre des vais- seaux capillaires ou périphériques. Ils auraient, dans l'homme, d'ain^è^i^Rtuloipki , Hodgkln et Lis 1er, 2T0 d^ lignç; ^ suivant MM. Prévost et Dumas; —^ suivant Yoiing; M. R. Wagner estime leur grandeur moyenne à ^ de ligne, et leur épaisseur à leur bord de r^nr à rr.- de ligne. On verra par le tableau ci-après que leur diamètre \^ plus général dans les mammifères est de 7^- à ~ de ligne; que dans les oiseaux, leur grand diamètre est souvent le double ou trois quarts en sus du petit, ra- rement d'un tiers seulement; que dans les reptiles, leur diamètre longitudinal est à peu près de moitié ou le tiers en sus plus grand dans la tortue; que ces deux dimensions sont presque égales dans le lézard gris; que, dans les serpents, le diamètre longitudinal a les deux tiers en sus du diamètre transversal. Dans les poissons, les mêmes observations prouvent que le grand diamètre peut être de quatre septièmes, de trois sep- (1) J, Mûllcr, Physiologie^ p. 90. §0 XXY* LEÇON. DU FLUIDE NOURRICIER, ETC. tièmes ou seulement d'un tiers en sus du petit dia- mètre. Dan» Yammocète^ suivant M. Wagner^ les globules se rapprocheraient de la forme circulaire qu'ils ont dans les mammifères. Leur grandeur, dans les chondroptèrygiens , excéde- rait celle qu'il» peuvent atteindre dans tous les autres animaux vertébrés. Les reptiles amphibies les ont plus aplatis que les mammifères et les oiseaux. Ceux de la salamandre, sui- vant M. J. Millier, n'ont en épaisseur qu'un huitième, ou même un dixième de la dimensioadu diamètre lon- gitudinal; tandis que ceux de l'homme ontun axe quia le quart ou le cinquième de leur diamètre. Quant à leur composition, les globules du sang des vertébrés ne sont pas des corps homogènes, solides du moins, comme beaucoup de micrographes l'ont cru. Hewson a démontré que c'étaient des vésicules à parois plus ou moins élastiques, pouvant se dilater jusqu'à un certain degré, au delà duquel elles se rompent. Chaque vésicule renferme, dans son axe, un noyau incolore, transparent, de forme sphérique ou ovale, et, dans ses bords, la matière colorante du sang. Dans le sang qui se décompose, la vésicule qui con- stitue le globule se gonfle et se crève même. Elle se dilate et se développe lorsqu'on la met dans un hquide qui la pénètre, et dans son plus haut degré de dilata- tion, le noyau qu'elle renferme devient libre et se porte du côté le plus déclive. Les vésicules se contractent îrréejnlièrement et se dé- fssaa »s § • -ià â-IMrJr6^'-li-li4:-S' • -li Mia-d'i Ifij il -|Mr&-lMi -lï-tî-li HrIMs Hrli-lîi -lrlMi« Hrg II j:||ii_:ij; .is|i t.- _:>;_;_:_. fis = Q a Q Q I C =,| g,Q Q Q 1,1 ||=| Q Q g, ££ -li-IrE-IrEH-Irr-IMrÊ- ;-| -Irl-lHrli ,,^,,^.^ S Ër^^s-a §«>£! J53 ii.l. 5 s.' p liiFii S s" " ■» " "■ s " « ... i ï i s s il i . i 1 1 s b| s i . s s s si s . s s i^^fe i ^ 1 J . J ^ .•.: .-ê^ ^ -IMMî -!M~r-E-irlMï-li rl5-IM^I= -lî-li -!: -È -Ê -rrl:-S-|Ar4Vl"-|î-Wi ^î- i Ë . i a I Hr|i4~irlrl~lr|rl~irlrHrlrlrlHrl^lrlHr^ -|.-li ART. llï. SANÔ DES fERTÉBRÉ». 2t forment, si on les raet dans une solution saline con- centrée. Nous donnons dans le tableau ci-joint les dimen- sions du noyau des globules dans quelques espèces. La forme de ce noyau est généralement sphérique dans les mammifères^ quoique les vésicules soient len- ticulaires (i). Dans les vésicules elliptiques des trois dernières classes, ce noyau égale environ le petit diamètre de la vésicule et s'écarte plus ou moins de la forme sphéri- que pour s'allonger un peu. Suivant M. Schaltz, il serait elliptique dans les o/- seaux, quoique sphérique dans leurs embryons. Les rep- tiles amphibies en ont de ronds , d'autres un peu apla- tis. Ce noyau parait rarement uni à sa surface , qui est le plus souvent granuleuse; sa grosseur et sa forme sont d'ailleurs très-variables (2). Sa position même dans la vésicule n'est pas toujours centrale. Ce noyau central est d'une nature chimique diffé- rente de l'enveloppe du globule sanguin. Celle-ci se dissout presque entièrement dans l'acide acétique, tan- dis que le noyau reste intact. La couleur du sang vient de la matière colorante contenue dans les vésicules : elle varie avec les diffé- rentes nuances de cette matière colorante, qui sont si différentes dans le sang artériel et dans le sang veineux, et qui peuvent encore différer beaucoup d'un animal à (1) MM. Dujardin et Donné n'ont pas trouvé ce noyau dans le sang de l'homme. M. Hlandl en admet l'existence. (Voy. le journal VlnsUlut des 21 janvier et 31 mai 1837. Séances de la Société Philomatique de Paris. ) (2) O. C. de M. Schulti, PI. i et ii ; et l'Examen du sang, par MM. Pre- viiti et Du>)ià$, BibL univ.^ t. xrvif, pi. S. 22 XXV** LEÇON* DU FLUIDE NOURRICIER, ETC. l'autre; cette couieur peut varier encore en intensité, suivant les proportions de la matière colorante conté- nue dans chaque vésicule et suivant le nombre des vé- sicules. Enefiet, ciiaque vésicule, prise isolément, paraît très faiblement colorée, surtout si on l'observe par l'une de ses faces ; il faut la considérer de champ pour aperce- voir la couleur dont ses parois sont remplies et impré- gnées, dans le vide circulaire que le noyau laisse au- tour de lui. C'est à cette matière colorante que chaque vésicule doit sa plus grande pesanteur spécifique , relativeme'nt au fluide plastique dans lequel elle roule. Le tableau suivant donne un aperçu des proportions de la matière colorante relativement à la masse totale du sang. /MalUre co/oi 'unte. Observateur Sur 400 parties le sang de riiomme a Dumas. d'après la moyenne des observations. / 13,24 Le Canu. s 14,90 Denis (1). /du chaU 16,9 \ i du chien. 18,1 j Celui de niammif. j de ia chivre. < de la brebis. 8,3 VBerthold. jdu veau. 11,3 \ 1 du bœuf. 13,01 J \veine-porlo du cheval. 8,08 SchuUx. Celui d'oisewa. De reptile. i Pigeon. \ coq. (;rfm)r.illc. M, 9 4 2,1 12, S 4,2 > Berthold. De poisson. Carrée. 8,2 j On auraii une idée incomplète de l'organisation des vésicules, si on ne connaissait les modifications qu'elles fl) liechcrchcs arpértmonialc^ aiir le fonf; Idimaiv, ron.s'u/irii à î'ùUd sain; par M. Denis, docteur en niéd., 1 voi. in -S. ART. III. SANG DES VERl'ÉBRÉS. §3 ëproiivent par le contact de l'air atmosphérique et l'acte de la respiration. On sait, en général, que le sang qui a respiré est plus vermeil, que celui qui n*a pas respiré est noirâtre. Voici une expérience qui semble mettre sur la voie, parmi beaucoup d'autres que nous nous abstiendrons de rapporter : des solutions concentrées de sel de nitrc mélangées au sang, le rendent plus clair; il se dégage beaucoup d'acide carbonique par cette opération, après quoi les vésicules s'affaissent. î/oxigène, en pénétrant dans les vésicules par l'acte de la respiration, en chasse l'acide carbonique et oxide, selon toute apparence, la matière colorante qu'elles renferment. Le sang devient noir par son contact avec l'acide carbonique. M. G, H. Hoffmann avait démontré de- puis long-temps, que le sang veineux renferme de l'a- cide carbonique ; le même observateur pense qu'il existe très-probablement dans le sang artériel du gaz oxigène (i). II. DU LIQUIDE PLASTIQUE DU SANG. Nous donnons le nom de plastique, ainsi que nous l'avons déjà exprimé, à la partie liquide du sang dans laquelle roulent les globules ou les vésicules, parce qu'elle paraît fournir, par une sorte de cristallisation vitale, la trame de tous nos organes. Cette partie est celle qui se coagule au contabt de l'air, et qui prod^iit ensuite le sérum et la fibrine, la partie liquide et la par- tie solide non colorée du sang. (1) Annales des Seicnccs natur., S"'" sCnic, t. i, p. 520, et London mcà>€al Journal , mai 1823, §4 XXV'^ LEÇON. DU FLUIDE NOURRTCICIEK, ITC. I/cxpérience de Heivson que nous avons citée, par laquelle on en sépare les globules, après quoi on peut en extraire la fibrine , prouve, contrairement à l'opi- nion de Home, que la fibrine ne provient pas du noyau des globules. On a remarqué que la quantité de cette substance animale produite par le liquide plastique, et celle du sérum, varient suivant beaucoup de circonstan^ ces, qui paraissent dépendre du degré de vitalité dont jouissait le sang au moment où son mouvement orga- nique, ou vital, a été arrêté, et sans doute de la cause qui a détruit ce mouvement avec plus ou moins de cé- lérité, ou plus ou moins complètement. M. Schultz croit pouvoir en conclure que le liquide plastique du sang n'est pas une simple dissolution chi- mique de la fd3rine dans le sérum, ainsi que le pensent MM. Berzélius et J. Millier; mais que l'un et l'autre forment un tout organique, pendant la vie, conservant sa liquidité par le mouvement intérieur continuel de ses molécules constituantes. Par une suite des propriétés vitales dont il jouit à différents degrés, suivant les circonstances, ce même liquide conserve la faculté de se prendre en une masse plus ou moins compacte, soit dans les vaisseaux qui le contenaient, soithors de ces vaisseaux, lorsque le mou- vement intérieur de ses molécules est arrêté. Il est intéressant d'étudier l'influence que certains agents physiques ou chimiques que Ton mêle au sang, au moment où il sort d^ ses vaisseaux , ou qui ont agi sur ce fluide lorsqu'il y était encore contenu, en produisant la mort de l'individu, peuvent avoir sur la production de ce phénomène de coagulation. Aillai on sait que le sang des animaux tués par ART. III. SANG DES VERTEBRES. 25 la foudre ne se coagule pas; qu'il en est de même de celui des animaux tués par l'acide hydro-cyaniqUe, qui devient visqueux, onctueux, et prend une cou- leur foncée ; que le repos favorise la coagulation du sang; voilà pourquoi la syncope arrête les hé- morrhagies, en favorisant par la suspension momen- tanée du mouvement du sang, la formation d'un caillot, dans le vaisseau ouvert. Depuis long-temps J. Hunier et Hewson avaient observé qu'une tempéra- ture élevée de quelques degrés au dessus de celle du sang de l'animal, en favorise la coagulation; que le froid au contraire la retarde. Le contact de l'air, et, mieux encore, celui de Toxigène, sont de même favo- rables à la solidification du sang, quoiqu'elle puisse avoir lieu dans le vide. On pourra voir dans l'ouvrage cité de M. Schultz, et dans la Monographie de M. Nasie^ tous les détails connus sur les agents physiques ou chimiques, ou sur les circonstances physiologiques ou pathologiques, qui favorisent ou entravent la coagula- tion du sang. Ils donneront la conviction qu'elle provient d'une propriété vitale du sang, dont le degré d'énergie peut varier beaucoup suivant les circonstances de santé, de maladie ou de mort qui ont précédé la manifestation de ce phénomène. La solidification du plastique est bientôt suivie d'un autre changement. La partie solide se contracte , s'en- toure d'un liquide (le sérum) , dont la proportion aug- mente peu à peu, à mesure que la partie solide (le caillot) diminue de volume. Lorsqu'on n'a pas séparé les glo- bules du plastique, la plus grande partie se trouve com- §6 XXV" LEÇON. DU FLUIDE NOUKRICIER, ETC. prise, avec la fibrine, dans la partie solide ou le caillot di^ sang. La séparation du caillot et du sérum n'est guère com- plète qu'après vingt-quatre heures. "• Lorsqu'on en sépare les globules avant la coagula- tion du plastique^ le caillot de celui-ci n'est que de la librine, et le sérum une dissolution albumineuse avec un peu de graisse et des sels. La fibrine est la partie organisée du plastique, ou, si l'on veut, celle qui est le plus animalisée. Nous ne nous arrêterons pas à donner les proportions du caillot rouge et du sérum ; le premier étant encore trop composé , puisqu'il renferme les vésicules et la fi- brine. Sous ce rapport, les tableaux publiés sur les pro- portions d'eau, de particules et d'albumine du sang, sont imparfaits en ce qu'ils ne donnent pas une vérita- ble analyse des éléments organiques du sang, les glo- bules et le plastique, qui se décomposent; les premiers en vésicules, en noyaux et en matière colorante , et le dernier en fibrine et en sérum albumineux. Cp sont là les véritables éléments organiques du sang dont nous voudrions pouvoir donner des tables propor- tlorweUes dans les différens animaux vertébrés ; mais les données manquent pour en dresser de tant soit peu complètes. Nous nous contenterons d'indiquer succes- sivement les proportions de fibrine et de sérum que le plastique produit lorsqu'il se sépare en ces deux élé- ments organiques. De même que les vésicules, la fibrine se reconnaît à sa forme déterminée. Ce sont les deux seules parties du sang dont l'organisation paraît évidente. La fibrine ex- traite du sang artériel paraît en petit? morceaux comme ART. m. SANG DKS VEnTÉBRÉS. §7 brisés ; elle est plus compacte dans le sang veineux. Sa forme organique est une preuve, suivant M. Schultz, que l'apparition de cette substance n'est pas le résultat de la précipitation du sérum liquide dans lequel elle aurait été chimiquement dissoute ; mais qu'elle y au- rait été organiquement combinée. Cependant le phé- nomène de la ci*istallisation des substances minérales nous parait toul-à-fait analogue. Le tableau ci-après donne les résultats de quelques observations sur la quantité de fibrine qu'on a pu sépa- rer du sang. Cette quantité paraît dépendre de l'organi- sation du sang ; plus celui-ci est parfait, plus il y a de fibrine de produite dans la coagulation du plastique; le sang artériel en contient plus que le sang veineux (i). PROPORTïOffS DE LA FIBRINE CONTENUE DANS LE SAWG. Espèce d* san^ Mammifères. Oiseaux, Reptile». Pois&ons. Fibrine sécha. Okiervat» Csnt parties de sang contiennent. f Minimum \ r 0,1560 ") SangUum. Moyenne > de 22 ob5.| 0,4298 ) LeGanu(2). Maximum) «""«'"'• ] Grenouille 0,600 I Carpe 1,160 (1) M. J. Millier, mémoire cite; Annales des Seiêncss natur.., 1" série, t. 1, p. 552. (2) Nouvelles rechercher sur le san^'; par M. L. R. Le Canu. Transact, médi- cales ^ t. VI, p. 92. Paris, 1831. §8 XXV* LEÇON. DU FLUIDE NOURRICIER, ETC. Le sérum est la partie liquide du plastique, laquelle n'est pas organisée. Sa proportion, dans le sang, est en raison inverse des yésicules. C'est une dissolution aqueuse d'alb^:mine cl d'un peu de graisse, au moyen des alkalis et des sels qui sont mêlés à cette dissolution. Ainsi le sérum se compose de parties solides , Talbu- bumine, la graisse et les alcalis ou les sels, et de parties liquides ou d'eau. Sur dix parties solides, huit sont de l'albumine avec un peu de graisse, et deux se composent d alkalis ou de sels. La table ci-après donne les proportions des parties solides avec l'eau, d'après les expériences de MM. Prc- vost et Dumas. Le sérum pur est visqueux, jaunâtre, limpide; son poids spécifique est de 1,027 à 1,029; sa saveur est lé- gèrement alkaline. Cent parties contiennent : Espèce de sang. Parties solides Sang humain. . . 10 Singe callitriche. . 9,2 Chien 7,4 Chat 9,6 Lapin 10,0 Cheval 9,1 Veau 9,1 Brebis ..... 8,5 Chèvre* .- . , . 9,0 Eau. 90 90,8 92,6 90,0 90-9 90.9 91^^ 90^7 AKT. TU, SAîHG DES YERTÉBREa. â9 Espèce de sang. Parties solides. Marsouin. . , . 10,0 Vautour 6,6 Corbeau 6,6 Canard. . , , , 9,9 Coq 7,5 Pigeon. . . , , 5,5 Tortue. , . ^ , 9,6 Grenouille. . , , 5,o Truite. . » . . 7,7 Lote 6,9 Anguille. ♦ . . . 10,0 Eau. 90,0 93,4 90,1 92,5 94,5 90,4 95,0 92,3 90,0 Le sang, dans 1 état de vie, paraît être composé d'un fluide odorant, qui distinguerait chaque espèce d'ani- mal, si on pouvait en exprimer les différences, et dont les propriétés odorantes se manifestent surtout à l'épo- que du rut. III. Comparaison de la composition organique du SANG AVEC CELUI DU FCETUS , AVEC LE SANG DES ANIMAUX INFÉRIEURS, AVEC LE CHYLE ET LA LYMPHE. Pour compléter l'idée qu'on doit se faire des parties organiques du sang, dans l'état actuel de nos con- naissances, il faut les comparer telles que nous venons de les décrire dans l'animal vertébré qui a respiré : 1 •* Avec celles qu'on observe dans les fœtus des mêmes animaux ; 30 XXV* LEÇON. DU FLUIDE NOUKRICIFR^ ETC. vl* Avec celles des animaux des types inférieurs ; 3*" Avec le chyle et la lymphe, qui ont un commen- cement de cette organisation du sang , mais que leur mélange avec le fluide nourricier doit rendre plus par- faite. Les globules sanguins n'ont pas de forme déterminée dans les embryons des vertébrés, surtout quand on les observe dans les premiers temps de la gestation ou de l'incubation. Ainsi Heivson (i) les a trouvés fonds et plus gros que ceux de l'adulte, dans l'embryon d'une vipère et dans un poulet, après cinq jours d'incubation. Prévost a vu ceux d'un fœtus de chèvre elliptiques. En général , on peut dire qu'ils varient de forme et de grandeur dans les embryons, suivant les époques de la vie fœtale. M. Schultz les a trouvés de diflférentes formes et gros- seurs dans la pouUy durant les trois premiers jours de rincubation. Hewson avait déjà annoncé qu'ils étaient rond^ et plus gros que ceux de l'adulte. Le plastique se forme dans le sang avant les vési- cules. Celles-ci ne contiennent pas de noyau dans les em- bryons des reptiles amphibies y et elles ne renferment pas de matière colorante. (i) De rubrarujn sang. part, fabrica» L. B., 3785, cap. i, t. 1. ART. in. SANG DES VEllTEBRÉS. 31 Sous ce double rapport on peut dire que les embryons des vertébrés se rapprochent des types inférieurs. Ainsi, dans V huître , \ix paludine vivipare , parmi les mollusques, la membrane des vésicules est granulée, mais elle ne paraît pas renfermer de matière colorante; elle n*a d'ailleurs pas de noyau.. Quant aux transformations successives du chyle et de la lymphe pour prendre Torganisation du sang, voici ridée qu'on peut s'en faire d'après les différences que nous avons déjà indiquées dans la composition orga- nique et chimique de ces trois fluides. Les molécules graisseuses qui abondent dans le chyle et le rendent laiteux , suivant MM. Tiedmann et Gme- lin , diminuent à mesure que le chyle s'organise. Elles sont en proportion inverse de la fibrine. Ainsi le chyle limpide (la lymphe) des chevaux à jeun a fourni plus de coagulum fluide ou sec (1,00 à 1,7,5 pour 100), que le chyle laiteux des chevaux qui avaient mangé ; il n'en avait que 0,19 à 0,78 pour 100. Le chyle du canal thoracique estrougeâtre ; celui des vaisseaux de la rate est aussi rougeâtre ; cette couleur fait supposer l'existence des vésicules complètement organisées , avec leur enveloppe , leur noyau et leur ma- tière colorante. Dans le liquide du canal thoracique d'un lapin on a observé des globules lymphatiques transparents (le noyau des globules complets ) ; des globules granuleux (commençant à se revêtir d'une enveloppe); des vési- cules colorées, dont la forme et la couleur étaient va- riables , preuve qu'elles n'étaient pas comi>lètement or- ganisées. 3â XXV*" LEÇON. DU FLUIDE NOUllRIClER, ETC. L'hypothèse que la rate contrihue à ce travail orga- nisateur, ainsi que les glandes lymphatiques, est fon-^ dée sur l'observation que le chyle des vaisseaux effé- rents de la rate et celui des mêmes vaisseaux efférents des glandes lymphatiques, ainsi que celui qui est re- cueilli à la fm du canal thoracique, a une teinte rosée.] L'extrême pâleur des personnes atteintes de maladies organiques de la rate , durant lesquelles les fonctions normales de ce viscère sont empêchées , viendrait en- core à Tappui de cette opinion. lY. Fonctions des parties organiques du sang. [Les physiologistes ont admis plusieurs hypothèses sur les deux parties organiques du sang , les vésicules et le plastique, Haller^ qui avait observé que la température du sang des animaux est en proportion de la partie colorante du sang, lui attribuait pour usage, la production de la chaleur; tandis que le plastique devait servir à la nu- trition (i). M. Dutrocliet considère chaque vésicule comme un ap- pareil ékctrique composé de matière colorante électro- positive et d'une matière électro-négative (le noyau). M. Scliultz regarde les vésicules comme des organes de respiration. Il pense qu'elles renferment un fluide élastique , et fonde son hypothèse sur ce qu'elles sont (1) Primai Linccc physiologlco, S CLii. Ruber cruor calon gencrando imprimi^ inservirc vidctur, cura in cadcm rationc cum ipso sanguinis calorc sit. ' Et ? OLin : ? vum coagulabilc imprimis Rutritioni partiura dçsliuatur, Sr.CT. I. ATIT. IV. PARirF.S oRGAMQrr.S Dr SAXC. 1>J plus nombreuses chez les animaux qui respirent beau- coup, et moins nombreuses chez ceux qui respirent peu {X^fè reptiles amphibies) . 11 cite encore, à l'appui, une ob- servation de Poli qui mériterait bien d'être répétée, dans laquelle cet observateur a vu les vésicules du sang; des mollusques affamés, ou qui ne pouvaient res- pirer, s'affaisser et se flétrir ; elles se gonflaient dès que ces animaux pouvaient respirer. Quant au plastique, nul doute qu'il ne serve essen- tiellement à la composition des organes , à leur renou- vellement, en un mot, à leur nutrition. Toute espèce de sang se compose de plastique ; c'est lui qui paraît le premier dans les fœtus des animaux supérieurs. C'est donc la partie essentiellement nutritive du fluide nour- ricier. ] B. Propriétés plijsiques et composition cliimiqae du sang. On sait que, dans Hiomme, le sang est un fluide d'un beau rouge, d'une saveur douceâtre, ]iq peu salée, d'une odeur fade et particulière , dont la consistance, un peu visqueuse, varie beaucoup, ainsi que l'intensité de sa couleur. Constamment agité dans les vaisseaux qui le renfer- ment, et soumis à une température de 5o à 7)2 degrés, il conserve sa liquidité ; mais nous verrons lout à l'heure qu'il lu perd bientôt par le repos et le refroidissement, ainsi que par une plus forte chaleur. Aussitôt que ce liquide est extrait des veines et cesse d'être agité, il se sépare en deux parties distinctes, dont la proportion varie beaucoup, suivant l'état de vie (k 3 34 XXV' LEÇON. DU FLUIDE NOURHICIElî, ETC. des différents individus. L'une, appelée sérum, est li- quide , jaunâtre, d'une saveur un peu salée, et se com- pose particulièrement d'eau et d'albumine dissoute au moyen d'une certaine quantité de soude ; elle contient encore des sels , tels que des muriates de soude et de potasse, des phosphates de soude et de chaux, mais dans une beaucoup moindre quantité ; elle forme au moins le f 5 plus souvent les y de la totalité du sang. L'autre partie du sang, son caillot, est elle-même un composé de deux substances bien distinctes; on les ob- tient séparément par le lavage à l'eau froide. Celle qui se dissout dans l'eau et la colore en rouge est formée des molécules dont nous avons parlé plus haut. C'est, suivant les dernières découvertes de M. Fourcroy et Vauquelin, un composé de phosphate de fer sur oxidé (1), de soude, qui anime ce sel neutre, d'albumine et de gélatine, et de beaucoup d'eau. L'autre portion du caillot qui reste non dissoute, a tous les caractères de la fd^rine, qui se trouve en plus grande proportion dans les muscles. Sa quantité moyenne n'est, dans les mam- mifères, suivant le même auteur, que 0,0028. Cepen- dant elle n'entre pas moins essentiellement dans la composition du sang. M. Homberg l'a trouvée dans celui des mollusques, et elle existe probablement dans le fluide nourricier des classes inférieures, toutes les fois que ce lluide doit nourrir des muscles distincts. [L'état actuel de nos connaissances, résultat d'ana- lyses plus parfaites, de recherches multipliées, nous jfl) Pliif? tard raaqaetîn a reconnu J'i'rnnir de rcs |)nMTi}«'i"CS observations. SECiT. T. ART. IV. PAmiES ORGANIQUES ni: SANC. 3f) oblige d'ajouter un supplément important à ce qu on savait sur la composition chimique c^q sang en i8o4, époque de la rédaction de cet article, dans notre pre- mière édition. La couleur, la température, le poids spécifique du sang varient plus ou moins sui\i|nt qu'il est tiré des yeines ou des artères, ou de tel ou tel animal. Le sang artériel est d'un rouge vermeil; celui des veines est brun, dans les animaux à double circulation et à respiration complète ; m^is cette différence est moin- dre dans les reptiles^ chez lesquels le sang qui a respiré se mêle dans le cœur avec le sang qui n'a pas respiré. Dans Vliomme la température du sang artériel est de 7)2 degrés R.^ celle du sang veineux de 3i degrés. Dans les mammifères la température peut être un peu plus basse ou un peu plus élevée. Son poids spécifique a été trouvé , ( i,o55 chaud 1 ^ . ''M ,,o55 froid {parJunne; ^e j ' r^ { P^i" Berzélius à i5 degrés de tempéra- ture. Ce poids serait pour le sang artériel et le sangveineux de 1,000 et de i,o54 d'après Davy; de i,o55 et de i,o56 suivant Scudamore; j r-.A r/ ? suivant Schultz, pour le de 1 ,o5o et de i ,o54 > j u i ^ ^ S '^^"8>" "^ cheval. Ces expériences ont été faites sur le sang du chien, de la brebis et du cheval. Le sang paraît d'ailleurs avoirune odeur particulière, qui diffère suivant les espèces d'animaux, et peut-être les sexes, les âges eties époques de rut, de gestation, etc. 3f) XX^' LEÇON, Dl: FLLIDE NOL'RKICIEK. iiT€. •Nous donnerons d'abord Tanalyse du sangde l'homme faite par M. LeCanu (i), on observant que l'acétate de soude et le lactate de soude paraissent aussi devoir se trouver dans le sérum, mais que la recherche des sels par l'incinération doit les décomposer. Il y aurait d'ail- dc l'hydrochlorate et du phosphate de soude dans le sang-, ainsi que du phosphate de fer. ANALYSE DU SANG DK L'HOMME, PAR M. LE CANU. Sérum, Caillot, ,r« Aiialjse. : !« Analyse. • "Analyse. aP AnalvM. Eau. t 306,00 911,00 780,14 785,59 Fibrine. 2,10 3,56 AUmiaino. 78,00 81,20 65,9 69.41 MatiCTf colorante. 133,00 119.65 Mati'.ie cristallisable. f!,20 2,10 2,43 4,30 Miitièro huileuse (acides oléique cl raargari- quo. ilctidci). 1,00 1,30 Malii rt s exlractives solubles dans Talccol et dans Terai. 1,69 2,05 1,79 1,9S Alliumlnc combinée à la soude. 2,10 2,55 1,26 2.01 Chloiuref? de sodium et de potassium. ^ Sous-carhoiiate,phosphale,sulfate nlkalins. ) 8,10 7,32 8,37 7,30 r.arboiiale de chaux et de magnésie, \ Phosphate de chau\, de magnésie, de fer. > 0,91 0,87 2,10 1,41 Peroxidf" de fer. ) IVrlr. 1,00 1,61 2,^0 2,58 La matière colorante se dissout dans l'eau et dans les acides faibles. Sa dissolution dans l'eau coagule par la ( îialeur et l'alcool comme du blanc d'œuf. Les diffé- rents réactifs avivent ou modifient les nuances de la couleur; ainsi le premier effet est d'abord obtenu par les alcalis caustiques, qui la brunissent ensuite. Suivant Gmetin [Traité de Chimie), on peut en ex- traire le fer sans diminuer l'intensité de sa couleur. (i) .4nniifcft fie Chimie ff fU- Pkysiijite. t. Xf, vnr, p. 808. SECT. 1. ART. IV. PARTIES (MUiANIQL LS DU SAM'.. O / Cette matière est riche en acide carbonique; de là sa propriété colorante. D'après 5(T^e7«/s, loo parties de cette matière ont produit !,3 de cendres, contenant : Carbonate et phosphate de soude o,5 Phosphate de chaux o,i Chaux pure 0,2 Phosphate de 1er o,t Oxide de fer • o,5 Acide carbonique et perte 0,1 Ses éléments seraient, d'après Micliaeiis (1) : Carbone 5i,38 Azote i7?25 Oxigène 23, 01 Hydogène 8,55 Quant à la fibrine^ elle peut être considérée comm e une composition albumineuse, qui ne diffère de l'al- bumine que par sa forme organique. Son élasticité est remarquable. Elle se distingue de la fibrine des muscles, en ce qu'elle ne forme pas une gelée par la décoction dans l'eau; mais elle se contracte en une masse, que l'acide acétique change en une gelée transparente, qui devient soluble dans l'eau chaude. Les acides légers la resserrent; les alcalis caustiques, même étendus, la dissolvent et s'en saturent; le chlo- rure mercurique forme avec la fibrine , comme avec l'albumine, une combinaison insoluble. Voilà pour- ri) MM. Bcrsélius et T/ienarrf émettent, à la vérité, des doutes sur l'exactitude de ccttt analvfc èlcruentnirc. Trmfe ^ (lactate de soude impur de M. Berzélius) Carbonate de soude 1 ,65 Sulfate de potasse o,55 Phosphate terreux 0,60 11 3^ a de plus des matières grasses en ])clitc quantité. M. Ckevreul a signalé dans le sang une matière grasse phosphorte. On y trouve : La séroiine, La cholestérine, Les acides oléique et margarique, '■) : suivant Boudet. a) Jnnulcr, lic ( himie et c/« Vliy-ut^ac. culiier â\nril 18G3. sect. 1. art. iv. partjes okganiques du sang. ^9 Analyse »u sérum d'après Berzélius. 1000 parties de sérum contiennent : Sérum de Sérum de lang bœuf. humain. Eau 9o5,oo 9o5,o Albumine ou substance insoluble dans Teau et dans l'alcool 79>79 ^^,0 Substances solubles dans r alcool: Albumine avec soude et lactate de potassse 6,2 ) ^ ^ Chlorure de potassium 2,6) ' Matière extractive et lactate de soude 4»o | ^ ^.^ Chorure de sodium 6,0 ) ' Substances solubles dans l' eau seulement : Séiuin lie Séiuiii de sang bœuf. Lumaiu. Soude carbonatée? \ Phosphate de soude > 1,5^ 4?^ Un peu de matière animale ) Porte 4j7^ ^»^ MM. Macaire et Marcel iiis (1) ont trouvé que le san^^ de ckien, de lapin, de cheval, de mouton, de bœuf, était à peu près composé des mêmes éléments que ce- lui de l'homme, pourvu que ce fut du sang du même ordre de vaisseaux; mais que le sang veineux cujntenait un peu plus de carbone que le sang artériel ; l'un et l'autre renferment phjs d'a/.ote que le chyle. (1) AnnaUs de Cliimie i( de Phytù/ue^ {. li, p. 371. 40 XXY' LEÇON. DU FLllDK JNOLUr.lClEK, ETC. La quantité d'oxigène est à peu près la même dans le sang artériel que dans le chyle; mais elle est moindre dans le sang veineux. Ajoutons à ces différentes analyses du sang, qu'un chimiste allemand annonce avoir découvert de l'acide titaniquc dansée liquide (i), et qu'on a trouvé de l'urée dans celui d'un chien auquel on avait enlevé les reins. Toutes ces recherches, il faut l'avouer, sont encore bien bornées, puisqu'elles ne s'étendent guère au-delà de la classe des mammifères, dont elles ne compren- nent même qu'un petit nombre. M. C/ievreul (2) fait remarquer^ comme un des ré- sultats les plusimportantsque la chimie ait fournis à la physiologie, que le sang contient la plupart des princi- pes immédiats dont les divers tissus et les humeurs de l'économie animale sont formés : i' La fibrine, base des muscles; j** L'albumine, l'un des principes immédiats de la matière cérébrale et d'un grand nombre de liquides non excrémentitiels; 3" Le phosphate de chaux ; 4* Le phophate de magnésie ; ;V L'osmazome ; 6° La matière grasse du cerveau ; 'j" L'urée. Ce savant a trouvé de plus dans le sang des enfants attaqués de l'induration du tissu cellulaire, une ma- tière spontanément coagulabîe que contenait le sérum. (1) M. Hcy, Journal de Chimie pratique, par MM. Erdmann et Schvveiger- Bcitlei, vol. V, lyS.i, in-8. (2) An mol S,:ii:; du Î)'C{. Jc^ Scicii'-c^ tif'lm-.A. kl, V 19^. SliCT. I. AUX. 1\. l'Ain iKS ORGAMQL'KS DU SA^G. /i\ Et dans le sang des enfants alleinls à la fois de cette maladie et d'nn iclère , les deiuc principes colorants de la bile de Tlioninie et de plusieurs mammifères. M. Félix Baudet (i) va plus loin : il annonce que la composition chimique du sang tend à démontrer que ce liquide contient tous les principes immédiats dont les divers tissus et humeurs de l'économie animale sont eux-mêmes formés; entre autres la graisse phosphorée du cerveau, ef les différentes substances qui, parleur réunion, constituent la bile. Ces propositions sont peut- être trop absolues, trop précises. Les analyses de nos laboratoires, comme celles des organes sécrétoires, mo- difient de différentes manières les principes du sang, et nous les montrent, non pas tels qu'ils étaient dans ce hquide à l'état 'normal, mais après qu'ils ont subi ces modifications. M. BerzéUus avait remarqué depuis long-temps (2) : 1° Que le fer ne devait'pas se trouver dans le sang à l'état d'oxide ; 2* Qu'il n'existait pas de sulfates dans le sérum du sang ; 5" Que l'acide phosphorique qu'on retire par l'inci- nération du sang, ne s'y trouve pas à l'état d'acide phosphorique. Ces conclusions , qui diffèrent des analyses précé- dentes, ne sont pas généralement admises (5). Cepen- dant les recherches, encore inédites^ que vient de faire M. Persoz, l'ont conduit aux mêmes propositions. Sui- (1) Annales de Chimie et de Physique , avril 1833. (2) Annales de Chimie cl do Physique, f. 88. (3) Traité de Chimie, par M. le l)yron L. J. Thénard, 6* «dit. Paris, 183(>, t. v, p. 131. 4S XXV* LEÇON. DU FLUIDE NOUilRlClER, ETC. vantce chimiste, le fer n'existerait pas dans le sangàTétat d'oxide. mais comme sulfo-cyanure. De même, ce serait le soufre et le sulfo-cyanure , et non les sulfates, qui entreraient dans la composition du sang. Il paraîtrait qu'ils ne se montrent dans lurine, avec l'urée, qu'a- près leur oxidation dans les reins, ainsi que nous le Terrons dans la leçon sur ces organes. Dans les mêmes reclierches , M. Persoz s'est con- vaincu que le sang ne renferme pas de phosphates, mais du phosphore à l'état de combinaison. Rien n'avancera plus la physiologie générale, à notre avis, du moins sous le rapport des fonctions impor- tantes de nutrition , que des analyses multiplées du fluide nourricier dans la série animale. 11 faudrait d'ailleurs bien distinguer, du moins dans les animaux à circulation double, le sang artériel du sang veineux, et signaler, dans cette dernière caté- gorie, les caractères particuliers du sang que renferme la veine-porte lorsqu'elle existe. Déjà on a trouvé celui-ci plus noir que le sang vei- neux ordinaire, surtout chez les animaux à jeun. Ce sang ne se colore pas en rouge par l'action des sels neutres, ni par l'influence atmosphérique, ni même par i'oxigèiie; il ne se coagule pas, ou bien il ne forme qu'un caillot peu coiisistant; il contient plus de sub- stance grasse et moins d'albumine et de fibrine que le sang artériel, et même que le sang veineux des autres parties (i).] (1) M. Scliullz, op. c/7., p. 157 et 158. SECT. II. RÉSERVOlilS DU FLUIDE NOURRICIER. 43 SECTION II. DES RESERVOIRS DU FLUIDE NOURRICIER DANS LES ANIMAUX VERTÉBRÉS. ARTICLE I. DES RÉSERVOIRS DU FLUIDE NOURRICIER NON ÉLABORÉ, OU DU CHYLE ET DE LA LYMPHE. [L'ensemble de ces réservoirs compose le système des vaisseaux lymphatiques , qui comprend aussi les ganglions de ce nom et les vaisseaux chylifères. Nous considérerons premièrement ce système d'une manière générale dans l'homme et dans les animaux vertébrés; nous en ferons ensuite une description plus spéciale. ] I. DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES EN GÉNÉRAL. A. D ms Cliomme. Les lymphatiques forment un système particulier de vaisseaux aboutissant au système veineux, et qui lui est, pour ainsi dire, sur-ajouté. Leurs branches et leurs ra- meaux, très-fins et très-déliés, s'aperçoivent difficile- ment dans l'état ordinaire, à cause de la transparence de leurs parois et de riuimeur qu'ils charient, excepté dans le mésentère, lorsqu'ils sont remplis de chyle. Ils sont extrêmement nombreux et répandus par tout le corps : l'œil et la moelle de l'épine S^nt les seuls orga- nes où l'on n'ait pu encore en découvrir, quoiqu'il soit plus que probable qu'ils n'en sont pas dépourvus. 44 XXV* LErOl\. DU 1-LLIF3K AOLHRlCIEn» ETC. Il paraît qu'il prennent naissance dans tous les orga- nes, où ils se chargent des molécules absorbables qui sont libres dans les interstices de leur tissu , ou bien épanchées dans les cavités viscérales, ou de celles qui n'ont point encore fait partie de lorganisiaeet qui sont mises en contact avec les surfaces des membranes mu- queuses des intestins, des poumons, ou avec celle de la peau. [Il en résulte de la lymphe ou du ch)'le, dont nous avons déjà fait connaître la nature, mais qui peuvent charier accidentellement des substances étrangères à leur composition normale. L'un ou l'autre de ces liqui- des, plus ou moins mélangé dans le système des vais- seaux lymphatiques , est versé de ce système dans les veines, pour l'immense majorité] par deux troncs princi- paux dont l'embouchure est dans l'angle de réunion des jugulaires internes et des axillaires. Souvent très-di- visés dans leur trajet, et formant entre eux de nombreu- ses anastomoses, leurs rameaux ne se réunissent point en branches, pour ne presque plus se sous-diviser en- suite comme ceux des veines; maisilarrive fréquemment que des branches considérables de ces vaisseaux se parta- gent en plusieurs rameaux et ramuscules, qui se réunis- sent ensuite entre eux , ou s'anastomosent avec des rameaux voisins , toujours en avançant vers le tronc principal; de sorte que leur ensemble ne peut plus être comparé à un arbre, comme on l'a dit des artères et des veines, mais plutôt à un réseau composé de mailles irrégulières et de fds inégaux. Avant d'aboutii; au tronc commun, les branches des vaisseaux lymphaUques rencontrent un ou plusieurs renflernents (les i^ani^/ionfi lymphati^/ues) que cc.^ vais- SEC.T. il. ART. I, i.b.SLïa. r>l CHYU; KT Dr LA LYMPHK. 4^» seaii.x pénclrent, dans lesquels ils se raniilieiit à riiilini, en formant des plexus tros-conipliqiiés et d'où ils sor- tent, après s'être rassemblés de nouveau en une ou plusieurs branches. [On appelle dcfcrerits, afprctits ou tnfcrriils les lym- phatiques qui entrent dans un de ces ganp^lions, et effé- re?its ceux qui en sortent.] Leurs pavois, examinées dans les plus gros troncs, ont paru évidemment composées de deux membranes; Tune externe, celluleuse, [ayant dans ces gros troncs l'apparence, fibreuse] plus dilatable; l'autre interne, lisse, moins extensible, [se déchirant la première lors- que les parois des lymphatiques ont été trop disten- dues]; celle-ci se prolonge dans leur canal pour former des valvules rhomboïdales ou semi-lunaires et parfaite- ment comparables à celles des veines. Les valvules des lymphatiques sont réunies presque toujours deux à deux, excepté à l'endroit de jonction d'un rameau à une branche , où il n'y en a souvent qu'une. Elles sont tournées de manière que leur bord libre regarde toujours un des troncs communs. [On les trouve plus ou moiiis rapprochées ou éloignées les unes des autres suivant les parties, et très-rarement t\ des distances régulières, comme dans les lymphatiques du testicule (i). (certains rameaux en ont plus que leurs branches, ou réciproquement. ] Les vaisse aux lymphatiques des intestins, ou les chy- lifères, sont ceux où elles sont le plus nombreuses; celles du mésentère sont déjà moins rapprochées; (1) Sammcrv'nii:, Auat. du c <^=vps liMmaip, t. iv, p. hTi, En allemand. Franc- forî, 179?. 46 XXY* LEÇON. DÛ FLUIDE NOLRPJCIER, ETC. elles sont plus distantes clans les extrémités; enfin, il y en a moins encore dans le canal thorachique; [les lymphatiques des poumons, du foie et de l'iïtérus pa- raissent en manquer, ou les ont très-faibles (i)]; elles donnent à ces vaisseaux, remplis de lymphe ou d'un liquide quelconque, un aspect noueux, en arrêtant, par intervalle, une plus grande quantité de ce liquide. Les plus gros troncs des lymphatiques reçoivent visible- ment des vaisseaux sanguins; il est probable que leur§ branches et leurs rameaux n'en sont pas dépourvus; mais il n'est pas si évident qu'ils reçoivent des nerfs; cependant l'inflammation dont ils sont très-susceptibles semble le prouver a priori. Leurs parois sont très-élas- tiques et contractiles; elles peuvent se dilater beaucoup et se resserrer de même. De là sans doute le grand nombre de différences que l'on trouve dans leur dia- mètre apparent. 11 est remarquable qu'ils conservent cette dernière propriété, au moyen de laquelle ils se vident du hquide qu'ils contiennent, plusieurs heures, et même dans les jeunes sujets, comme l'attestent des savants dignes de foi, plusieurs jours après la mort. [Certaines apparences de libres dans les gros vais- seaux ont fait présumer à Sœmmering que ces fibres pourraient être de nature musculeuse. On ignore le mode d'origine des vaisseaux lympha- tiques ou la manière dont ils naissent dans le tissu des organes, sous ou dans la peau, dans les membranes qui tapissent les cavités viscérales ou dans les mem- (4) /.«////i,A'onveauMaiinPl derAnatomiste, p. 598. SECT. IT. AKT. I. RKSERV. DU CIÏYLE ET DE LA LYMPHE. 47 branos muqueuses, particulièrement clans les villosités des intestins grêles, où ils se prolongent et s'injectent de clijle opaque. Plusi(^urs anatomistes distingués ad- met lent qu'ils coaunencent par une embouchure. 6Vt//A's- hancVix même figurée dans les villosités intestinales (i). D'autres anatomistes très-exercés, sans nier l'exactitude des observations précédentes, n'ontpula découvrir (2). D'autres enfm (5) pensent que les liquides passent dans les lymphatiques à travers leurs parois, par suite de leur spongiosité ou de leur porosité, et ils enseignent que leur origine se fait par des culs-de-sac, pour lesra- muscules isolés, ou par des plexus fermés. Aucun vaisseau lymphatique, un peu considérable, ne s'abouche dans les veines, que le canal thoracique qui se termine dans l'angle d'union des veines jugulaire interne et sous-clavière gauches; et le tronc lymphati- que droit qui joint le même angle des vei|||s jugulaire interne et axillaire droites. Mais d'anciennes observations des anatomistes des dix-septième et dix-huitième siècles, entre autres une de AifcAWpère, connue dès 1772, une autre de Meckei fils, publiée en 1787, dont les résultats ont été con- firmés par les recherches de MM. Fokmann (4) , Lautli (5) et Elirmann (6), ont mis hors de doute que (1) The anatoniy of the absorbent vessel. Lond., 1786, in-4. tab. 2, f. 3. (2) M. Lauth^ ouv. cit., p. 598. (3) M. Fohmann ; nous venons plus en détail son opinion à cet égard en par- lant des lymphatiques des poissons. (/)) M. Fohnionn, Recherches anatomiqncs Hur la liaison des lymphatiques nsçc tes veines. Heidelbeig, 'J82J, in-12. En allemand. (5) Essai .sur les vaisseaux lymphatiquis. Strasbourg, 1824, in-4. ((i) Jtuifysii (les irovausc de i'^icadêmic royole des Sciences pendant 1(^29. 48 X\V* r.UCOV. 1)1 FLliDi: NOlBniCILR. ETC. des rameaux lymphatiques pouvaient s'insérer directe- ment dans les rameaux veineux, soit hors des glandes, soit dans l(\s glandes lymphaliques ; de sorte que les veines deviennent, dans quelques cas, une partie des efférents de ces glandes. ] B. Dans les animaux vertébrés. L*opacité, la blancheur de ceux du mésentère des mammifères, surtout des carnassiers, au moment où ils sont chargés de chyle, les a fait découvrir de bonne heure, même avant qu'on les connût dans l'homme. Par une raison contraire, la transparence du chyle dans les oiseaux^ les reptiles et les poissons, jointe au défaut de glandes mésentériques, a long-temps fait penser que ces trois classes d'animaux en étaient dé- pourvues, l^est bien prouvé actuellement qu'aucune n'en manque, et que dans tous les animaux vertébrés en général, l'absorption, qui peut aussi avoir lieu par les veines (i), n'est effectuée cependant que secondai- rement par cet ordre de vaisseaux ; mais qu'elle est sur- tout remplie par les lymphatiques. Il n'en est pas de même des animaux sans vertèbres, qui ont un système vasculaire sanguin. On ne leur con- naît point de vaisseaux absorbants composant un sys- tème parliculier. Ce sont les veines qui en font li-s fonctions, comme le prouvent des observations récî' fî- tes faites sur plusieurs mollusques, et sur lesquelles nous reviendrons dans la leçon suivante. (i) Ainsi que le prouvent les belles expériences de MM. Magcndlc et Dc'Uic. (Voy. Y Analyse (les travaux de rAcarlcmic des Scitnces pour l'annùe j8i^>, par M. f^urirr, srcrt'tnive perprfncl.) SEGT. II. AUT. l, UKSEKV. ))U CllYLi: ET DE LA LYMPHE. 49 Les rapports des lymphatiques avec les ganglions du même nom paraissent déjà moins généraux dans les mammifères^ chez lesquels, comme nous leverronsbien- tot, ces ganglions sont plus rares. Nous venons de dire que presque aucun rameau lymphatique ne parvenait, dans y homme, au tronc commun, sans avoir traversé, au moins im, et souvent plusieurs ganglions. Dans les mammifères^ cette marche n'est plus aussi générale; un assez grand nombre de rameaux et de branches se glissent jusqu'au tronc commun sans rencontrer de semblables ganghons dans leur trajet, ou du moins sans s'y introduire ; cela a lieu bien plus souvent encore dans les oiseaux^ et paraît absolument général dans les rep- tiles elles poissons. [Mais il semble que les plexus appa- rents et déployés, d'autant plus nombreux qu'il y a moins de ganglions lymphatiques, remplacent les plexus cachés et roulés sur eux-mêmes, que ces ganglions renferment. ] Très-nombreux dans tous ces animaux, ils a'y pré- sentent presque aucune différence bien sensible dans leur structure intime. Les parois en sont toujours très- délicates et gar- nies de valvules intérieurement, à des distances plus ou moins rapprochées; cependant les lymphatiques des poissons paraissent, suivant Hewson ^ dépourvus de ces replis , excepté à leur embouchure dans les V eincs. Dans Vkomme et dans lés autres mammifères, leur disposition est telle, que les trois quarts de la lymphe sont versés à gauche par un tronc commun dans l'an- gle de réunion des veines jugulaire et axillaire de ce côté, ou dans la première de ces veines. Ce tronc £st (;. 4 50 XXV' LEÇON. DU FLUIDE NOURRICIER, ETC. chargé exclusivement de la lymphe des extrémités in- férieures, et de la très-grande partie des viscères du bas-ventre, et, en particulier, du chyle que lui appor- tent les lymphatiques des intestins. Le tronc lympha- tique droit ne verse, dans la jugulaire droite, ou dans l'endroit de sa réunion avec l'axillaire, que le peu de lymphe qu'il reçoit d'une partie des lymphatiques du foie et du diaphragme, de ceux du poumon droit de de l'extrémité supérieure, de la moitié de la tête et du cou de ce côté. Dans les trois autres classes des animaux vertébrés, les lymphatiques des viscères de la digestion et de la génération , ceux mêmes des extrémités postérieures, dans les oiseaux et les reptiles, se rassemblent dans un plexus, ou bien ils aboutissent dans un réservoir com- mun, duquel partent deux canaux thoraciques, à peu près de même grandeur, soit immédiatement, soit que leur séparation ne se fasse qu'après un court trajet, comme, dans quelques poissons. Ceux des oiseaux se divisent et sous-divisent dans leur trajet, et forment des îles beaucoup plus fréquen- tes que ceux des mammifères. Ils se rendent, dans les reptiles et dans les poissons (i), à deux plexus, où se réunissent en dernier lieu les lymphatiques de tout le corps, et de chacun desquels part un petit canal très- court qui versé dans les jugulaires la lymphe recueilhe dans toutes les parties. Cette disposition ralentit beau- coup la marche de la lymphe, et supplée, jusqu'à un certain point, aux glandes lymphatiques dont ces ani- (1) Nous verrons, dans l'article suivant, que cette description était trop généra- Jiséc et ne s'applique ni aux sélaciens^ ni aux malacoptérygUm npodes. SECT. II. ART. [. RÉSIilU. DU CHYLE DE tA LTMPIIE. 51 maux sont dépourvus. Il en résulte même que le chyle, à peu près également partagé dans les canaux de cha- que côté, se mêle plus intimement avec le liquide lym- phatique des autres parties, avant d'être versé dans les veines jugulaires, dont chacune en reçoit une portion. II. Des ganglions lymphatiques. A. Dans l' homme. Ils sont arrondis , plus ou moins volumineux , ayant depuis deux miUimètres jusqu'à plusieurs centi- mètres de diamètre. En général de couleur grisâtre, ti- rant sur le rouge, ils ont cette dernière nuance plus prononcée dans les jeunes sujets que dans les vieux. Ils prennent, au reste, celle du liquide que charient les lymphatiques qui s'y rendent, et sont verdâtres ou jaunâtres quelquefois dans les environs du foie; blancs dans les mésentères, bruns autour de la rate, noirs autour des bronches. Les ganglions lymphatiques sont enveloppés dans une membrane lisse à l'extérieur, formée d'un tissu cellu- laire serré et de vaisseaux sanguins. Outre les artérioles et les veinules qui les pénètrent, et le tissu cellulaire plus ou moins dense qui entre dans leur composition , la plupart ne paraissent formés que d'un réseau inex- tricable de vaisseaux du même nom. Aussi a-t-on dit, avec quelque justesse, qu'ils étaient aim lymphatiques, ce que les ganglions nerveux sont aux nerfs. Les ra- meaux qui les forment, divisés presque à l'inhni, et roulés sur eux-mêmes , se rassemblent de nouveau , et sortent ordinairement de chaque .ganglion plus gros et .^â XXV' LEÇOX. DU FLIIDE >'OLi;RïLlEr., ETC. moins nombreux qu'ils n'y étaient entrés ; quelquefois cependant on observe le contraire. Dans quelques ganglions, les lymphatiques semblent se diviser de même; mais ils présentent aussi, sui- vant Cruikshanky des cellules contenant une humeur particulière. D'autres enfin, d'après Sœmmering, paraissent entiè- rement celluleux, et les lymphatiques ne semblent pas y former de réseau très-compliqué. [Cette apparence cclluleuse résulterait, suivant d'autres anatomistes, de la dilatation partielle de plusieurs rameaux lymphati- ques; ils regardent les ganglions de ce nom comme tous formés d'un plexus plus ou moins compliqué, roulé sur lui-même et comme pelotonné, et de tissu cellu- laire très-fm, entre les mailles duquel est épanchée une matière albumineuse (i). Les vaisseaux inférents sont constamment plus nom- breux que les vaisseaux cfférénts. ] B. Dans les animaux vertébrés, L'anatomie comparée n'a découvert, jusqu'à présent, aucun ganglion lymphatique dans les Reptiles et les Poissons. Extrêment rares dans les Oiseaux, chez lesquels on ne les rencontre guère que le long du col, ils sont dans les Mammifères , moins nombreux, plus gros, plus ramassés «oque dans l'homme. C'est un fait con- staté par des observations faites sur des carnassiers^ des ruminants et d'autres herbivores. {V h f,.a«t'-, f-ttv. c'-f.. |i. bl^P. SECT. II. ART. I. UÉSERV. DU CHYLK DE LL LYMPHE. 53 Il est remarquable que le mésentère des animaux appartenant à eette dernière classe soit le seul, avec celui de l'homnie, où l'on rencontre de ces ganglions; encore ny sont -ils pas toujours dispersés comme dans ce dernier; mais rassemblés souvent, surtout dans les carnassiers , en une ou plusieurs masses glan- duleuses, considérées, mal à propos, par Asellius , comme un véritable pancréas. On a très-peu comparé leur structure dans ces dif- férents animaux. Dans quelques-uns , tels que Vâne ^ etc., ils semblent plus celluleux que vasculeux ; mais jusqu'à quel point présentent-ils cette dernière apparence? Existe- t-il un rapport entre elle et le genre de nourriture de l'animal f* C'est ce qui n'a pas encore été bien déterminé. [Les ganglions mésentériques de la baleine sont appelés poches par J. Abernetliy^ à cause de leur structure cei- luleuse, qui se remarque aussi dans celles des autres cétacés. ] III. Description particulière des vaisseaux ET des ganglions LYMPHATIQUES. Après avoir donné une idée générale du système lym- phatique, nous allons en faire une descripti(fli plus cir- constanciée, quoique sommaire. [Nous examinerons successivement dans les quatre classes des animaux vertébrés : 1* Les particularités de structure, d'origine et de dis- tribution, ou d'arrangement et déforme dans les or- ganes, que présentent les vaisseaux lymphatiques; 2** La marche et la disposition de ces vaisseaux dans 54 XXV* LEÇON. DU FLUIDE NOURRICIER, ETC. l'intervalle des organes vers leurs troncs principaux, et Ja disposition de ceux-ci. Ce § comprendra la des- cription de leurs ganglions et de leurs plexus . 3" Nous examinerons enftn les terminaisons des vaisseaux lymphatiques dans les veines. A. Dans i'Iwmme, 1". Structure^ origine et mode général de distrlbnthm ou d'arrangement des vaisseaux lymphatiques dans les organes. [L'aspect noueux de beaucoup de lymphatiques pro- venant de leurs nombreuses valvules et de l'extensibi- lité do leurs parois, ainslque la transparence de celles- ci, les distingue des filets nerveux; la lymphe ou le chyle dont ils sont remplis produisent des nuances ou une absence de couleur , qui les différencient encore des veines sanguines ou des artérioles. Nous avons déjà dit que ceux de certains viscères , des poumons, du foie, de l'utérus, paraissaient dépour- vus de valvules, à en juger du moins par la facilité avec laquelle on injecte leurs ramuscules, par leurs rameaux. Leurs parois semblent plus résistantes que celles des veinules, et même des artérioles d'un calibre égal. QuimiXkur origine, nous avons déjà annoncé que les anatomistes étaient partagés. Lieberkuhn a vu les vaisseaux lactés des villosités in- testinales commencer par une ampoule ovalaire , au sommet de laquelle le microscope montre un petit orifice (i). (i) J. N. Liebcrkiilinj Disscrl. anat. phys. de fabiica cl aclionc villorura in- tesliiiorum hominis. Àmsldodamî, 1760. SECT. II. ART. I. RÉSERV. r)U CIIYLi: DE LA LYMPHE. 55 Ilaase, en pressant les lymphatiques de la peau du pied, a vu le uiercure sortir par gouttelettes à travers un pore qu*il a considéré comme rembouchure organi- que et naturelle de ce vaisseau (i). Mascagni a fait une observation analogue sur les lymphatiques du cœur. Cndkskank (tab. II, fig. 3) a représenté l'embou- chure de ceux des papilles de l'intestin grêle. D'autres anatomistes, qui n'ont pu découvrir ces mêmes embouchures, doutent de leur existence (2), ou la rejettent entièrement ; ils pensent que les vaisseaux lymphatiques sont fermés à leur origine (3) et absor- bent les substances environnantes par les pores de leurs parois, au moyen du tissu lamelleux qui les entoure, (ceux de l'intérieur des organes) ; ou bien au moyen du tissu muqueux ou épidermique qui les recouvre (ceux des membranes muqueuses et de la peau) ; dis- position organique qui leur donne la propriété d'une éponge. Les vaisseaux lymphatiques forment , dans le tissu des organes, un réseau généralement très-fin, à mailles très-serrées, au point que Mascagni, exagérant la part qu'il a dans la composition du corps, pensait que la trame de tous les organes était formée uniquement de ces vaisseaux. Un second réseau paraît à la surface des mêmes viscères, sous leur membrane séreuse. (ly De vasis culis et inteslinorum absorbentibus , etc., Anotat. anaîomicse. Lips. 1786. (2) M. E. A. Laulh, BccJicrchcs sur divers puinls d'anulomic^ Mémoire de la Société d'Histoire naiur. de Strasbourg, t. i. (3) Rue^lii, A. Mechcly et dernièrement MM. Brescbct et Roussel de T^anzème, dans leurs recherches sur les appareils tégumeniaircs des animaux. Annales des Sciences nrlur., 2* série, t. ii, p. 213, 307, 308. 56 XXV* LEÇO.N. DU FLLIDii ^OLRRICIER, ETC. Dans les membres, il y a de même un plan profond de lymphatiques accompagnant les artères; puis un plan superficiel sous-cutané, rapproché des veines. ] 2\ Marche des vaisseaux lymp Italique s dans l'intervalle des organes y vers leurs troncs principaux^ et dispositions de ceux-ci. a. Nombre et^ situation des ganglions lymphatique^. [Pour bien concevoir la marche des rameaux, des branches et des principaux troncs du système lympha- tique à travers les cavités viscérales ou les membres, il faut d'abord avoir une idée des différentes régions où l'on trouve des ganglions lymphatiques vers lesquels ils se dirigent. ] Les ganglions sont assez généralement situés le long des gros troncs veineux. Les endroits où l'anatomie n'en a pas encore démontré sont les pieds et les mains, le dos et l'intérieur du crâne. [Le premier ganglion lymphatique que l'on rencontre aux extrémités inférieures est situé entre le tibia et le péroné, sur l'extrémité inférieure du ligament interosseux.] Au pli du genou, il y en a trois ou quaUx* sur les gros vaisseaux de cette partie ; au pli de i'aîne, ils sont distribués en deux couches, une super- ficielle plus nombreuse , lautre profonde qui l'est moins. [Dans le bassin il y en a à tous les vaisseaux iliaques internes, sur les parties latérales de cette cavité ; d'au- tres sont placés au devant du sacrum dans le méso-rec- tum ; d'autres suivent les vaisseaux iliaques externes ; d'autres, enfin, sont rapprochés de la vessie umiaire et des organes de la génération. SECT. II. ART. I. RÉSERV. DU CîIYLE DE LA LTMPIIE. 57 Ceux de la cavité abdominale occupent, les uns la répon lombaire de chaque côté, jusque sur les piliers du diaphrajAine; les autres sont autour delà veine-porte et de l'artère splénique. Les principaux, les plus consi- dérables de tout le corps, sont situés entre les deux feuillets du mésentère. Quelques-uns, peu nombreux, se voient dans les mésocolons et les épiploons, surtout près de la grande courbure de IVstomac.] 11 y en a près des reins, sur les veines éniulgentes, sur le foie, le pan- créas, la rate, l'estomac. [Les ganglions lymphatiques de la poitrine se voient sur le péricarde , sur le diaphragme , autour du thy- mus, entre les muscles interrostaux, dans le médiastin postérieur, autour de l'œsophage et de l'aorte , au-de- vant de la division de la trachée artère , autour des bronches et même dans les poumons. Dans les extrémités supérieures on en trouve surtout le long du trajet de l'artère brachiale, depuis le pli du' bras jusqu'à l'aisselle, où se voient des ganglions très- dévcloppés. Ceux de la tête et du cou occupent l'occiput, le der- rière de l'oreille, la face interne de la glande parotide, l'arcade zygoma tique en dessous, le muscle buccinateur, le bord inférieur de la mâchoire; le trajet de la veine jugulaire externe, ce soiit les superficiels du cou ; celui de la reine jugulaire interne et de la carotide, ce sont les ganglions de la couche profonde de cette région. ] b. Vaisseaux lympliaiiqucs des extrémités inférieures el du tronc. Les ganglions placés au pH du genou et à celui de 58 XXV* LEÇON. DU FLUIDE NOURRICIER, ETC. Faîne sont les rendez -vous successifs des lymphatiques des extrémités inférieures, comme ceux de l'aisselle et du coude, des lymphatiques des membres supérieurs. Les superficiels qui viennent de la plante du pied, du dos de cette partie, des orteils, passent tous, à me- sure qu'ils montent, vers le côté interne de la cuisse, accompagnent de leurs troncs principaux la grande vei- ne saphène ; ils se rendent, par trente à quarante troncs, à la partie supérieure et interne de la cuisse, dans les ganglions lymphatiques où viennent aboutir des lympha- tiques des téguments et des muscles du bas-ventre , au dessous de l'ombilic ; ceux des fesses, de la verge et du scrotum dans l'homme, et des grandes lèvres dans la femme s'yrendent également. Les plus profonds , après avoir traversé les ganglions lymphatiques qui sont au pli du genou, suivent les vaisseaux sanguins, autour des- quels ils forment des plexus, et se rendent aux ganglions inguinaux profonds situés sur la veine crurale. Quelques- uns de leurs rameaux s'en détachent pour s'anastomoser avec les superficiels; la plupart se rassemblent, au sortir des ganglions, pour accompagner, dans le bas-ventre, les vaisseaux cruraux, ou s'y introduisent avec eux sous l'arcade crurale. Les lymphatiques profonds de la verge traversent immédiatement cette arcade sans s'arrêter aux ganglions de l'aîne; ceux du testicule en totalité; ceux du clitoris et du vagin en partie , pénètrent dans le bassin par l'anneau inguinal. Les rameaux nombreux , arrivés dans cette cavité, forment des plexus avec les vaisseaux lymphatiques de la vessie, des vésicules séminales , des prostates qui en- tourent particulièrement les vaisseaux sanguins, et tra- versent les ganglions du grand et du petit bassin et ceux SECÏ. ir. ART. I. RÉSERV. DU CHYLE DE tA LYMPHE. 59 des lombes. Ils sont joints encore par les lymphatiques des muscles de ces régions. A mesure qu'ils s'élèventda- vantage, ils rencontrent des ganglions qu'ils pénètrent, se joignent à d'autres lymphatiques , et composent en- fin, par leur réunion, les branches principales du ca- nal thoracique. Ceux des intestins grêles, après avoir traversé les ganglions mésentériques ; ceux des colons , après s'être divisés dans ceux des mésocolons ; une grande partie de ceux du foie, particulièrement les pro- fonds et ceux de sa surface concave ; les vaisseaux lym- phatiques de l'estomac , du pancréas, de la rate, des reins et des capsules surrénales , se rassemblent autour de l'aorte et de la veine-cave , vis-à-vis des colonnes du diaphragme , forment des plexus qui embrassent le tronc cœliaque et l'artère mésentérique supérieure , auxquels se rendent en dernier lieu les branches rénales. Les ganglions situés sur l'aorte dans le même endroit et sur la veine-cave , ou plutôt les vais- seaux efférents de ces ganglions concourent également à former le tronc commun qui rassemble ces nombreux vaisseaux. c. Vaisseaux lymphatir/ues de ta tête et du cou. Les vaisseaux lympliatiqucs de la tête se rendent, soit aux ganglions couchés sur les parotides, sur le buccinateur, le long de la veine faciale ou du bord inférieur de la mâchoire, ce sont ceux de la face, du nez, de la langue, etc. ; soit aux ganglions placés à l'en- droit de réunion des branches de la jugulaire, ceux du péricrâne , de l'arachnoïde, de la dure -mère; et de là ils descendent le long du ad, en suivant les jugulaires, 60 XXV* LEÇON. DU FLUIDE NOURRICIER, ETC. passent successivement par plusieurs des ganglions qui avoisinent les veines , se joignent aux vaisseaux qui viennent du pharynx et du larynx, reçoivent quelques rameaux de Tintérieur de la poitrine et des glandes axil- laires; ceux du côté gauche se rassemblent en un ou deux troncs principaux qui s'ouvrent dans le canal tho- raciquc près de sa terminaison et dans la sous-clavière. Les lymphatiques du côté droit se rendent, de cette région, à la branche commune qui vient des ganglions axillaires, ou s'insèrent, séparément de cette branche, dans l'angle que forment la jugulaire et la sous-cla- vière. d. Canal thoracique gattche, ou tronc principal des lymphatiques. Ce tronc , formé de cinq à six branches principales, commence vis-à-vis la troisième ou la deuxième ver- tèbre lombaire, par une ampoule arrondie ou oblongue connue sous le nom de cysterne du chyle ou de réservoir de Pecquet. Située entre les piliers du diaphragme , cette ampoule se resserre bientôt, devient cylindrique, prend alors plus particulièrement le nom de canat tho- racique , et s'élève dans la poitrine entre le pilier droit du diaphragme et l'aorte. Parvenu ainsi dans la cavité thoracique, il est d'abord à droite de l'aorte longeant la colonne vertébrale entre cette artère et la. veine azygos. Il se détourne à gauche vis-à-vis la sixième, la cinquième, ou même la qua- trième vertèbre dorsale, parvient au-dessus de la sous- clavière de ce côté ; monte le long du cou jusqu'à la dernière, ou jusqu'à la sixième vertèbre cervicale; se s;i:cT. n. vMT. 1. KiiStKv. i>t chyli: i>i: i.,\ lymphi:. H] rélléchit de là derrière la jugulaire gauche , et se porte dans l'angle qu'elle fait avec la sous-clavière. Le canal tlîoracique reçoit, pendant son trajet dans la poitrine, une partie des vaisseaux lymphatiques de cette cavité, qui joignent la partie supérieure de ce canal aprè« avoir traversé les ganglions bronchiques. Enfin, il est joint, avant sa terminaison, par les lym- phatiques superficiels, du côté gauche du dos et de la poitrine, par ceux du bras, du cou et de la tête de ce côté. e. Lymphatiques des extrémités supérieures. Les lymphatiques des extrémités supérieures aboutis- sent par un grand nombre de branches dans les glandes de l'aisselle; les profonds, qui accompagnent les artères, n'y parviennent qu'après aroir traversé quelques petites glandes qui se trouvent au pli du coude. Les superfi- ciels forment sur le dos de la main un plexus assez compliqué. Les uns et les autres communiquent entre eux au pli du coude. Ceux de la partie inférieure du cou, ceux du dos, la plupart de ceux des téguments et des muscles de la poitrine, et de la partie supérieure et antérieure des téguments du bas-ventre, pénètrent aussi dans ces glandes; leurs vaisseaux extérieurs se rassem- blent en deux ou trois branches, puis en un seul tronc, qui passe derrière le muscle sous-clavier et se recourbe en arc pour s'approcher de la veine de ce nom. f. Canal thoracique droit ou grande veine lymphatique droite, La branche principal^ correspondante qui réunit les 6â XXY* LEÇON. DU FLUIDE NOURRICIER, ETC. vaisseaux lymphatiques de la tête, du cou et de l'extré- mité supérieure du côté droit, rassemble une partie des lymphatiques de la poitrine du même côté et de la moitié droite du diaphragme, et forme, par leur réunion, un tronc assez considérable, mais fort court, qui est proprement le canal thoraciqiie droit. 3°. Terminaisons des vaisseaux lymphatiques, [La principale est l'embouchure du canal thoracique gauche dans la veine sous-clavière de ce côté, tout près de sa réunion à lajugulaire.il y a deux valvules, à cette embouchure, qui empêchent l'entrée da sang veineux dans ce canal. Quelquefois il se divise en deux branches, dont la gauche se termine comme nous venons de le dire, et la droite va s'ouvrir dans la sous-clavière droite, soit directement , soit par l'intermédiaire du canal thoracique droit. Celui-ci a son embouchure dans Tangle de réunion de la jugulaire et de la sous-clavière droites. Quelquefois les branches lymphatiques principaîes qui sortent des glandes de l'aisselle se terminent direc- tement dans la veine axilîaire, ou dans la jugulaire correspondante , et elles ne se réunissent ni au canal thoracique du côté droit, ni à celui du côté gauche. Il en est de même des lymphatiques de la tête et du cou, qui peuvent aussi aboutir séparément dans la veine sous-clavière. Les branches efférentes des ganglions bronchiques ou trachéens, auxquelles se rendent les lymphatiques des poumons, se terminent, en moindre nombre, dans le canal thoracique droit, et, en plus grande partie, dans SECT. II. ART. I. RÉSERV. DU CHYLE DE LA LYMPHE. 63 le canal thoraciqiic gauche, ou clans la veine jugulaire interne, ou dans la sous-clavière de co côté. Ainsi l'immense majorité de la lymphe et du chyle est versée par les principaux troncs du système des vaisseaux lymphatiques, dans les veines supérieures les plus rapprochées du cœur, après la veine cave. Nous avons déjà dit, dans les généralités sur le sys- tème lymphatique , que les anthropotomistes admet- taient des communications plus directes entre les ra- muscules lymphatiques et veineux ^ soit hors des gan- glions, soit dans les ganglions lymphatiques. Nous verrons successivement des exemples bien démontrés de ces communications, dans les vertébrés ovipares.] B. Dans les mammifères, 1 °. Structure , origine et arrangement des lymphatiques dans les organes, [Nous ne connaissons pas d'observations qui indique des différences de structure entre les vaisseaux lym- phatiques des mammifères, et ceux de l'homme. Seu- lement la structure fibreuse des parois de leurs gros troncs est plus évidente dans les grands mammifères, et ces fibres sont considérées .par quelques anatomistes comme de nature musculeuse. L'origine des lympatiques a été étudiée comparati- vement dans plusieurs mammifères, soit à la peau, soit dans la muqueuse intestinale, et particulièrement dans les papilles. Hedwig[\) représente, entre autres, comme Lieber- (1) Disquisitio ampullarum Lieberkuli nii j)bysico-microscopica. Lipsiae, 1797. Gi XXV* LT-ICON. DL' FLUIDE NOlTtRlCItr.. ETC. kûlin, les ampoules des villosités intestinales dans Vlioîiime, le chien ^ le chat, la soiirls , le cheval et le veau ; mais il n'a pu en voir les orifices que dans celles de l'homme et du cheval. Rudolphi n'a pu découvrir ces orifices , malgré les recherches multipliées chez beaucoup de mammi- fères (i). ] 2". Distribution des vaisseaux lymphatiques hors des organes. Les principales différences que l'on observe dans la distribution et la marche des vaisseaux lymphatiques hors des organes , tiennent en partie à quelques varié- tés dans la distribution des ganglions et se trouvent, pour l'autre partie, dans l'origine, la marche et la termi- naison du canal thoracique. a. Différences principales dans les ganglions lymphatiques. Il est très-fréquent, comme nous l'avons déjà dit, de rencontrer les ganglions lymphatiques du méseii- tère réunis en uujc seule masse vers laquelle co]i- vergent tous les vaisseaux lymphatiques du canal intestinal; ou du moins sont -ils rassemblés souvent en une masse principale, près de laquelle sont placés d'autres groupes plus petits. [Dans les s//2^é's les ganglions lymphatiques sont nom- breux et très-dispersés comme dans l'homme. Les lému- riens les ont plus rapprochés ; les insectivures les ont plus {4) ^l^lans;es d' Àuaiomie et de yUyiiohgl^t Bei^in* d$0^« (En aUemaBd) SECT. II. AÏIT. I. RÉSEÎIV. DU OTiYLK ET DE LA LYMriIE. 65 rassemblées (la taupe) quand ils sont plus exclusive- ment carnassiers; ou plus séparées, quand ils sont aussi frugivores (\e. hérisson). jDans Vours , le plialan^cv brun^ etc. , les ganglions lymphatiques ne forment qu'un seul groupe ; dans la belette il y en a deux; dans le cliien, le cliat, le lion, le darjphin, il en existe un principal, le Y)vc{cndu pancréas, sui\ suit ^zellius, près duquel il y en a d'accessoires. Dans le galéopithèque, dans les rongeurs, et particulièrement dans le rat vulgaire, dans les pachyder- mes , les tardigrades^ les ruminants, ils sont séparés, quoique les principaux soient toujours plus ou moins rapprochés de la naissance du mésentère. JNous croyons pouvoir tirer la conséquence, de ce pe- tit nombre d'exemples que nous pourrions multiplier, qu'il paraît y avoir un rapport entre l'arrangement des ganglions lymphatiques des mésentères et celui du canal intestinal, et qu'ils paraissent, en général, beau- coup plus dispersés dans les animaux qui ont de longs et de gros inte^ins, et par conséquent dans les herbi- vores^ que dans les carnassiers. b. Différences dans la disposition des principaux troncs* Quant aux différences que présente Iç canal thora- cique, nous ne nous arrêterons pas à les détailler. Assez souvent il commence par une ampoule, ou dilatation plus ou moins grande et irréguhère, dans laquelle vien- nent se terminer les vaisseaux lymphatiques à^s extré- mités inférieures , et ceux des viscères abdominaux. Cette ampoule était placée, dansun lion où nous l'avons observée, au-dessus du rein gauche, vis-à-vis de sa partie antérieure. Elle manquait dans le dauphin^ chez lequel 6. 5 66 XXY* tEflON. Ï)U FT.LÎDE NOIP.BÎCTER, ETC. le canal thoraciquc était beaucoup plus compliqué dans sa marche que dans l'homme, et se divisait , avant sa terminaison, en deux branches principales qui s'ou- vraient à côté lune de l'autre dans la veine jugulaire gauche. [On voit souvent sortir de la citerne lombaire deux troncsdistincts, qui s'avancent surlesdeuxcôtésdu corps des vertèbres , s'envoyent des branches transverses de communication et s'écartent l'un de l'autre en avant de lapoitrine, pour gagner les sous-clavières droite et gau- che, et s'y terminer , après s'être encore séparés en deux ou trois branches (i). Dans le phoque, l'existence des vaisseaux chylifères efférents des glandes mésentériques, qui avait été niée par MM. Tiedemann et Folimann, a été constatée par M. Knox[2), Leurs branches se réunissaient en un tronc principal qui contribuait à former un très-large réser- voir du chyle. Il en sortait un canal thoraciquc large et droit, se terminant au confluent des soys-clavière et ju- gulaire gauches. L'existence des chyHfères efférents et leur commu- nication, d'un côté avec les afférents, de l'autre avec le canal thoraciquc, a été constatée par le même anato- miste dans le dauphin^ comme elle l'avait été dans la baleine. ] 3. Terminaison des lymphatiques dans les veines. [Des anatomistes célèbres afiirment avoir vu la (i) Messis aureaexhibensû wa/om/ca, etc. Heidelbergae, 1659. (è) Edinb. Med. and surg. Joitrnaf, U july 1824. SECT. TT. \RT. 1. RVSF.P.V. DV CHYET; ET DE tA LTMPHE. 67 coLnniunicatioii ininiédiate des cbylifères cffércnts des glandes mësentériqiios, dans les veines du mésentère, et celle d'autres lymphatiques , avec les nveines des reins. M, Knox n'a pas trouvé cette communication dans le p/iocffic ruigaire ni dans le dauphin. M. J. M aller (i) ne l'adopte pas dans l'homme, ni dans les mammifères, et pense que la lymphe et le chyle n'arrivent dans le système veineux, que par les princi- paux troncs lymphatiques, qui versent ces liquides dans les veines sous-clavière ou jugulaire. Nous pensons qu'on peut en trouver la raison physio- logique dans la nécessité, pour les chylifères du moins, d'éviter la veine porte, et de transporter la lymphe et le chyle dans le système veineux au-delà de cette veine, dont le sang est suffisamment, chargé d'éléments pro- pres à la sécrétion de la bile. La graisse du chyle et ses autres éléments auraient exagéré cette sécrétion, et diminué, dans une trop grande proportion, le fluide réparateur du sang , avant qu'il eût été suffisamment animalisé.] C. Dans les Oiseaux. 1 . Structure des vaisseaux lymphatiques, leur mode d'o^ rlglne et leur arrangement dans la composition des organes, [La possibilité d'injecter une partie des ramuscules lymphatiques par voie rétrograde , prouve que les val- (1) Physiologie, p. 258. 68 XXV* lECON. DU FLLIDE NOUmaCIER, ETC. Villes y sont moins nombreuses et moins résistantes que dans les mammifères. Cependant ces injections rétro- grades sont rares. Ces vaisseaux ont deux tuniques, une interne moins résistante; l'autre externe fibreuse, entre lesquelles s'infiltrent quelquefois les injections (i). Je ne connais encore aucun travail sur la disposi- tion et l'arrangement des vaisseaux lymphatiques des oiseaux, dans la structure intime de leurs organes, pas plus que sur leur origine dans les cavités digestives, que l'on puisse citer à côté des travaux sur cette matière , de MM. Panizza et Fokmann, chez les reptiles et les poissons. 2. Marche et disposition générale des vaisseaux lympha- tiques au sortir des viscères ou des organes^ jusqu^d leur terminaison dans les veines. J'ajouterai à la description succincte que nous avions donnée, d'après lieivson^ dans notre première édition , description dont les travaux de MM. Tiède- mann (2), Folimann (5) eXLauih (4) n'ont fait que con- firmer l'exactitude, quelques détails d'après les prépara- lions des lymphatiques de l'oie de ce dernier anatomiste. Les lymphatiques des extrémités postérieures for- (\) M. Laulhf Mémoire sur les vaisseaux lymphatiques des oiseaux, Jnnala; des Sciences natttr.^ t. 3, p. 386. (2) Analoraie and Naturgcscbichle der Voegel. 1810, 1. 1, p. 033. (;;) Recherches sur l'union des vaisscfiux lymphatiques avec tes veines. Hei- deîberg, 4 821, p. 63. En allemand. Co travail a été publié en français, par M.Breschel, dans les Alémoircs de la Société d'émulation, avril 1836. (4) Eyyoi .s«»' f^s laiasfaucc lymphaiifjucs. Strasbourg, 182^, etlc mémoire déjà filé. vSJBCT. II. xVKT. 1. UEM,K\. DL CUYLL lil Dli LA LY Ul'ilL. G9 ment deux branches latérales pour chaque doigt, qui s'envoyent un ou plusieurs rameaux de communication à travers la membrane interdigitale des trois doigts an- térieurs. Ces branches digitales se réunissent dans un plexus qui enveloppe particulièrement le tarse, formant en bas et en avant de larges mailles, et des mailles très-serrées sous l'articulation de cette partie avec la jambe. Ce même plexus devenu de nouveau plus lâche, s'élève jusque près du milieu de la hauteur de la jambe. Il en sort deux branches qui se réunissent en un seul tronc sous l'articulation du genou. Ce tronc fémoral s'élève le long des vaisseaux de la cuisse en formant plusieurs divisions ou réunions successives, et pénètre dans le bas- sin à travers l'arcade crurale. Les lymphatiques profonds du bassin composent un plexus remarquable autour des veines rénales, dont les principales branches se terminent directement dans ces veines ou dans les veines sacrées. Deux autres plexus, à mailles très-serrées, se voient près de l'aorte en ar- rière de la naissance des artères iliaques et des artères rénales. Mais le plexus le plus compliqué est sans contredit le plexus aortique, qui réunit les branches du reséau qui entoure la mésentérique supérieure et celui du tronc cœUaque. Le premier de ces réseaux communique avec le plexus rénal et se compose des rameaux nombreux qui accompagnent les rameaux de l'artère mésentérique supérieure. Ce sont la plupart des vaisseaux lactés pro- prement dits. ] On voit que les vaisseaux lyrapatiques des pied>. de^' 70 XXV* LEÇON. DU FLUIDE NOUIUUCIER, ETC. jambes et des cuisses, ceux du bassin, des organes de la génération, des reins et de tous les viscères de la di- gestion, se rassemblent autour de Taorte aux environs du tronc cœliaque , et y forment un plexus d'où par- tent deux canaux thoraciques. Ceux-ci, dont le dia- mètre très-variable peut excéder souvent une ligne, s'avancent sous les poumons, dont ils reçoivent les lymphatiques, et se portent très-obliquement en dehors jusqu'au côté interne des jugulaires, où ils s'insèrent, un peu en deçà de la réunion de ces veines, avec les sous-clavières. Le canal tlioracique gauche rassemble dans ce trajet une branche qui lui vient de l'œsophage , et il se réunit, peu avant sa terminaison, avec la bran- che correspondante des vaisseaux lymphatiques du col et de la tête. La branche droite de ces derniers vais- seaux, après avoir traversé, comme la première^ une glande lymphatique fixée sur la veine jugulaire de son côté, se divise en deux autres branches, dont l'une s'ou- vre immédiatement à la face interne de cette veine, et l'autre va joindre l'extrémité du canal tlioracique droit. C*ési également à l'extréittité des canaux thoraciques que se rendent les lymphatiques des ailes. [il est remarquable que les lymphatiques de la tète et du cou, du côté droit, aboutissent directement à la veine jugulaire, ainsi que l'avait déjà obsét-vé Hervsan, et qu'ils n'envoyent qu'un petit rameau au canal tlioracique de ce côté. On trouve les principales branches de cette région , près de la veine jugulaire de chaque côté , tandis que celles de l'aile sdnt plus raprochées de l'ar- tère brachiale,] SECT. II. ART. I. RÈSERV, DU CHYLE ET DE LA LYMPHE. 7 j 3. Teï*minaison$ des vaisseaux lymphatiques da ns les veines, [Nous venons de voir que le canal tlioracique droit ne verse dans la veine jugulaire de ce côté , qu'une très- petite partie de la lymphe du cou et de la tête, et que la branche droite des lymphatiques de cette région 6*ouvre directement dans la même veine. Il en résulte que la lymphe de la moite droite de la poitrine, du cou et de la tête, arrive, par deux points, dans la jugulaire ||^ droite. Du côté gauche, le canal thoracique qui est Tabou- tissant des lymphatiques du cou et de la tète du même côté, se décharge dans la jugulaire par une embouchure, et dans la sous-clavière par deux. Au reste ces circon- stances sont variables. Toute la lymphe ne fait pas un aussi long trajet - avant d'être mêlée au sang veineux. On a constaté, dans cette classe, que les rameaux les plus nombreux qui composent le plexus rénal, s'ouvrent dans les veines rénales et sacrées (i). Quelques rameaux du grand plexus aortique se ren- dent de même directement dans les veines voisines, ce qui, à notre avis, est plus étonnant, parce que ces veines appartiennent au système de la veine-porte, dont le sang doit servir à la sécrétion de la bile {2),] D. Dans les Reptiles, (1) M. Lauthy mémoire cité. Annales des Sciences nalur.<, t. 3, p. 393. (2) Voir ce que nous avons dit, à ce sujet, page ti de ce voluitie. 7â XXV' LEÇON. DU ^LlilDE NOURRICIER, liiC. 1 . Structure , origine des vaisseaux lymphatiques et Leur arrangement ou leur disposition dans les viscères ou dans les organes, [Nous examinerons ces différents points dans les quatre ordres de cette classe (i). Les vaisseaux lymphatiques des reptiles paraissent manquer entièrement de valvules, excepté à leurs em- bouchures dans les veines. La facilité des injections ré- trogrades en est la preuve. Leur origine ne se fait pas par rameaux isolés. Ceux qui sont les plus rapprochés de la surface intestinale, ou de ]a peau, composent des réseaux lins, continus, dont aucun ramuscule évident ne se détache pour se rapprocher encore davantage des molécules absor- bantes qui sont en contact avec la peau et les parois des intestins, ou pour s'aboucher avec les vaisseaux sanguins. a. Les Tortues (2). Les lymphatiques du canal alimentaire , particuliè- rement ceux de l'intestin et de l'estomac, forment deux couches principales : l'interne est un réseau extrême- ment fin, dont les fds ne se voyent bien qu'à la loupe, sont très-rapprochés de la surface interne de l'intestin, enlacent les vaisseaux sanguins, et s'en distinguent par leur continuité. (1) En profilant des beaux travaux de M. Panizzn. Voir son ouvrage ayant pour titre , Sopra il sistema Unfatico dei rettUi etc. Pavia, 1833. in-fol., avec VI pi. (2) Op. ni, , pi 1, II, m. SECT. II. ART. T. UvlSliRV. DU cnvill ET DE LA Î.YxMMlE. 73 La couche externe est formée de ramusciiles un peu plus gros, qui sont tellement nombreux, qu'ils se tou- chent, et recouTrent entièrement la surface intestinale, après une injection heureuse. Leur direction est plus longitudinale que transversale, et leur disposition on- dulée ou vermiculée, qu'on me permette ce terme. Les lymphatiques de ces deux couches servent à for- mer un réseau plus extérieur, qui recouvre la der- nière , de grosses branches confluentes , à mailles lâches , inégalement dilatées , lesquelles portent la Ivmphe ou le chyle dans les branches et les troncs principaux des mésentères. Ils rassemblent les lymphatiques d'un quatrième réseau, appartenant au péritoine, et dont les mailles sont très-serrées et les fils très-fms. Dans la vessie urinaire et les oviductus^ les réseaux lymphatiques ont une disposition analogue. Ils forment dans les poumons une couche superfi- cielle à rameaux plus gros, à mailles plus lâches, et une couche profonde à ramuscules très-fins. Le réseau extérieur de la vésicule du fiel est à mail- les rares. Celui de la rate se compose de branches con- fluentes et formant de gros sinus. Mais cet organe a des lymphatiques plus lins, qui accompagnent dans l'inté- rieur de son tissu les ramifications des veines, et vien- nent aboutir à sa surface. Les lymphatiques du testicule ont plutôt une dispo- sition ramifiée et arborescente, en grossissant à mesure qu'ils se portent du bord externe au bord interne de cet organe , tout en formant entre eux .beaucoup d'îles et d'anaetomoses. 7i XXV* LEÇON. DU FLUIDE NOURRICIER, ETC . Le tissu adipeux que Ion trouve entre le péritoine et la carapace est rempli de vaisseaux lymphatiques. Ceux du péritoine sont fins et nombreux; leur direc- tion est généralement d'avant en arrière. Le foie paraît n'en avoir que très-peu. 'M.^Panizza n a pu les injecter, non plus que ceux de l'œsophage. b. Les Sauriens. On connaît les vaisseaux lymphatiques du Caïman à museau de brocliet, et ceux des lézards. Dans le jiremier (i) le cloaque , le rectum , le canal intestinal renferment plusieurs réseaux de vaisseaux lymphatiques, dont la forme et la disposition varient. Il y en a un à la surface interne, et l'autre à la sur- face externe du cloaque, dont les mailles sont serrées, et dont les vaisseaux forment des circonvolutions. Dans le rectum , les lymphatiques forment deux couches extérieures, l'une profonde, l'autre superfi- cielle ; celle-ci est composée de vaisseaux plus fins et dont la direction est longitudinale; la première a des vaisseaux plus gros et leur direction est transversale. L'intestin grêle a de même deux réseaux extérieurs de lymphatiques, l'un superficiel (le péritonéal) et l'autre profond. Il y a de 'plus un réseau interne dont les mailles et les fils sont très-fins, lequel pénètre jusque dans les vil- losités intestinales. L'estomac ne paraît pas riche en vaisseaux lympha- tiques. (1) Op.Clt,, pi. lY. SEi:T. H. AKT. 1. KÉSERf. DU CHYJLK liT DJi lA J.ÏMPHK. 75 Les vaisseaux des poumons forment un réseau à mailles partaj:;ées et iné^ulières. Le eœur est comme enveloppe par un réseau à mailles rhomboïdales. M. Panlzza n'a pas pu injecter les vaisseaux lympha- tiques du foie, non plus que ceux du testicule, et ceux du péricarde. Dans les lézards ( i ) (le lézard vert) les lymphatiques forment un beau réseau autour des corps caverneux , et, autour du cloaque, un réseau compliqué. 11 est remarquable que M. Panizza n'a pu injecter ni les lymphatiques des membres, ni ceux des testicules et des reins. €. IjBs Opkidiens (2). Toute l'étendue du canal alimentaire , à l'exception de l'œsophage, a beaucoup de vaisseaux lymphatiques. Ils y forment deux couches, une profonde composée de vaisseaux plus fms, et l'autre superficielle, formée de vaisseaux plus gros. Les reins sont riches en vaisseaux lymphatiques. d. Les Batraciens. Les viscères des batraciens n'offrent rien de particu- lier à ce sujet. (1) Op, cit., p!. VI, fjg. IV et V. (2) Op» cit., pi. V, fig. I el II, pi. VI, fig. 1, net uu 7^ XXV*^ LEÇON. DU FLtinii lNUUIUUCIEK, ETC. ». Marche des vaisseaux lymphatiques hors des organes , jusqu'à leurs embouchures dans les veines. Les parties centrales du système lymphatique des reptiles , celles qui répondent à la citerne lymphatique des mammifères, et à leur canal thoracique , ont un développement , une ampleur extraordinaire dans ces animaux. Ce sont de grands sacs séreux qui ne sont jamais entièrement reuiplis de lymphe , mais qui éta- blissent cependant une communication entre les lym- phatiques des viscères et d'autres organes, et les veines qui sont en avant du cœur. Ces réservoirs embrassent les principales artères, et même les veines qu'Ui ren- contrent dans leur trajet, et leur servent de gaine. Les lymphatiques des organes s'y rendent en for- mant des plexus, des chaînes, des cordons ou des bran- ches isolées, plus on moins noueuses et inégales dans leur calibre. Nous décrirons successivement ces parties dans les quatre ordres de cette classe. ] a. Les Tortues, D'après Hewson, ceux de la partie postérieure du corps se rendent, d:ins là tortue, à un plexus qui envi- ronne l'aorte droite, et de là dans un réservoir situé plus avant sous l'aorte gauche. Celui-ci donne nais- sance à deux canaux thoraciques, ou plutôt à plu- sieurs branches principales, qui s'avancent ou se divi- sent jusqu'aux sous-clavières de chaque côté , en for- mant, dans cet endroit, deux plexus assez compliqués SFXT. II. ART. I, KKSEKV. DU (.IIYJ.E ET DE LA LYxMPHE . 77 avec les vaisseaux lymphatiques des extrémités anté- rieures de la tête et du cou. Du plexus droit sortent deux branches qui s'insèrent dans la jugulaire, près de sa jonction avec la sous-clavièrc; le gauche n'en fournit qu'une, dont l'insertion se fait dans l'angle de réunion de ces deux veines. [Bojanus (i) a représenté le réservoir de la lymphe et ses branches principales, dans YEmyde d'Europe , ainsi qu'une partie des vaisseaux lymphatiques du mésentère. Panizza a décrit et figuré les lympatiques de la caouane. Les vaisseaux lymphatiques des membres posté- rieurs, formant les plexus cruraux antérieurs et pos- térieurs; les lymphatiques du cloaque et du rectum, les lymphatiques des reins formant le plexus rénal ; une partie de ceux des poumons, du péritoine, et du tissu adipeux de chaque côté de la cavité commune , réunis au plexus sacré , composent, dans cette tortue de mer^ le grand réservoir de la lymphe et du chyle, ou la par- tie centrale du système lymphatique. Les branches ou les troncs lymphatiques qui s'y ren- dent sont la plupart très-gros et très-noueux. Ce réser- voir est situé au côté gauche de la veine-cave posté- rieure, immédiatement sous la colonne yertébrale et au-dessus du rectum ; il enveloppe tellement l'aorte qu'il paraît la renfermer. 11 s'avance ainsi le long de la ligne médiane entre les deux poumons, jusque vers le cœur, où il se sépare en deux branches , qui sont les deux canaux tlioraciques. Dans ce trajet ii reçoit : les lymphatiques du méso- (l) Anfltf^r- Tostiuljnis Ftnvopfpy yilpip, 'içfp— 1S;jl, pl.xxvi, fie;, -X^k, 455. 78 XXV^ LEÇON. DU FLUIDE NOURRICIER, ETC. rectum, des testicules, ou des ovaires, et des oviductus, et quelques-uns des poumons et des reins; le tronc des chylifères d une grande partie de l'intestin ; enfin, peu avant sa division en deux Î3ranches, le tronc considé- rable des vaisseaux chylifères du duodénum, de l'esto- mac et les lymphatiques du foie, viennent s'y réunir du côté gauche. Les deux canaux tlioraciqaes à peu près d'égale gran- deur, ont un développement extraordinaire. Ils se portent en avant, entre la colonne vertébrale et le cœur, jusqu'à la région du cou, en formant comme un sac de ce côté ; ils enveloppent les troncs aortiques et pulmo- naires, se replient en dehors et en arrière, parleur bord externe, vers la sous-clavière de leur côté, et s'y termi- nent. Ils reçoivent, dans leur trajet, les lymphatiques des extrémités antérieures, ceux du cou et de la tête, et de petits plexus des muscles et du tissu adipeux si- tués plus en avant qu'eux. Une circonstance que nous devons faire remarquer ici, c'est que les vaisseaux artériels qui semblent conte- nus dans ces réservoirs lymphatiques et percer leurs parois, quand ils en sortent, sont enveloppés par la membrane externe de ces réservoirs, à la manière du péricarde relativement au cœur , ou de la membrane externe du sinus de la dure-mère , relativement à la carotide interne. De sorte que leur membrane externe est en contact avec l'externe de ces réservoirs et ne peut être macérée par la lymphe dans laquelle ces vais- seaux semblent plongés. Un nombre infini de filaments (i) traversent le vide (1) Op. cit. , taW. m, fig. VI, rt p. 9, S^e coL SECT. TT. ART. T. RKSKRV. hV CHYtE ÏT DE L\ LYMPHE. 79 qui existe entre les parois artérielles et celles des réser- Toirs ou des principaux troncs lymphatiques (i). 1). Les Sauriens, Dans le Caïman à museau de brochet^ le plexus pel- vien moyen ou sacré, J'ormé par les troncs qui viennent de la queue, par les plexus pelviens latéraux, par les lymphatiques des membres postérieurs, etc. , se voit sons la vertèbre qui répond au sacrum. Ce plexus se continue le long de l'aorte et de la veine- cave , surtout aux côtés de la première, qu'il entoure dans quelques points, et forme le réservoir principal des lymphatiques. Ce réservoir reçoit les rameaux les plus avancés des plexus pelviens latéraux, ceux des reins et ceux des lombes, vis-à-vis la troisième et la quatrième vertèbre lombaire. . De là se portant un peu à gauche et au-dessus de la (1) Dimensions «les plus grandes Chèlonées Caouanes de L'Adriatique ou dé la Méditerranée, disséquées par M. Panizza, Longueur, du bout du museau à la pointe de la queue, 0,820 à 1,290 mètres. Largeur, 0,645. Poids, de 12 à 70 livres métriques. Dimensions de la citerne du chyle dans ces tortues. Diamètre à son origine, 0,047 mètres. Diamètre avant sa bifurcation, 0,067 mètres. Diamètre du c enduit thoracique droit, 0,0A0 mètres. Diamètre du c onduit thoracique gauche, 0,034 mètres. A la vérité il y en avait deux à gauche dans l'individu observé, dont les dia- mètres excédaient celui du côté droit. I^e tronc le plus considérable s'abouchant dans la citerne avait 0,020, Et celui provenant de l'estomac, 0,017. èO XXV" LEÇON. DO FLLiDE NOURRICIER, ETC. veine cave , il rassemble les lymphatiques du plexus mésentérique. Parvenu vis-à-vis la réunion des deux aortes, ce mê- me résexvoir se divise en quatre troncs, qui répondent au canal thoracique. Ces troncs se réunissent et se sé- parent successivement plusieurs fois dans leur marche en avant. Enfm ils forment deux faisceaux, en s'écar- tant à droite et à gauche, lesquels rassemblent, avant de ^2 terminer dans la sous-clavière correspondante, les lymphatiques du cœur, de la tête et du cou, et ceux des membres antérieurs. Le réservoir central des Ij-mphatiques, dans le lézard vert , commence en deçà de l'anus par un cul-de-sac. Il reçoit les lymphatiques des membres postérieurs , des reins, du rectum ; s'avance dans l'abdomen , se di- late considérablement, rassemble les lymphatiques des intestins grêles, une partie de cejux de l'estomac ; un peu plus avant que le commencement de ce viscère, il forme une étranglement qui semble la limite entre la citerne proprement dite et le canal thoracique. Celui-ci marche entre l'œsophage et la colonne ver- tébrale, un peu à gauche, puis entre celle-ci et le poumon gauche. Parvenu sur le cœur, il se divise en deux branches divergentes, qui se portent en dehors, se recourbent en arrière presque jusqu'au niveau de la pointe du cœur, OÙ la branche droite s'attache aux parois de la veine- cave antérieure et s'y termine. c. Les Ophidiens, La citerne des lymphatiques, dons les ophidiens et les SECT. II. ART. I. RÉSERV. DU CHYLE ET DE LA LYMPHE. 81 couleuvres en particulier , enfermée d'abord entre les lames du mésentère, commence en arrière au devant de l'anus, et s'avance entre l'intestin et la colonne ver- tébrale, en s'élargissant beaucoup, puis en prenant une forme conique pour se terminer en cul de sac, vis-à-vis le commencement de l'estomac. Cette citerne, formée d'abord par les lymphatiques de la queue et des pénis, reçoit bientôt ceux des reins, des testicules, de l'intestin, de l'estomac et des parties de l'épine dorsale correspondante. Un peu avant sa terminaison en cul de sac, à l'en- droit de sa plus grande largeur, il s'en détache plu- sieurs branches, qui, réunies en un seul tronc, forment le canal thoracique gauche,. Celui-ci se porte à gauche, au-dessus du canal' tho- racique droit, s'avance entre l'estomac et le foie, puis entre le foie et l'œsophage, puis à gauche de l'œso- phage, et parvient à la région du cœur. Le canal thoracique droit inférieur ou antérieur, commence en arrière par un cul de sac étroit , qui se voit au-delà du pancréas. Il reçoit immédiatement quelques rameaux de la citerne du chyle , puis des plexus du pancréas, de la rate et de la vésicule du fiel. Il s'avance au-dessus de la veine-porte et de la veine- cave, entre les lames du l'épiploon; reçoit trois bran- ches considérables du canal thoracique droit , la plu- part des lymphatiques de l'estomac, et prend bientôt un très-grand diamètre pour envelopper le foie ; il se ré- trécit de nouveau au-delà de ce viscère, pour s*avancer sous le poumon, jusqu'au côté droit du cœur, près de l'entrée de la veine-cave dans le péricarde, où il se ter- ^, 6 8â XXV' LEÇON. DU FLUIDE NOURRICIER, ETC. mine par un cul de sac. Il reçoit, dans sa dernière por- tion, plusieurs troncs pulmonaires. Trois autres canaux lymphatiques considérables, un moyen et inférieur, les deux autres latéraux , règqent dans toute l'étendue du corps, depuis la tête jusqu'à la base du cœur, et apportent au plexus cardiaque îa lymplie de la partie antérieure du corps. Ce plexus cardiaque, qui se yoit en avant de la base du cœur, est le confluent de tous les lymphatiques du corps et en forme comme le réservoir central. Il se compose, i" des trois canaux lymphatiques antérieurs que i)0U3 venons d'indiquer ; 2° du canal thoracique gauche, qui s'y termine directement par une branche principale gauche et par une autre médiane; 5° d'un tronc qui réunit les lymphatiques du poumon et du ca- nal thoracique droit. Ce réservoir s'ouvre dans la veine-cave antérieure. d. Les Batraciens. Parmi les batraciens, nous citerons la salamandre terrestre (1). Son réservoir lymphatique s'étend de- puis l'anus jusqu'aux environs du pylore. Il sp dilate en s'avançant dans l'abdomen , et se divise en deux branches, les deux citernes lombaires, vis-à- vis l'ovaire ou le testicule, lesquelles reçoivent les chy- lifères et la plupart des lymphatiques des testicules ou de l'ovaire. Ces deux citernes se réunissent plus avant, â peu (4) Pnnhui^ op. cit.^ pi. V, fig. m, iv et ?. SECT. II. ART. I. RÉSERV. DU CHYLE ET DE LA LYMPHE. 83 •près vis-à-vis la portion pylorique de l'estomac, pour Ibrmcr le canal thoraciqiic, qui s'avance le long de la co- lonne vertébrale entre les deux poumons , jusqu'à la région du cœur, où il se bifurque. Cbaque branche s'unit au plexus axillaire de son côté qui rassemble les lymphatiques des extrémités, du cou et de la tête, et se termine dans la sous-clavière du même côté, par deux ou trois petites embouchures. Il Dans les grenouilles la citerne lymphatique est une énorme poche qui s'étend du bassin jusqu'à la pre- mière vertèbre cervicale, entre les parois supérieures de ]a cavité viscérale et les viscères (i). 3. Terminaison des vaisseaux lymphatiques dans les vehies. Cœurs lymphatiques. Les reptiles nous offriront une particularité orga- nique bien remarquable. Outre la terminaison ordi- naire des principaux troncs lymphatiques dans les vei- nes caves, axillaires et sous-clavières , ou jugulaires, on a encore reconnu, chez plusieurs animaux des trois derniers ordres de cette classe, que quelques rameaux lymphatiques aboutissaient dans de petites capsules, qui présentent des contractions et des dilatations alter- natives, et qui versent immédiatement la lymphe qui les remplit , dans de petites branches veineuses ; ces capsules sont des cœurs lymphatiques. (1) Op. cit., pi. VI, ûg. IX, XII. 84 XXV' LEÇON. DU FLUIDE NOURRICIEÏÎ, ETC. a. Terminaison générale des principaux ti^oncs lympha- tiques dans les veines les plus rapproc/iées de l'oreillette droite. C'est dans les sous-clavières, de chaque côté , que les deux canaux thoraciques des ché Ioniens ont leur em- bouchure. On y voit deux ou trois ouvertures elliptiques garnies d'un rebord vahulaire , qui empêche le retour de la lymphe dans les troncs lymphatiques (î ). Dans les crocodiliens j, c'est aussi dans les sous-cla- vières que se terminent les deux faisceaux des troncs lymphatiques principaux, répondant aux canaux thora- ciqiles, qui y versent la plus grande partie de la lymphe, par trois embouchures étroites, dont la direction est la même que celle du cours du sang (2). Dans les lézards ( le lézard vert ) , il paraîtrait que la veine-cave antérieure reçoit la lymphe du canal tho- racique droit, qui parvient à cette veine après s'être glissé contre Toreillette de ce coté. Dans les ophidiens j, et particulièrement dans la cou- leuvre verte et jaune {Daud.), la citerne cardiaque dans laquelle se termine le canal thoracique gauche, et où viennent aboutir les lymphatiques du cou, ainsi qu'une branche de communication du canal thoracique dïoit, s'ouvre dans la veine-cave antérieure, à quelques milli- mètres (vO) de son entrée dans l'oreillette droite. (i) Op. cit. , tab. ni, fig. ïv et v. (2) Op. cit. , tab. IV. 51. p) Op. c. t. V, Tï, rig. 8. SECT. n. ART. I. RÉSERV. DU CHYLE ET DE LA LIMPHE. 8.) Elle y verse la lymphe par deux ou trois très-petites embouchures , lesquelles sont munies chacune d'une valvule, qui permet l'entrée de la lymphe dans la veine- cave, et qui empêche son retour dans la citerne. Le canal thoracique droit se termine dans la veine- cave postérieure très-près de son entrée dans le péri- carde (ibid^ fig. 55) , en formant un cul de sac. Les deux branches thoraciques des salamandres s'ou- vrent dans les sous-clavières de chaque côté , ainsi que nous l'avons déjà dit, par plusieurs petites embou- chures. b. Terminaison des lymphatiques dans les veines par l'intermédiaire des cœurs lymphatiques. L'existence des cœurs lymphatiques a été constatée dans les trois derniers ordres des reptiles. Les chèloniens seuls en paraissent dépourvus. Situés le plus souvent à l'extrémité postérieure du corps, ils versent dans le système veineux une partie de la lymphe des parties du corps les plus reculées. Les cœurs lymphatiques du crocodile se voient de chaque côté entre le bord supérieur du bassin et l'apo- physe transverse de la première vertèbre caudale. Ils se composent d'une vessie longue de 0,01 5 mètres, qui en a 0,007 de large (l'animal ayant 0,870 mètres de long), qui communique avec le système veineux affluant du rein. Dans le lézard vert, ils ont la même situation. Ils s'ouvrent dans une vésicule qui se jette dans la veine principale du membre postérieur correspondant. è6 XXV" LEÇON. DU FLUIDE NOURRICIER, ETC. Les cœurs lymphatic/aes des couleuvres sont situés à Toriginedela queue, en dessus. Ils communiquent avec un rameau de la veine caudale, et ils reçoivent des vâié- seaux lymphatiques de l'extrémité postérieure de la ci- terne du chyle (i). On les trouve dans la même position et aVec les mêmes rapports, dans les pillions (2) , c'est-à-dire que des rameaux transverses y conduisent la lymphe de- puis l'extrétnité postérieure de la citerne du chyle , et que les coeurs lymphatiques sont situés hors de la cavité abdominale, dans une cavité particulière , bornée en avant par la dernière côte. Chaque cœur reçoit la lymphe par trois embouchures qui se voient à sa face dorsale, et la verse dans ces veines par deux orifices percés à son extrémité antérieure. On y distingue trois membranes, une intérieure cel- lulelise. Une moyenne musculeuse, dont les faisceaux sont arrangés comme dans le cœur des animaux supé- rieurs, et l'intérieure qui forme des replis valvulaires polir empêcher le sang veineux de refluer dans le sys- tème lymphatique. Ces cœurs lymphatiques sont sans péricarde; ils adhèrent aux parois environnantes, et sont sous la dépendance des mouvements des muscles de la queue qui les avoisinent. Dans un pithon tigre de sept pieds de longueur, celle de chaque cœur lymphatique était de six lignes; ils avaient quatre lignes et quart de diamètre. (1) Ibid. tab. vi, f. 11, 7etfig. m, 7. (2) Observations de M. Ed. TVcbcr {Archiver d'Jnatomie et de Physiologie de J. Millier y t. Il, 1835), Gt Iiépertoire d' Jnalomlc el de Pf\ysiôhgte (le l\t. ^n- lentin, t. i, p. 76 el 29Zj, el labl. ii, fig. 39, l\0 ul Al. SECr. li. ART. 1. RÉSERV. bi' CHYLE ET IMi LA LYMPHE. 87 Les grenouilles ont quatre cœurs lymphatiques, deiix pelviens, qui correspondent à ceux que nous venons de décrire dans les ophidiens et les sauriens , et deux sca- pulaires, qui sont situés à langle postérieur des omo- plates. Les premiers reçoivent la lymphe d^ l'extrémité pos- térieure de la citerne, par des branches lymphatiques transverses, et la versent dans une veinule qui la char- rie dans la veine crurale de chaque côté. Les cœurs scapulaires communiquent avec des vei- nules qui se réunissent à des rameaux communiquant dans les sous-clavières (i). Les crapauds et les salamandres, suivsint M. J. Miiller, auraient aussi des cœurs lymphatiques. Panizza n en fait pas mention dans ces derniers batraciens. ] E. Dans les poissons. 1 . Structure des vaisseaux lymphatiques , leur mode d*orîgine et leur arrangement dans la composition intime des organes. [Il sera plus particulièrement question, dans cet ar- ticle , des vaisseaux lymphatiques chylifères de Testo- mac et du canal intestinal, parce qu'ils sont mieux connus que ceux des autres organes. On a comparé leur structure à celle des membranes séreuses (2) dont la face interne est unie , et la face (1) J. Millier, Annales de Physique et de Chimie de Berlin, 4822, et Annales des Sciences natur., 2"'^ série, t. i, p. S/jO, et M. Panifia, oj), clî. , (2) M. Fohniann, op. cit., p. 80. 88 XXV"^ LEÇON. DU FLUIDE KOURHICIER, ETC. externe adhérente et plus ou moins celluleuse. C*est en effet par leur paroi extérieure, qui est moins dense que Tinterne , et qui présente une apparence celluleuse et même spongieuse, que les vaisseaux lymphatiques adhèrent entre eux, ou aux organes voisins. C'est par cette surface que se fait l'absorption, non pas à tra- vers des orifices* réguliers, ou des bouches béantes, comme l'avait cru faussement Monro^ en injectant les conduits muqueux de la peau pour des vaisseaux lym- phatiques (i) , mais par imbibition ou par l'attraction capillaire que favorise cette structure spongieuse. Cette manière de voir est fondée sur l'expérience, comme sur la considération de la structure de ces vais- seaux. Les injections les plus heureuses ne font pas sortir une goutte de mercure à travers ces prétendues bouches absorbantes, dans la cavité de l'intestin. Les vaisseaux lymphatiques du canal alimentaire des poissons y forment deux couches distinctes, l'une in- terne et l'autre externe. La première est plus particu- lièrement destinée à remplir l'importante fonction de la chylification , à absorber les molécules qui doivent composer le c\\j\e ; nous commendïrons par la dé- crire. Elle forme, dans les raies (la torpille)^ un réseau serré de vaisseaux vésiculeux, à calibre inégal, qui rem- plit l'intervalle de la valvule spirale (voy. notre t. iv, part. 2, pag. 4oo),et recouvre les deux faces de celle-ci. Les chylifères ont même, le long de cette valvule, un dé- veloppement extraordinaire, qui prouve qu'ils reçoivent {\) Op. cit., pi. xvni, f. 1, R. s. T. U. V. elp. 36. {i) M. Fohmann, p/?. cit.., pi. vu, flg. i el n. SECT. II. ART. I. RESfiRV. DU CHYLE ET DE LA LYMPHE. 89 des vaisseaux plus petits qui sont dans les intervalles de la valvule, comme cela a lieu pour les vaisseaux san- guins. • Il y a donc ici une différence essentielle dans ce qu'on pourrait considérer comme l'origine de ces vais- seaux. Ce n'est pas dans la valvule qu'il faudrait la cher- cher, comme dans les replis frangés de la muqueuse intestinale de Vanarrhicfias lupus , que nous allons dé- crire; mais plutôt dans le réseau de vaisseaux plus pe- tits qui remplit les intervalles de la spire que fait cette valvule. Nous avons indiqué (tom. iv, 2^ part. , pag. 56o) des plis à bord libre frangé, que forme la muqueuse intes- tinale du loup [Anarrhi(^as lupus L. ). Après une heu- reuse injection des vaisseaux lymphatiques, ces plis et leurs franges ne semblent composés que de ces vais- seaux (1). Les plus fins ont leur origine dans les franges ou les papilles intestinales, où ils commencent comme de petits cœcums, sans bouche absorbante ouverte dans l'intestin. Ils se rendent, en se dilatant, et en prenant une direction perpendiculaire, dans une branche princi- pale qui règne le long du bord adhérent de la valvule; cette branche communique par d'autres avec les nom- breux lymphatiques qui forment, dans l'intervalle des replis en question, la couche interne des lymphatiques de l'intestin. La couche externe des vaisseaux chylifères du canal alimentaire des poissons , y compris celle des appendices pyloriques, quand ils existent, forme tan- (1) M. Fohmann, op, cit., pi. vin, f. i. 90 XXV* LEÇON, nu FLUIDE NOURRICIEK, ETC. tôt un réseau très-fiii , tantôt elle se compose de vais- seaux qui ont un développement extraordinaire. Elle présente ainsi, dans sa disposition générale, quelques différences qui pourront devenir caractéristiques de cer- tains groupes, lorsque les observations auront été plus multipliées. Dans la torpille [\)^ les lymphatiques de cette couche forment des plexus, ou un réseau à inailles fines^ qui enveloppe l'estomac, surtout le long de ses grande et petite courbures, et toute la surface de l'intestin. Les lymphatiques de ces réseaux se rendent dans de grosses branches noueuses qui se voient dans les lames des épi- ploons ou des mésentères , au moment où elles se dé- tachent de l'estomac et du cairal intestinal. Les chylifères de la couche extérieure de l'estomac et de l'intestin forment ,*dans Vangullle (2), de très-pe- tits rameaux, dont la direction est principalement lon- gitudinale, mais qui s'anastomosent fréquemment par des ramuscules et forment un réseau très-fm. Il s'en détache des branches moins fines , qiii prennent une direction oblique pour se rendre dans de grands siilus ou réservoirs, dont l'un appartient exclusiveiiient à l'es- tomac et règne d'avant en arrière dans toute l'étendue de la face inférieure; l'autre est placé du côté droit entre l'estomac et l'intestin; le troisième, qui est com- mun aux vaisseaux lymphatiques de l'intestin et des organes de la génération, se prolonge dans la longueur du canal intestinal. Les sinus reçoivent aussi les chy- lifères de la couche interne. (1) Or> a<.,pl. I, ;2) Op. cil., pi. m. SECT. II. AKT. I. RIlSEKV. DU CHYLE ET DE LA LYMPHE. 91 Les lymphatiques dos org'anes de la génération s^ rendent par des branehes transversales. C'est au reste la principale direction qu'ils affectent. L'intérieur des sinus ne forme pas une cavité simple à parois unies ; ces parois sont hérissées de petites lames , de folioles , de filaments , dont les uns appar- tiennent aux lymphatiques afférents , et les autres aux efférents, de sorte que ces sinus, par leur structure, semblent devoir remplacer les ganglions mésentériques et autres des mammifères. M. Folimaim , qui fait ce rapprochement ingénieux , ajoute qu'il n'a jamais trouvé leur cavité distendue par la lymphe ou le chyle , et que la manière dont ces liquides doivent être transmis dans les troncs thoraciques , à travers ces sinus, sert proba- blement à leur élaboration (i). Les appendices pyloriques sont organisés pour l'ab- sorption, comme le reste du canal intestinal, si l'on en juge par un exemple pris dans le genre gade (2). La couche extérieure des lymphatiques y forme un réseau très-fin qui en recouvre toute la surface. Les très-petits vaisseaux qui le composent se rendent dans des rameaux, et successivement dans des branches longitudinales, qui aboutissent ensuite à de gros troncs formant des îles, par leur séparation en branches, et leur réunion successives. Dans le iurbot (5) , les vaisseaux lymphatiques de (1) Op, cit., p. kk- (2) M. Fohmann, vp. cit. , p. 32 et pi. ix, f. i. Je suppose que c'était le lieu, gaduspollachius, et non la morue, qui a moins d'appendices pyloriques. (3) Op. cit., pi. M, %. H. 9^ XXV' LEÇON, DD iLUlDE NOUllRlClEli, ETC. l'estomac se voient surtout le long des branches, des rameaux et des ramuscules des veines ,et des artères, et leur disposition en triple c arlant aricria carolidc communi. îIuLt, î8I9. SECT. m. ART. I. DES AnTKRES. 177 munes se réunir en uti seul tronc sur le devant du cou (dans le butor) ; puis se séparer de nouveau. Il faut dire que, dans la même espèce, Barkow les a trouvées rapprochées , mais non confondues. D*autres fois il n'y a qu'une carotide commune qui provient tantôt de la sous-clavière droite (i) , tantôt de la sous-clavière ^uche (2) , et qui se divise ensuite en deux branches. Une circonstance remarquable dans la position des carotides primitives , c'est qu'elles sont généralement rapprochées l'une de l'autre sur le côté gauche du cou; plus rarement la carotide primitive droite est-elle dans la ligne moyenne, tandis que la gauche est de ce côté (3). Jamais elles ne se trouvent l'une d'un côté, l'autre de l'autre. Dans le premier cas , elles sont contenues dans le canal qui se voit au-devant du corps de quelques ver- tèbres inférieures et moyennes du cou. Les artères carotides communes ne se divisent pas toujours en deux branches , desquelles naissent princi- palement les artères extérieures et intérieures de la tète. Comme dans les mammifères, il arrive quelquefois que la carotide interne n'est qu'un rameau de l'externe (dans l't?/^) (4). D'autres fois le tronc primitif semble se séparer en quatre branches, deux pour les carotides interne et externe , une pour la thyroïdienne supé- rieure, et l'autre pour l'occipitale (dans le héron (5)). (1) Baucr et Meckel ont indiqué cette seconde variété. (2) Mcchcl Vu vue dans leflamniant. (3) Plusieurs perroquets d'après Nitsch, op. cit. (4) D'aprcs Ticdtmunn, Zoologie, t. u, p. 183. (5) D'après liancr, op. cit. , p. D. ... fi. iâ 178 XXV* LEÇON. DU FLUIDE NOURRICIER, ETC. Dans d'autres cas, il n'y a que trois branches, deux pour les carotides, et une occipitale (dans la pie (i) ).J ^ Artères qui naissent de la carotide externe. [Les artères qui naissent ordinairement de la carotide externe sont : i) La thyroïdienne supérieure , qui provient aussi d'un tronc commun , duquel se détachent : La linguale j, remarquable en ce qu'elle se réunit sous la langue dans la plupart des oiseaux en une seule ar- tère médiane ; cependant les deux linguales restent sé- parées dans le coq^ etc. U œsophagienne descendante, dont la distribution est analogue à celle de l'œsophagienne ascendante; Et la cervicale descendante cutanée. Après avoir fourni le tronc commun de ces artères , ou plusieurs de ces branches séparées, la carotide externe donne : 2) \j' artère occipitale, dans laquelle la vertébrale vient se terminer en grande partie. 5) La maxillaire interne de Tiedemann et de Bauer, ou mieux (2) la faciale de Barkow, qui est très-consi- dérable, et se distribue principalement à la face, où elle forme généralement un plexus en arrière de l'orbite, le plexus facial; elle s'étend au front, au bec et à l'ex- térieur delà mandibule, etc. (3). (1) Barkow, op. cit., p. 468. (2) C'est qu'une partie des rameaux que donne la maxillaire interne dans les mammifères pro\iennert encore, dans les oiseaux, du rameau externe de la caro* lide intenie, et directement de la carotide externe ou de la palatine. (3) Voir Darhoiv, op. cit., pi. m, f, 2, pour cette artère dans iegrèl>e. SE(.T. ni. AF.T. I. DES ARTÈRES. 179 4) lyd palatine qui se réunit souvent, comme la lin- guale, avec celle du côté opposé, pour ne l'oruier qu'une artère médiane ; un plexus l'enveloppe avant et après cette réunion. Pour expliquer, par un exemple, la description générale que nous venons de donner de la distribution de cette artère , non s la démontrerons particnlièrement chez le coq. La carotide externe de ce gallinacé fournit d'abord : \°. Une branche commune , analogue à là thyroïdienne supérieure , qui produit : Une artère œsophagienne récurrente considérable ; cette artère se porte directement en arrière ; il s'en dé- tache à angle droit, et à des intervalles égaux, des ra- meaux transverses qui cerclent ce canal. Une seconde artère, dans laquelle cette branche se divise , se distribue au larynx supérieur; une troisième se porte à la langue. Yis-à-vis ce tronc commun, et conséquemment en arrière , naissent de la carotide extern^ : 2". Une cervicale postérieure descendante, et après un intervalle assez court, •» 3**. \j' artère occipitale. La carotide externe se termine ensuite en deux branches considérables, une interne, qui est: 4^ La palatine , et l'autre externe, qui répond à 5°. La maxillaire interne^ de laquelle naissent l'artère faciale et des auriculaires.] |j[ La carotide interne. [Se partage généralement en deux branches, soit avant d'atteindre l'os temporal, soit immédiatement après avoir pénétré dans le canal de cet os. 180 XXV* LEÇON. DU FLUIDE NOURRICIER, ETC. «La branche externe s'avance le long du bord externe de la fenêtre ovale, et forme , au-delà du temporal, le plexus opkthalmique de Bauer[\). Cette branche produit un rameau occipital^ qui peut provenir aussi- du plexus. Il naît, de ce dernier, beaucoup d'autres petits ra- meaux analogues à ceux de l'artère ophthalmique des mammifères. Une artère palpëbrale inférieure , une eth- moïdale, une lacrymale; dans quelques cas, une maxil- laire inférieure et une frontale. L'artère ophthalmique sort de son plexus, suit le côté îiiterne du nerf optique, et forme le rete acimirabile An peigne. Elle se termine en fournissant les ciliaires internes les plus importantes, et les externes ; quelque- fois en devenant artère olfactive; dans d'autres cas enfm, en fournissant un rameau à la glande de Harder, |3. La branche interne de la carotide interne donne un petit rameau à la partie extérieure de la base du crâne: •ensuite elle communique avec l'artère du côté opposé, ou s'y réunit, «pour se séparer de nouveau et fournir, d« chaque côté , des artères cérébrales proprement dites. La carotide interne se termine en pénétrant dans Torbite, et mênge quelquefois jusque dans les fosses nasales. Dans un premier mode de terminaison , dans lequel elle donne des rameaux aux muscles de l'œil, elle fmit en s'anastomosant avec l'artère ophthalmique or- dinaire. D'autres fois elle se termine dans l'ethmoïdale. m II. I ' H i , I . I. ... ,1 I I I I I . Il ■ mmmimmmmm \\) Op. cit. orte de droite a gauche, et distribue ses rameaux au olon transverse ; c'est la colique moyenne. Après avoir ourni ces artères , le même tronc parcourt un petit rajet entre les lames du péritoine , en se dirigeant en las et en arrière, puis il fournit les artères suivantes : ." la pancréatique , qui se dirige d'arrière en avant sur 5 bord gauche du pancréas; 5° la splénique, très-pe- ite artère , qui se distribue exclusivement à la rate ; \'' une assez grosse branche, qui appartient à toute a partie droite du colon et au cœcum , c'est une se- onde colique droite; 7° une petite artère cœcale qui , près avoir donné un rameau au cœcum, va s'anasto- Qoser avec la suivante ; 8" la mésentérique proprement ite, la plus grande de toutes, qui se ramifie dans le aésentère de l'intestin grêle, et se distribue à cet in- estin. Enfin 5 la troisième branche de l'aorte postérieure ;auche, la seconde pour la grosseur, qui est Vartère ommuniquante , se porte obliquement à droite et en rrière, et s'anastomose , comme nous l'avons dit, avec aorte droite, sans fournir aucun rameau. ►. Dans les sauriens en général, et plus particulièrement dans les crocodiliens. La distribution des principales artères ne diffère que §04 XXV*' LEÇON. SECT. lïl. RÉSERVOIRS Ï)U SANG. dans quelques points de celle qui vient d'être indiquée dans Tordre précédent : aussi ne nous arrêterons-nous pas à la décrire avec autant de détails. Les crocodiles ont, comme les chéloniens, trois troncs artériels, ayant chacun une embouchure distincte, bor- dée de deux valvules semi-lunaires: i" V artère putmo^ naire, qui répond à la loge de ce nom, placée à gauche et un peu en dessus; 2'' Vaorte postérieure gauche, dont Tembouchure est dans la loge inférieure et droite, et qui est placée entre le tronc pulmonaire et le suivant; S*" Vaorte postérieure droite^ qui répond à la loge supé- rieure. Ces trois artères sont soudées ensemble pendant un court espace. a) De l'aorte droite. L'aorte droite produit successivement : i** le tronc commun des sous-clavière et carotide gauche^ qui reste collé encore quelque temps à Taorte postérieure gau- che, s'avance obliquement de ce côté en passant sous la bronche, et se divise seulement au-delà de ce canal; 2** un tronc semblable pour les mêmes artères du côté droit. [D'autres fois l'aorte droite produit d'abord un tronc considérable, se divisant bientôt en deux bran- ches, l'une pour les artères de la tête et l'autre qui est la sous-clavière gauche. La même aorte fournit ensuite la sous-clavière droite. Le tronc commun des artères de la tête se partage, lorsqu'il est parvenu sous la base du crâne, en carotides communes droite et gauche (1). (i) Mcckel dit avoir vu six fois cet arrangement dans le caïman à m a seau de hrochct. Je le trouve représente dans une planche inédile de M. Cu\ ier sur l'an- ART. I. DES ARTKRKS. 205 11 y a du rapport entre cette dernière disposition et celle des artères des ophidiens, qui n'ont de même qu'une carotide. On la \oit aussi, quoique rarement, dans les oiseaux.] b) Artères qui naissent des sous-chvières , et particuliè- rement des artères des extrémités antérieures. [Les souS'clavières fournissent : r Une petite œsophagienne postérieure; 2° Une artère analogue à la mammaire interne ; 5° Une cervicale commune inférieure qui s'avance directement sous le cou , comme dans les chéloniens; Enfui , 4*'une intercostale commune antérieure^ comme dans les oiseaux, laquelle se divise en deux branches, l'une qui se porte en avant, et l'autre qui se con- tourne en arrière pour les intervalles intercostaux auxquels l'intercostale commune postérieure, qui pro- vient immédiatement de l'aorte droite, n'en fournît pas. La sous-clavière , après avoir fourni les branches artérielles, se contourne de dedans en dehors et atteint sous l'épaule la position de Vaxillaire. Celle-ci produit déjà la brachiale profonde, et succes- sivement plusieurs thoraciques, La brachiale a sa position ordinaire entre les muscles biceps et brachial interne. L'interosseuse en naît dans le pli du coude , et se porte à la face dorsale du pied. géiologie du caïman à lunettes; de sorte qu'il pourrait être le plus commun, et relui que nous avons décrit, en premier lieu, le moins fréquent. m. â06 XXV* LEÇON. SECT. III. RÉSERVOIRS DU SANG. Ensuite la brachiale se divise en radiale et cubi-- ta[e{i).] c ) Suite de Caorte droite, Arthres qui en naissent après le canal artériel abdominal, L*aorte droite se contourne ensuite de bas en haut, puis d'avant en arrière, à l'extérieur de la bronche droite, et se dirige obliquement en dedans sous la colonne épi- nière, sans fournir de branché remarquable, jusqu'à ce qu'elle ait reçu, de l'aorte gauche, une artère commu- niquante. [Presque vis-à-vis de ce canal artériel ab- dominal, l'aorte droite fournit : 1°. Une intercostale commujie postérieure absolument comme celle que nous avons décrite dans l'autruche, qui se porte en avant sur les côtés du corps des vertè- bres dorsales , et de laquelle se détachent successive- ment à angle droit, dans les intervalles intercostaux qu'elle traverse, les branches intercostales correspon- dantes. â^ Plus en arrière naît encore une seconde intercos- tale commune , qui fournit deux branches aux deux derniers intervalles intercostaux. 3°. Puis une troisième qui se porte sous la dernière côte. 4**. Vient ensuite la mésentérique antérieure, tronc considérable qui se rend aux intestins grêles, et com- munique avec un rameau de la splénique , comme nous le dirons tout à l'heure , pour fournir de concert une branche considérable au gros intestin.] (1) Planche inédite de M. Cuvicr, déjà citée. La description de Mechel(op.cit,f t. V, p. 250 ) est une nouvelle preuve des grandes variations qui peuvent résulter, à cet égard, dans les animaux d' une même famille ou d'un même genre. •t» ART. I. DES ARTÈRES. S07 Il est remarquable que cette artère se détache de l'aorte droite à une assez grande distance du tronc cœ- liaque, tandis qu'elle en naît le plus souvent très- près , ou qu'elle en est même une branche dans les chéloniens. [Il est vrai que dans ce dernier cas, toutes deux nais- sent de l'aorte gauche. Dans les crocodiliens l'origine de ces deux troncs artériels est différente. 5*. Après la mésentérique supérieure ou antérieure, l'aorte droite fournit, de chaque côté, une petite lom- baire. 6°. Des sus-rénales ou capsulaires , des rénales et des lombaires au nombre de sept. 7^ La sixième de ces artères est en même temps l'ana- logue de la fémorale profonde ; semblable à celle que nous avons décrite dans les oiseaux; elle donne la plu- part de ses rameaux aux muscles extenseurs et adduc- teurs de la cuisse. Lorsque l'aorte droite postérieure est descendue plus profondément dans le bassin, elle fournit de chaque côté : 8°. Une grosse artère crurale, comme dans les oi- seaux. Sa continuation , ou la sacrée moyenne 3 qui con- serve ici un calibre remarquable, proportioné au déve- loppement de la queue , fournit en avant : g"*. Une mésentérique postérieure qui se rend au gros intestin, en se contournant d'arrière en avant pour s'anastomoser avec le rameau que nous avons décrit plus haut , formé à la fois par la splénique et la mésen- térique antérieure. g08 XXV' LErox. SECT. in. kkservoirs du sang. La fin du rectum et la cloaque reçoivent encore de la sacrée moyenne ou caudale : 10°. Une branche coccigienne latérale (i). Ce qui vient d'être dit , et ce qu'on va lire de l'aorte gauche, montrera que nous n'avons rien eu d'essentiel, de caractéristique pour ce système artériel des croco- diles, à ajouter à notre ancien texte.] d) Artères des extrémités postérieures, [Elles sont absolument comparables^ pour leur ori- gine, à celles des oiseaux. On voit se détacher de l'aorte, avant les dernières ré- nales, deux branches qui répondent aux fémorales profondes, qui se distribuent aux muscles adducteurs et aux extenseurs de la cuisse, et qui produisent un rameau analogue à l'iléo-lombaire. C'est bien plus en arrière que sortent de l'aorte les fémorales, dont les divisions ont beaucoup de rapport avec ce que nous avons vu dans les oiseaux; ne serait- ce que par l'importance de la tibiale antérieure, de la- quelle naisssent les artères du pied (2).] e) De i' aorte gauche ou viscérale. Uaorte gauclie se contourne à l'extérieur de la bron- che de son côté, et se porte en arrière et en dedans, comme la précédente. Après avoir dépassé le cardia, elle se divise en plusieurs branches, qui vont à l'esto- mac, au foie, à la rate, au pancréas et au duodénum. (1) Planche inédite de M. Cuvicr. — (2) Idem. ART. I. DES AUTlinES. ^09 La |)lus grande i)artie de cette artère se contourne pour les former, et elle ne s'anastomose avec l'aorte droite que par un canal artériel très-court, dont le diamètre égale à peine le quart de celui du tronc qui l'a fourni. rSous ferons sentir, dans la description du cœur, la conséquence de cette distribution. [Il est remarquable que cette aorte gauche n'est qu'un véritable t];onc cœ- liaque qui sort immédiatement du cœur ; ce qui doit avoir une certaine influence sur l'énergie du mouve- ment du sang dans les viscères de la digestion. ] Nous ferons observer encore que la splénlque, qui naît du tronc cœliaque, après avoir traversé la rate d'avant en arrière, et lui avoir donné beaucoup de pe- tits rameaux qui s'en détachent à angle droit, sort de ce viscère presque aussi grosse qu'elle y était entrée, et va se distribuer au rectum et à là fin de l'intestin grêle; la branche de cette artère , qui a cette dernière desti- nation, forme avec la mésentérique antérieure une anastomose considérable [et plusieurs autres moins im- portantes. ] C. Dans les Sauriens ordinaires, ^ Dans les lézards proprement dits, les deux aortes s'avancent hors de la poitrine, la droite après s'être di- visée en trois branches, et la gauche sans se diviser. Celle-ci se recourbe en arrière sur les côtés du cou, pour longer ensuite la colonne vertébrale, et reçoit, au moment où elle prend cette direction d'avant en arrière, la branche gauche de l'aorte droite, qui forme une anse au-devant d'elle. De la convexité de cette anse naît la carotide gauche; les deux autres branches de l'aorte droite se recourbent en arrière, et se réunissent de 6. J4 âlO XXV*^ LEÇON. SEGT. IIÏ. RÉSERVOIRS DU SANG. même sur le côté droit du cou , en formant deux anses placées l'une devant l'autre. La carotide droite naît semblablement de l'anse formée par la branche moyenne. Les sous-ctavieres se détachent de chaque aorte, peu avant leur réunion. Nous venons de voir que, dans les crocodiles et Vi gitane ordinaire, elles étaient produites toutes deux par l'aorte droite. Le tronc commun des deux aortes, qui se réunissent de bonne heure, en deçà de la pointe du cœur, produit successivement les paires intercostales. Il envoie, peu après sa naissance, une artère à l'œsophage; plus loin, une petite artère qui va au foie; plus en arrière encore, une branche qui se divise bientôt en deux rameaux. L'antérieur distribue ses ramuscules à l'estomac, à la rate, au pancréas, au duodénuoi ; le postérieur appar- tient au canal intestinal; c'est proprement la mésenté- rique antérieure. Ce tronc donne ensuite les lombaires, les spermatiqties _, la mésentérique postérieure, qui va au rectum, et, presque aussitôt, les rénales, qui ne s'en détachent que très-tard , parce que les reins sont situés très en arrière dans la cavité abdominale ; enfin il pro- duit les iliaques et la sacrée moyenne. Celle-ci présente un diamètre assez considérable pour la faire regarder comme la continuation du tronc aortique, dont les ilia- ques ne semblent être que des branches ; cette circon- stance tient évidemment à la grande proportion de la queue comparée aux extrémités. Dans Viguane ordinaire, dont le cœur est placé très- avant dans la poitrine, les artères du corps ont de même deux embouchures distinctes dans les deux loges du cœur, quoique leurs troncs soient soudés ensemble dans l'origine. L'aorte gauche postérieure ne fournit aucune ART. I. DES ARTÈRES. 211 artère avant de s'être réunie À la droite. Celle-ci donne, comme dans les précédentes, les carotides et les sous- clavières, avec cette différence cependant que ces der- nières ne s'en détachent pas en même tenips que les premières, mais beaucoup plus en arrière, à cause de la position très-avancée du cœur. D. Dans les Opliidiens. lit défaut d'extrémités, souvept un poumon uni- que, [et bien plus encore la forme extrêmement grêle et allongée du corps,] simplifient, dans les animaux de cet ordre, la distribution des troncs artériels princi- paux. Ces troncs, de même que dans.les chéloniens et les sauriens, sont au nombre de trois. Les rapports de leurs embouchures seront indiqués dans la description du cœur. Leurs premières divisions, au lieu d'être paires et symétriques, sont réduites à une seule branche. Cela se voit ainsi pour l'artère pulmonaire, dans les ophi- dieps à un seul poumon, et pour la carotide commune et la vertébrale, dans tous; du moins avons nous lieu de le présumer par ceux, assez nombreux, que nous avons disséqués.] a) De i' aorte droite et de ses principales divisions. [C'est de sa convexité, et très-près de son origine, que naissent successivement les trois branches artérielles destinées à porter le sang aux parties qui sont au-de- vant du cœur, c'est-à-dire au cou et à la tête.] h'aorte droite monte de ce côté, se recourbe en ar- rière, passe en dessus de l'œsophage, se porte oblique- âlâ XXY' LEÇON. SECT. III. RÉSERVOIRS DU SANG. ment en arrière et en dedans, et se joint à l'aorte gau- che, quelques centimètres plus loin que la pointe du cœur. L'aorte droite fournit, peu après sa naissance, une petite artère qui va à une glande oibiculaire, placée au-devant de la base du cœur; puis à une autre glande plus considérable, de forme allongée, qui est située sous la jugulaire. Ensuite l'aorte droite donne la caro- tide commune^ la seule qui existe dans les ophidiens. Elle produit en troisième lieu, un peu plus à droite, le tronc commun de la vertébrale et des intercostales anté- rieures. Aucune autre "artère importante n'est fournie par ce tronc artériel principal jusqu'à sa terminaison ; et lors- qu'il se joint à l'aorte gauche, son diamètre est devenu très-petit ; de sorte que la plus grande partie du sang qu'il a reçu du cœur se porte aux parties qui sont en avant de ce viscère : c'est proprement une aorte anté- rieure, [La petite artère que nous avons mentionnée la pre- mière est une sorte de thyroïdienne inférieure, analo- gue aux artères thyroïdiennes symétriques que nous avons décrites dans les chéloniens. Nous l'avons vue (i) naître aussi de l'aorte droite, après la carotide commune, mais tellement rapprochée d'elle, qu'on avait peine à distinguer cette origine. Il paraît que, dans d'autres cas, elle n'est qu'une branche de la carotide. ] Cette dernière artère se porte obliquement à gauche. (1) Dans [ccalabcr natrix,\e p'Ulion tigris^le disphotidus Lalaniiunob.sm- vaûl nos propres observations. Mcclicl lui a trouvé celle origine, et plus de lon- gueur qu'à rorUinaire, dans un croluU, ART. 1. DES ARTÈRES. ^13 et s'avance accolée à la jugulaire gauche, entre la tra- chée-artère et l'œsophage, puis sous ce dernier canal. Elle envoie à ces organes un grand nombre de ramus- cules, et se divise près de la tête en plusieurs rameaux qui se distribuent à ces parties, et tiennent lieu de ca- rotide externe et de carotide interne ou cérébrale. Lorsque l'aorte droite s'est rapprochée de la colonne vertébrale, nous avons dit qu'elle produisait une bran- che considérable [qui tient lieu à la fois de vertébrales et à.' intercostales communes antérieures. ] Cette artère s'a- vance sous la colonne vertébrale, envoie à mesure des rameaux [de chaque côté aux intervalles intercostaux qu'elle traverse, ainsi qu'aux muscles et aux vertèbres de cette région , ] et ne s'y enfonce entièrement que près de la tête. [Cette même artère vertébrale et intercostale com- mune donne des rameaux récurrents qui fournissent des intercostales en arrière de son origine.] b) De l'aorte gauche. L'aorte gauche monte et se recourbe en arrière et à gauche, passe sous l'œsophage, puis à côté, mais tou- jours sous le poumon, reçoit au-delà du cœur l'aorte droite, et continue de se porter en arrière. Elle fournit à mesure des branches qui répondent aux intercostales, et les artères des viscères ; celles qui vont à l'estomac, au foie, au sac pulmonaire, dans le colubernatrix^ etc, [ou aux deux sacs pulmonaires, dans les pit lions ^ etc., comme artères nourricières , se détachent succes- sivement de l'aorte, à mesure qu'elle se porte en ar- rière; de snrtft qu'il n'y a point de tronc cœHaque. A §14 XXV^ LEÇON. SECT. III. RÉSERVOIRvS DU SANG. peu près vis-à-vis du pylore, Taortc fournit la mésenté- rique antérieure^ qui marche parallèle au canal intesti- nal jusqu'à la moitié de sa longueur, et lui envoie à mesure des rameaux. Plus en arrière, le cariai intesti- nal reçoit successivement trois autres petites branches de la même artère. Elle envoie de même, à mesure qu'elle se porte en arrière , de semblables branches aux reins, aux ovaires, etc.; arrivée au fond de Tabdomen, elle pénètre sous les vertèbres de la queue , et se con- sume dans cette partie. E. Des artères du corps dans les Batraciens. Les Batraciens n'ont jamais qu'une seule «aorte. [Mais il y a, dans les animaux de cet ordre, de grandes diffé- rences, relativement à l'origine de cette artère, suivant qu'ils manquent de branchies, ou qu'ils en sont pourvus. Dans le premier cas seulement l'aorte vient du cœur ; dans le dernier, qui est celui de tous les batraciens à l'état de larve, et encore celui des batraciens pérenni- branches, qui conservent des branchies toute leur vie, l'aorte est formée par une sorte de confluence d'au- tant de veines artérielles, de chaque côté, qu'il y a de branchies, et qui lui apportent le sang qui a respiré. C'est absolument le même arrangement que nous dé- crirons bientôt dans les poissons. ] a) Dans les Batraciens ordinaires ^ c'est-à-dire dans la famille des grenouilles et dans celle des salamandres à l'état parfait, l'aorte qui sort de la base du ventricule se divise bientôt en deux branches qui s'écartent l'une de l'autre, en se dirigeant très-obliquen^ent de dedans en dehors, et un p(ni en avant. (Chacune d'clle>^ produit Ar.T. I. DES ARTÈRES. 215 une pulmonaire y une carotide commune , une axillaire, une vertébrale , et des artères analogues aux intercostales, en se contournant en arrière , et en se rapprochant de sa semblable. [Ces deux divisions principales de l'aorte, après avoir fourni les artères sj'^métriques importantes que nous venons de nommer, se réunissent, dans l'abdomen, comme laorte droite et l'aorte gauche dans des autres reptiles, et ne forment plus qu'un seul tronc aortique.] Ce tronc produit d'abord l'artère cœllaque , puis toutes les autres artères qui naissent généralement de l'aorte abdominale. Ces divisions n'ont rien de bien parti- culier. \LQplpa qui présente d'ailleurs, dans quelques points de son organisation, des singularités intéressantes à connaître, n'a rien qui distingue, d'une manière re- marquable, l'arrangement de son système artériel. L'aorte s'y divise en trois branches de chaque côté, aussitôt qu'elle se dégage du cœur. La branche supé- rieure est la carotide, qui forme une dilatation en mas- sue. La seconde produit l'artère axillaire, et se conti- nue comme branche aortique descendante. La troisième est l'artère pulmonaire. Les artères gastrique , hépatique , splénique , pan- créatique, etc., naissent de l'aorte commune, formée par les deux aortes descendantes. L'artère dorsale prend un grand développement chez la femelle, à l'é- poque de la gestation. Les iliaques droite et gauche, qui terminent le tronc aortique, envoient leurs branches et leur^ rameaux au bassin et aux extrémités (i).] fl) C. Meycr, Anatomic der rana pipa, Acta^ N, Car,, t. xu, pi. ii, p. 545. â16 XX V*" LEÇON. DU FLUIDE NOURRICIER, ETC. b ) Dans les Batraciens c/ui ont des brancldes, [ Les batraciens ;\ l'état de larves, tels que les têtards de grenouilles y de crapauds et de salamandres ^ et les ba- traciens qui paraissent conserver des branchies toute leur vie , tels que les prêtées, les sirènes , les ménobran- ches et y axolotl, ont, comme nous l'avons déjà dit, l'artère du corps séparée du cœur par les branchies. Ce sont les veines branchiales, appelées veines artérielles, qui forment cette artère par leur réunion sous la colonne vertébrale. Dans le menopoma alleghaniensis , Harl. , ces veines branchiales se réunissent sur les côtés du cou , au- dessus des branchies , en une grosse branche transver- sale, qui forme, avec celle du côté opposé, sous la ligne moyenne dorsale , le tronc aortique. De ce tronc naissent d'abord les artères des extré- mités antérieures (i), et à mesure qu'il se porte en arrière^ celles des viscères et des autres parties du corps. Ses deux branches d'origine , comme la convexité de l'aorte dans la plupart des cas, ou comme ses premières divisions dans les batraciens ordinaires, produisent les carotides, les vertébrales et deux petites artères qui vont aux muscles des mâchoires, etc. (2). Les larves de tritons ont leurs artères ainsi divi- sées (5).] (1) Et non des brandies qui forment l'aorte, ainsi que le dit Meckel, pour tous les branchio-pnlmonés, op. cit., t. v, p. 237. (2) Descriptive and illnslred catalogue, etc., vol. lî, pi. xxiv. (3) ttascani, ouv. cil. plus bas, fig. 6. ART. I. DES ARTÈRES. SI 7 § VII. De r artère pulmonaire des repllles. [Il y a, dans les trois premiers ordres de cette classe, un tronc pulmonaire, dont l'embouchure, dans le cœur, est distincte de celles des aortes.] A. Dans les C lié Ioniens. Ce tronc commence à gauche et en dessous du tronc des aortes. Il ne tarde pas à se séparer en deux bran- ches, dont celle qui ya au poumon droit se replie de gauche à droite , puis s'avance pour aller gagner la par- tie antérieure de ce poumon où s'insère la bronche. L'autre s'avance dans une direction contraire, traverse l'œsophage en dessous, et parvient de même au sommet du poumon gauche. B. Dans les Sauriens. [Le tronc pulmonaire est situé à gauche des troncs aortiques comme dans les cliéloniens.] Cette artère ne tarde'pas à se diviser en deux branches, qui vont à cha- que poumon. Leur diamètre est à peu près celui des troncs qui fournissent les carotides et sous-clavières de chaque côté. C. Dans les Op Indiens. [Le tronc pulmonaire se divise, quand il y a deux pou- mons comme dans les pillions, ou reste simple, comme dans le coluber iiatrix.] Dans ce dernier cas, l'artère pul- monaire monte et se recourbe en arrière sur la base du cœur, et ne tarde pas à atteindre la face inférieure du poumon, sur laquelle elle règne d'avant en arrière, à g;auche de la veine. . # ^\S XX\^ LEÇON. SECT. III. RÉSERVOIRS DU SANG. D. Dans les Batraciens, [JNous avons déjà dit que, dans les batraciens ordi- naires j, les branches artérielles qui vont à chaque pou- mon étaient de simples divisions de l'artère aorte, mais des divisions très-rapprochées de l'origine de ce tronc commun de toutes les branches et les rameaux artériels. Dans ces mêmes batraciens à l'état de larve et dans ceux qui conservent des branchies toute leur vie , ce même tronc des artères du corps est- un tronc pulmo- naire, il porte du moins aux branchies tout le sang que le cœur a reçu du corps. Les poumons qui existent simultanément avec les branchies dans ces animaux, reçoivent un sang déjà oxigéné , par un petit rameau pulmonaire qui vient de la dernière branche veineuse artérielle , laquelle con- tribue avec ses symétriques à composer l'aorte. Nous reviendrons sur les changements remarquables qui s'opèrent dans la circulation du fœtus des matn- mifères et des oiseaux et ceux des autres classes des vertébrés, dans la leçon sur le développement du fœtus. Nous ferons remarquer seulement , à l'occasion des batraciens pectlnl-branehes^ la disposition organique, ex- trêmement simple, dans l'origine du système artériel, qui permet, dans les larves des batraciens à métamor- phoses, lorsqu'elles passent à l'état parfait, et que la circulation est tout-à-coup arrêtée dans les branchies, qu'elle s'établisse directement du cœur dans les deux racines de l'aorte. Il est intéressant de rencontrer dans ces larves, entre les trois divisions du tronc pulmonaire, qui AIIT. I. DES AliiKIlKS. i^l9 vont aux branchies de cliariue cM% et le rameau vei- neux artériel qui sort de chaque branchic, et dont la confluence doit former chacune des deux racines de l'aorte, un petit canal artériel (i), absolument analogue à celui du fœtus des mammifères, mais qui doit avoir un développement inverse. Dans la larve des batraciem^ ce canal est à l'état rudimentaire : c'est une pierre d'at- tente, une faible communication sans importance dans 1 état de larve, envoyant immédiatement dans le sys- tème artériel du corps, une petite quantité de sang qui n'a pas respiré, et l'y mêlant avec le sang qui revient des branchies. Dans l'état parfait, lorsque la circulation est arrêtée dans les branchies, par la vie aérienne de l'animal, semblable à une branche anastomotique, ou formantune anse, d'une artère dont on auraitliéle tronc, ce petit canal artériel prend un développement extraor- dinaire, et devient le passage du sang qui va du cœur dans toutes les parties, y compris les poumons. C'est par ce simple mécanisme qu'a lieu la singuhère transforma- tion du tronc artériel unique et pulmonaire, qui prend naissance au cœur, en un tronc aortique, envoyant aux poumons une branche trcs-subordonpée. Sous le rapport de la circulation branchiale ou pul- monaire , on pourrait soutenir que l'état de dévelop- pement complet des batraciens est moins parfait, en quelque sorte, que leur état de larve.] (i) Descriptione anatomica degli organi délia circolazionc dcllc larve délie sala- mandre aquaticlw fat ta dal dott, Mauro liusconl. Pavia, 1817, fig. 6 e, e, C. 2^0 XXV* LEÇON. SECT. III. RÉSERVOIRS DU SANG. § VIII. Description des principaux vaisseaux artériels des poissons, et d* abord de leur artère pulmonaire ou branchiale, [Les poissons'ont leur système artériel organisé comme celui des larves des batraciens; leur cœur est branchial. Le seul tronc artériel qui y prend naissance, se distribue aux branchies. Nous verrons, en le décrivant, que cette artère sort, ou plutôt se continue, d'une dilatation à pa- rois épaisses, et en partie musculeuses, qui commence au cœur et forme laj)ase de cette artère.] * Elle s'avance, dans les raies j, sous le cartilage qui réunit les extrémités inférieures des arcs branchiaux, et fournit peu après deux grosses branches, une de chaque côté, qui se portent obliquement en dehors et se divisent en trois rameaux , qui se distribuent aux trois dernières branchies de la manière que nous l'in- diquerons en décrivant ces derniers organes. Après avoir donné ces deux branches, le même tronc conti- nue son chemin d'arrière en avant jusque vis-à-vis de la première branchie , où il se sépare en deux autres artères qui s'écartent Tune de l'autre , et se portent .directement à cette branchie, près de laquelle elles se bifurquent , lui donnent un rameau , et fournissent l'autre à la précédente. Cette artère suit une marche semblable dans les au- tres poissons, et se distribue de même, avec cette diffé- rence cependant, qu'au heu de fournir successivement cinq branches de chaque côté, elle n'en produit que quatre, nombre égal ordinairement à celui des bran- chies. C'est donc par la partie inférieure de ces organes que ART. I. DES ARTÈRES. Sâl s'introduisent les artères pulmonaires, tandis que celles du corps en sortent par leur extrémité supérieure. § IX. Des artères du corps dans les Poissons. Ces artères ne viennent pas d'un tronc unique, comme dans les mammifères et les oiseaux. Chaque branchie, dans les raies fournit un rameau artériel qui contourne d'avant en arrière l'extrémité supérieure de son arc cartilagineux, où il est reçu dans un demi-canal, et se continue sous le cartilage des vertèbres du cou. Les cinq artères, de chaque côté, n'en forment bientôt que trois, puis se rassemblent sous ce cartilage en un seul tronc, qui est proprement l'aorte; mais avant de se réunir ainsi, elles fournissent des artères importantes au cou, à la tête, au cœur, etc. Nous avons décrit (Leç. du Cerveau) celles que la première paire de ces racines artérielles donne au cerveau et à la moelle épinière ; elles naissent, de chaque côté, par une seule branche que l'on pourrait appeler carotide commune. Cette ar- tère, après avoir donné un rameau principal qui pé- nètre dans le crâne, en fournit un autref qui se porte vers l'ouverture des évents; puis un troisième qui s'a- vance vers les narines, leur donne un ramuscule, se dirige en dehors , descend sur l'articulation des mâ- choires, passe sous cette articulation, et se perd dans les muscles qui l'entourent. D'autres rameaux, qui se distribuent aux évents et aux parties voisines, viennent plus profondément des mêmes artères. Enfin, elles fournissent déjà de leur partie inférieure, des rameaux qui vont au cœur et au pédicule artériel (les artères coronaires)-, aux muscles Sââ XX V^ LEÇON. SF.CT. III. RÉSERVOIRS DU SANG. des branchies, les analogues des bronchiques ; aux abais- seurs de la mâchoire inférieure, aux muscles de l'os carré, et même aux téguments de ces parties. Presque aussitôt que laorte est formée, il s'en dé- tache, de chaque côté, une grosse branche, c'est l'ana- logue de Vaxillaire, qui se porte directement en de- hors et pénètre dans la nageoire thoracique , dans laquelle elle se distribue. Cette branche fournit en ar- rière, peu après sa naissance, une petite artère qui va à Tovaire ou au testicule ; c'est la spermatique. Un peu plus en arrière, au moment où l'aorte parvient dans la cavité abdominale, elle donne l'artère cœliaque , dont les branches se distribuent particulièrement à la valvule spirale de l'intestin, au foie et à l'estomac. La première va, avec le canal cholédoque, gagner le commencement de l'intestin dans lequel elle pénètre très-près du pylore, pour se ramifier à l'infini dans savalvule spirale; quel- ques-uns de ses ramuscules vont au pancréas et au bord postérieur de l'estomac. La deuxième ou l'hépatique est une petite artère qui va se joindre au canal hépa- tique, qu'elle suit jusqu'à la base du foie, où elle s'in- troduit dané ce viscère. Parvenue au bord interne de Testomac, l'artère cœliaque se divise en deux branches : une inférieure, dont les ramifications vont de droite à gauche, sous la face inférieure de l'estomac, et se dé- tachent de cette branche à angle droit; l'autre, supé- rieure , qui se distribue à la face correspondante du même organe, et donne quelques petites ramifications au bord gauche de la rate. Yient ensuite l'artère mésentérique , qui passe à droite de la rate, lui envoie deux grosses branches qui s'y introduisent de ce côté, et fournit, de l'autre côté. ART. I. DES AKTÈRES. î?§3 des rameaux au pancréas; elle suit le bord droit du canal intestinal auquel elle se distribue. Ses rameaux principaux, au nombre de neuf à dix, s'en séparent à an^le droit, à peu près à éji;ale distance l'un de l'autre, et cerclent l'intestin en travers. Après avoir donné cette artère, l'aorte continue son chemin en arrière , reçue dès sa naissance dans un sillon creusé dans le milieu de la face inférieure des vertèbres dorsales et lombaires. Dans ce trajet, il s'en détache suc- cessivement plusieurs branches remarquables. Les deux premières vont au commencement de l'oviductus et lui fournissent un grand nombre de rameaux, parti- culièrement en dessus; mais, avant d'y arriver, cha- cune d'elles envoie une artère aux muscles de l'épine, analogue à la branche dorsale des intercostales, ou des lombaires des mammifères. Une troisième branche fournit encore des rameaux à la colonne vertébrale, en donne au commencement du rein , et va particuHère- ment à l'oviductus, La quatrième se rend exclusive- ment au rein ; à côté d'elle il en sort une petite lom- baire, qui se distribue aux parois du ventre, aux mus- cles de l'épine et à la colonne vertébrale. Trois autres artères, ayant la même destination, naissent plus en arrière de chaque côté de l'aorte. Enfm, il sort de cette artère une grosse branche qui fournit bientôt une artère rénale; celle-ci s'avance le long du rein et lui distribue ses rameaux, continue en- suite de se porter en dehors dans la partie la plus re- culée de l'abdomen, produit une artère analogue à l'é- pigastrique, et sort de cette cavité pour se consumer dans la nageoire de l'anus. A l'instant où l'aorte passe sous la queue, elle s'in- ââ4 XXV'-' LEÇON. SECT. III. rtÉSERVOIRS DU SANG. troduit dans un canal complet creusé dans la portion inférieure des vertèbres de cette partie, et se porte ainsi jusqu'à son extrémité, en fournissant à mesure des rameaux et des ramuscules a ses muscles et à ses car- tilages. Telle est la distribution générale des artères dans les raies. Dans les poissons osseux l'aorte n'est formée gé- néralement que de quatre racines de chaque côté, égales au nombre des branchies. Cette artère se trouve quelquefois tellement enfoncée dans le canal creusé sous le corps des vertèbres qu'elle y semble cachée : c'est ce qui a lieu dans Vesturgeon. Ses pa- rois y adhèrent par leur face externe de manière à ne pouvoir se contracter, et semblent y disparaître. D'autres fois la colonne vertébrale n'a point de canal pour recevoir cette artère, du moins jusqu'aux ver- tèbres de la queue, et l'aorte est simplement adhé- rente à la face inférieure de cette colonne. 11 en sort, de chaque côté, un nombre de branches proportionné aux intervalles intercostaux, dont la dis- tribution est parfaitement analogue à celle des inter- costales des mammifères; avec cette différence seule- ment qu'elles envoient des artères aux reins, avant de s'étendre sur les parois de l'abdomen. La splénique ne vient pas ordinairement de la mésen- térique, comme dans les raies; mais elle naît du tronc cœhaque, ou d'une artère qui donne d'abord des ra- meaux au commencement du canal alimentaire , puis au foie et à la rate, et se perd sur la dernière portion de ce canal. 11 y a généralement deux inésentérir/ues. L'antérieure se détache de l'aorte à peu près vers le> milieu du corps, ART. I. DES ARTKnES. Q§5 très-loin du tronc cœliaqiio ; elle s'avance, pendant un court espace, dans Tépaisseurdu mésentère, se partage en deux branches, dont lune se dirige en avant, et l'autre en arrière, parallèlement au canal intestinal, et lui envoie à mesure des rameaux qui forment des angles droits avec la branche dont ils proviennent. Ils ne se ramifient pas davantage jusqu'à l'intestin; arrivés à ce viscère, ils le contournent en serpentant, et les ramus- cules qui en naissent suivent en avant et en arrière la longueur de l'intestin. C'est dans la truite que nous avons observé plus particulièrement cette singulière distribution. La méseiitérique postérieure naît du tronc aortiqueà quelque distance de la première. Cette artère se dirige en arrière parallèlement à l'intestin, et se distribue à sa portion postérieure, sans que les ramuscules qui s'en détachent à angle aigu, aillent en serpentant. La même artère envoie des rameaux a la vessie, qui en reçoit^ outre cela, des intercostales postérieures. [On a observé, dans la classe des poissons, plusieurs- exemples de divisions simultanées des branches arté- rielles et veineuses correspondantes, en réseaux admi^ râbles^ c'est-à-dire en un grand nombre de r'.unuscuLes. Ceux qui sont artériels se réunissent ensuite en u?:i ou plusieurs troncs, avant de distribuer ?^ux or^'ax^es le sang qui doit les nourrir, ou se rendent immédiatonaent dans le système capillaire de ces or^^anes, après avoir eu entre eux un nombre variable /j'anastomose s. Nous en parlerons plus en détail en décrivant le système veineux dans cette classe. Disons seulement ici que, c'.ans «ne espèce de : rer/uin {carcharias vulpes Cuv.), l^, j^,,^^^.!^^. ^^3^^.^^. ^^ ^^ j^ ^fi XXV* LErON. SEf.t. TH. RÉSERVOIRS DU SANG. branche intestiaale qui se détachent du tronc cœlia- que, se divisent immédiatement en ramuscules extrê- Oiement fin&, très-nombreux, ayant entre eux quelques anastomoses. Le réseau de l'estomac a Tair plutôt d'un chevelu qui naît de rextrémité de la branche gastrique., au moment où elle touche le bord droit et antérieur de l'estomac; de sorte que cette branche se résout de suite dans ce chevelu, sans se prolonger le long de ce bord. Au contraire , le réseau ou le chevelu vascnlaire que produit la branche intestinale, n'en sort, en prenant une direction transversale et en cerclant l'intestin de ses nombreux ramuscules, qu'à mesure que cette bran- che longe le côté de cet intestin, d'avant en arrière. Les racines de la veine-porte commencent par un ré^è^i* analogue ( i ) . } ARTICLE IL DES VEINES SANGUINES, OU DES VAISSEAUX SANGUINS QUI RAMÈNENT LE SANG AU CtlEUR , OU DANS LE TRONC ARTÉRIEL PRINCIPAL. §1.7)^ la Structure et de la distribution des veines en général. Les veines rapportent au cœur le sang qu'elles ont reçu des extrémités artérielles; et, dans les animaux (1) Le-retibu. mirabUibvs, Anclor Adolphu^. Borth, Berolini, 1837, avec jjnCrpJanfhej ART. II. DES VEINES. g^ vertébrés qui ont un système lymphatique, l'humeur que les vaisseaux nombreux de ce système vont puiser dans toutes les parties. Dans ceux qui sont dépourvus de ce dernier système, les veines reçoivent immédiate- ment des intestins, le chyle qui s'j forme, et prennent dans toutes les autres parties du'corps les résidus de la nutrition. Ce sont des canaux analogues aux artères, dont ils diffèrent cependant à beauc oup d'égards. Leurs parois, généralement minces et demi-transpa- rentes, plus épaisses cependant proportionnément dans les petites veines que dans les grandes, s'affaissent lorsqu'on les coupe en travers; elles sont beaucoup plus extensibles que celles des artères, et les surpassent en densité. Elles ne sont point entourées, comme les ar- tères, de plexus nerveux, composés de filets nombreux et serrés ; mais le peu de nerfs qui semblent leur ap- partenir marchât, pour la très-grande partie, suivant leur longueur. Leurs vaisseaux sanguins sont aussi moins évidents, quoique l'inflammation qui les affecte quelquefois prouve bien leur existence. Outre la gaînecelluleuse qui les entoure dans la plu- part des organes ou des parties, on ne peut guère y compter que deux membranes distinctes, l'une externe et l'autre interne. Leur tunique externe a ses fibres entrelacées irrégu- lièrement, très-fines d'ailleurs, sans apparence tendi- neuse, et formant un tissu très-serré, comme celui de la membrane interne. En tirant fortement ces tuniques, nous avons vu ce tissu se développer dans l'une et l'autre , comme un feutre composé de longs filaments soyeux ; c'est sur les parois de la veine axillaire de ïélé- Î^â8 XXV' LEÇON. SECÏ. III. KÉSE F.VOIRS DU SANG. pliant que nous avons fait cette observation. La mem- brane externe des veines adhère intimement à Fin- terne. [Ce n'est guère que dans les gros troncs veineux, dans les veines-caves des grands mammifères , que se voient près du cœur, des fibres d'apparence musculeuse , extensibles, résistantes, seules traces d'une tunique moyenne que l'on puisse découvrir dans les parois des veines. ] Il n'est pas si fréquent de distinguer ces fibres sur les parois des veines-caves des oiseaux. Ce n'est guère que dans les grands oiseaux qu'on les observe. L'aw- truc/ie en a de très-nombreuses dans toute l'étendue de laveine-ca^e postérieure; elles disparaissent brusque- ment vis-à-vis des reins. La tunique interne est très-mince, très-extensible comme l'externe, lisse dans sa face libre, qui forme la paroi interne des veines, ayant, dans sa texture, beau- coup de rapports avec celle des membranes séreuses. C'est la plus importante des tuniques veineuses, puis- que les canaux veineux des os, les sinus veineux du cerveau, etc., en sont formés comme toutes les veines; tandis que la tunique externe est remplacée, dans les premiers, par la dure-inèro, et dans les os par le tissu de ces parties. La tunique interne forme, dans un grand nombre de veines, des replis semi-lunaires, fixés aux parois de celles-ci par leur bord convexe, ayant leur bord libre tourné vers le cœur. Ces replis servent de valvules, en s'appliquant aux parois des veines, pour laisser passer le sang qui va au cœur, et en se relevant, pour obstruer, en partie ou en totalité, leur canal, lorsque ce liquide ART. I[. DES VEINES. 2^9 prend une direction opposée. Les valvules achèvent de distinguer des artères, la plupart des veines. Toutes celles qui sont soumises à la pression des muscles en sont pourvues, cela devait être ainsi; sans ce moyen, le sang comprimé par ces derniers, n'aurait pas eu de direction plus déterminée d'un côté que d'un autre, et l'action des membres, au lieu d'accélérer la circula- tion, aurait pu la ralentir, ou du moins l'aurait trou- blée. Les valvules manquent au contraire dans les vei- nes de la plupart des viscères; dans tout le système de la veine-porte; dans les veines-caves, dans les veines de la vessie urinaire, de l'utérus, des reins, des capsu- les surrénales ; dans les sinus vertébraux , dans ceux du cerveau et dans ses veines ; l'azygos en manque quel- quefois, ou n'en a que fort peu, ainsi que les veines du cou et de la tête. Plus rapprochées dans les veines des extrémités inférieures et dans les petites veines, plus rares dans les grandes, rangées par paires dans celles-ci, ou , ce qui est rare , trois à trois , elles sont ordinaire- ment une à une dans les premières, et disparaissent même entièrement dans leurs plus petites ramifica- tions. Celles-ci ne diffèrent pas sensiblement de celles des artères avec lesquelles elles s'abouchent, et dont elles semblent être la continuation. Telle est l'unique ori- gine des veines. Elle a lieu dans toutes les parties du corps où elles reçoivent le sang des artères. De là les nombreux ramu seules veineux se rassemblent en ra- meaux plus grands, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'ils forment des branches, puis les principaux troncs, dont le nombre varie dans les différentes classes d'animaux comme celui des troncs artériels, mais qui •viennent 230 XXV* LEÇON. SECT. lli. RÉSERVOIRS DU SANG. toujours se terminer au cœur. Plus grosses, plus nom- breuses que les artères, s'anatomosant plus fréquem-^ ment^ formant même des anses à la manière des vais- seaux lymphatiques, et par-ci par-là des réseaux ou des plexus assez considérables , leur distribution est beaucoup moins régulière que celle des précédents vais- seaux, et moins comparable aux divisions d'un arbre. Elles n'augmentent pas aussi régulièrement que les artères diminuent, et il n'est pas rare de trouver que le diamètre d'une branche est plus grand que les diamè- tres réunis de deux rameaux. Les veines des viscères marchent rapprochées des artères ; celles des membres se divisent en superficielles et en profondes ; les pre- mières sont situées sous la peau^ tandis que les veines profondes sont placées plus profondément à côté des artères principales dont elles suivent la direction dans la plupart des cas. [Les sinus cérébraux, l'azygos, la veine ophthalmique sont séparés des artères, et font conséquemment excep- tion, comme les veines superficielles des membres, à cette association des artères et des veines princi- pales.] Cette description très-générale des veines se rapporte plus particulièrement à celle des animaux vertébrés, avec quelques restrictions cependant. Ainsi plusieurs mammifères, notamment le cheval, ont des valvules à l'origine des rameaux des veines mésentérique et hé- morrhoïdale; le cheval en a aussi dans les veines de la rate. On en voit dans les poumons du chien et de la brebis. Nous citons ces faits d'après ïïaller, n'ayant pas fait nous-mêmes des recherches à cet égard. [M. Mayer a trouvé de très-petites valvules daiis les A RI, 11. DKS VEINKS. ^1 veines puluionaires de riionune et du l3«3uf, c'tiVJ. Lautli dans celles du cheval (i). ] La distribution j;;énérale des branches et des rameaux veineux est très -analogue à celle des artères; avec cette différence que le nombre des premières, dans les extrémités, et celui des derniei^, dans toutes les par- ties, est beaucoup plus considérable. Quant à leurs troncs principaux, ils ne sont pas de même compara- bles il ceux des artères. § II. Des veines des mammifères^ et particulièrement des veines du corps. Cette première division comprend les veines qui se rendent dans le sinus droit, ou dans l'oreillette droite du cœur. A. Dans l'homme. Ce sont : i* les veines du cœur, dont la principale ou la grande veine coronaire, après avoir rampé sur la face supérieure du cœur, vient s'ouvrir dans la partie inférieure et postérieure de l'oreillette droite ; elle re- çoit la plupart des autres veines du cœur, même la veine moyenne, qui est logée dans le sillon de la face inférieure de ce viscère : cette dernière a quelquefois une embouchure distincte dans la même oreillette. D'autres rameaux plus petits, et dont le nombre est in- déterminé , ont de très-petits orifices dans cette cavité. 2^" et 3*. Deux autres troncs beaucoup plus considé- (1) Nouveau Manuel de l'ÀnatomisICy p. 57^." â3â XXV'^ LEÇON. SECT. III. RÉSERVOIRS DU SANG. rables, les leines-caves supérieure et inférieure ^ se ren- dent dans la même oreillette. La première veine rap- porte le sang de la tête et du cou , des extrémités su- périeures 5 des parois de la poitrine 'et le nourricier des poumons ; la seconde reçoit celui des viscères de Tab- domen , des parois de cette cavité et des extrémités in- férieures, c'est-à-dire de toutes les parties situées au- dessous du diaphragme. La veine-cave supérieure commence au niveau du car- tilage de la première côte, par la réunion des deux sous-clavières, et se termine à la partie supérieure de Toreillette droite. Les veines qui s'y jettent, soit médiatement, soit im- médiatement, sont : a) L'azygos, qui prend naissance dans le bas-ventre, de quelques rameaux de la veine-cave inférieure, de rémulgente droite et des lombaires, passe dans la poitrine avec l'aorte et le canal thoracique, reçoit successiveme.it les intercostales du côté droit, la bron- chiale droite, quelquefois l'intercostale supérieure ; la demi-acygos, dont l'origine est la même, rassemble une partie des mêmes veines du côté gauche, et se réunit plus tôt ou plus tard à la précédente. Formé de toutes ces racines , le tronc de Yazygos se joint à la veine- cave supérieure, immédiatement avant son entrée dans le péricarde. b) Les sous-clavières, qui commencent à la hauteur de la première côte , et se réunissent pour former la veine-cave, à l'endroit indiqué plus haut; ces deux veines ne reçoivent pas absolument les mêmes bran- ches. Ainsi l'axillaire gauche, la mammaire interne de ce côté, la vertébrale, la thyroïdienne inférieure et les AKT. II. DES VEINES. 233 jugulaires externes et internes viennent toutes aboutir dans la sous-clavière gauche; tandis que la mammaire interne droite , quelquefois l'intercostale supérieure , et même la thyroïdienne inférieure , se rendent im- médiatement dans la veine-cave supérieure ou , dans Tazygos. c) La jugulaire interne descend du trou déchiré postérieur, où elle reçoit le sang des sinus cérébraux, sur les côtés du cou, et réunit successivement une branche considérable de la jugulaire externe, la labiale, la pharyngienne et la linguale, qui s'y rendent par un tronc commun, et la thyroïdienne supérieure, toutes analogues , à l'exception de la première , aux artères du même nom. d) La jugulaire externe est formée des veines corres- pondantes aux artères que fournit la carotide externe, à l'exception de la méningée moyenne, qui n'a pas de V eines analogues , et des veines précédentes qui se ren- dent dans la jugulaire interne. La première s'étend de l'intérieur de la glande parotide à la veine sous-clavière, où elle se termine plus en dehors que la jugulaire in- terne. Ajoutons qu'elle reçoit des veines qui répondent aux artères cervicales. e) Les axillalreSj qui accompagnent les artères du même nom , et dont les sous-clavières sont propre- ment la continuation, versent dans celles-ci le sang des extrémités supérieures et une portion de celui qui revient des téguments et des muscles de la poitrine par les veines thoraôiques, scapulaire commune, circon- flexes , etc. , semblables aux artères du même nom , et par les veines brachiales. Celles-ci , au nombre de deux â34 XXV'^ LEÇON. SECT. ill, KÉSERVOïRS DU SANG, pourchaque membre, pîacéessur les côtésdeTartèrecoiv respondante, qui l'embrassent par des rameaux qu'elles s'envoient réciproquement, ont des divisions absolu- ment semblables à celles de cette artère qu'elles accom- pagnent partout. Les deux brachiales se réunissent vis-à-vis du tendon du grand pectoral en un seul tronc qui est l'origine de l'axillaire. Enfin, cette dernière veine reçoit le sang des extrémités supérieures par deux veines qui n'ont point d'artères analogues, la basilique et la céphaliqae , dont la distribution , assez variable, a lieu principalement à la superficie de l'a- vant-bras et de la main , et qui se jettent dans Taxil- laire près de son origine. 5°. La veine-cave inférieure formée par la réunion des deux iliaques primitives^ vis-à-vis de l'extrémité de l'aorte , s'élève à droite de celle-ci , traverse le bord postérieur du foie , puis la portion tendineuse du dia- phragme, parvient dans la poitrine, pénètre presque aussitôt dans le péricarde, et va se terminer à la partie inférieure de l'oreillette droite. Son diamètre est plus considérable que celui de la veine-cave supérieure ; elle reçoit successivement , dans le trajet que nous Al- lions d'indiquer, la sacrée moyenne; les lombaires; les spermatiques , dont la gauche cependant se jette plus souvent dans la rénale; les rénales ou émul- gentes , qui s'y rendent à angle droit ou à peu près; les capsulaires, qui aboutissent aussi quelquefois dans les rénales, particulièrement la gauche; les veines hépatiques, et les diaphragmatiques inférieures. Toutes ces veines ont une distribution analogue à celle des artères, à l'exception des spermatiques, que nous décrirons ailleurs, et des hépatiques, dont les racines Aur. II. ]>î:s vEiiMiîî. SJ5 correspondent plutôt aux rainilications de la veine- porte qu'à celles des artères hépatiques. Les iliaques primitives, dont la réunion forme la veine-cave inférieure , naissent de deux branches prin- cipales qui s'unissent vis-à-vis de la symphise sacro-ilia- que; ce sont les veines iliaques externes ^t internes, for* mées par des veines qui répondent aux artères du même nom; et de plus par les deux veines saplûnes qui se rendent dans la première, et sont aux extrémités infé- rieures ce que la basilique et la céphalique sont aux extrémités supérieures. B. Dans les autres maniinifères. 1 . Des troncs veineux principaux, en général. Les veines du corps ont la plus grande ressemblance, dans leur distribution principale, avec celles de l'hom- me. On pourrait même dire qu'elles Varient moins que les artères. Ainsi lorsque l'aorte abdominale, au heu de se diviser en iliaques primitives, ne fournit que les iha- ques externes en se bifurquant, tandis que les ihaques internes naissent d'un tronc commun, placé au centre de la bifurcation des deux premières, les veines n'ont pas une distribution semblable , mais se réunissent comme à l'ordinaire. a ) Pleine-cave antérieure. Au lieu d'une seule veine cave antérieure , quelques animaux en ont deux, une pour chaque côté, dont la droite a la situation et l'insertion ordinaire; tandis que la gauche gagne le siHon qui sépare la base du cœur 236 XXV* LEÇON. SEGT. III. RÉSERVOIRS DU SANG. de l'oreillette gauche, et le parcourt jusqu'à l'oreillette droite, dont elle perce la partie supérieure et gauche, de manière que son orifice se voit, dans cette oreillette, tout près de l'embouchure de celle-ci dans le ventricule. C'est ce que nous avons observé, entre autres, dans le vespertilion murln; dans leporc-épic et la plupart des rongeurs; dans Vélépliant; [c'est ce qui se voit dans Vornitliorhynque (i). Une particularité bien remarquable d'une des veines affluentes de la veine-cave antérieure, est celle que pré- sente, dans plusieurs mammifères, la jugulaire externe. Elle y reçoit une bonne partie du sang du cerveau par le canal temporal (2), dans lequel se dirige le rameau antérieur du sinus transverse ; etce n'est que la moindre partie du sang du cerveau, qui s'écoule^par le trou jugu- laire; la veine vertébrale qui se joint aussi à la veine jugulaire externe, en recevant de même une bonne part. Cette disposition des veines cérébrales existe dans tous les animaux hybernants (3) ; mais il faut se hâter d'ajouter que beaucoup d'autres mammifères rongeurs (les rats); èdentés ; ruminants; pacliydcrmes [\t cheval); carnassiers , qui ne s'engourdissent pas , l'ont égale- ment. Elle paraît tenir plus essentiellement à la situa- tion et à la direction de la tête. C'est donc une diffé- rence entre l'iiomme et les mammifères, liée plutôt à (1) Suivant Mt'cAe/, op. cit., p. 328. (2) C'est une communication formant un trou , une fente ou un canal situé entre le rocher et le temporal, proprement dit, ou percé entièrement dans ce der- nier os au-dessus de l'oreille. Mémoire sur les vaisseaux cèphaliques de quelques animaux qui s' engourdisscnl pendant l'hiver ; par M. OHo, Annales des sciences natur., t. ii, p. 73.— (3) Ibid, p. 105. ART. II. DES VEINl-S. ^1)7 la stalion sur quatre pieds, pro])re à ces derniers, quïi la eause qui force certains mammifères de s'engourdir par le froid de l'hiver. ] b ) De la veine-cave postérieure, [Nous décrirons ici les particularités qu'elle présente dans les mammifères plongeurs. ] Ld. veine-cave postérieure oiire dans le phoque une struc- ture d'autant plus remarquable, qu'elle paraît tenir à la faculté de plon<;er que possède cet animal à un haut degré. Cette veine est d'un volume ordinaire avant de passer derrière le foie; mais, lorsqu'elle est parvenue à cet endroit, elle forme un sinus volumineux dans lequel viennent se décharger cinq grosses veines hépatiques, et qui s'étend jusqu'au diaphragiue; au-delà de cette cloison, c'est-à-dire dans la poitrine, la même veine n'a pas un développement extraordinaire. [Le grand sinus hépatique de la veine-cave, dont nous avons signalé le rapport physiologique dans les phoques, que nous avons encore décrit dans les plon- geons (i), parmi les oiseaux, a été observé dans tous les mammifères qui vont fréquemment à l'eau; mais dans aucun il n'a la capacité proportionnelle que nous venons d'indiquer. Il commence dans la loutre, lorsque la veine-cave inférieure traverse le lobule droit, puis le lobe droit du foie, et se termine, à l'instant du passage de cette veine à travers le diaphragme. jNous avons vu une dilatation analogue dans la veine- Ci) PremiL're édit., t. iv, p. 274. â38 XXV' LEÇON. SECT. HT. RÉSERVOIRS DU SANG. cave hépatique du desman des Pyrénées^ déjà signalée par Pallas dans le desman de Russie ; elle existe encore dans le rat-d'eau et le castor, et même dans Vorni-' tliorhynque (i). ] c) De l'azygos ou du tronc veineux intermédiaire entre les deux veines-caves antérieure et postérieure. L'insertion de Vazygos , l'existence d'une azygos du côté gauche sont assez variables ; mais on sait que les mêmes circonstances varient dans l'homme. Elles ne méritent pas conséquemment de nous arrêter. 2°. Caractères distinctifs du système veineux des Cétacés^ et particulièrement des plexus des veines afjluentes dans les veines-caves, [Dans les cétacés, le système veineux présente géné- ralement un développement proportionnel encore plus considérable que le système artériel , et l'on y voit cet arrangement en réseau, ou en plexus, mais d'une ma- nière encore plus marquée, que nous avons déjà fait connaître dans ce dernier système. Les veines du dauphin et du marsouin (2) , à Texcep- tion des troncs principaux, montrent partout, au lieu de simples ramifications, de fréquentes anastomoses entre leurs branches, leurs rameaux et leurs ramuscules, qui forment ainsi de nombreux réseaux. (1) Mcchcly op. cit. (2) Sur U Système vasculairc du tnarsouin ; par M. le D' K. E. de Baer, mai 1834. Nova acla Physicc-medlca^ Acad. c. i. nat. Cur^ t. xvii, part, i, p. 395, et pi. xxïx, 1835. Ce mémoire est Irts-remarquable, non-seulement pour la partie analomique, mais encore pour les corollaires de physiologie générale. AT\T. IT. DES VEINES. ,^J9 Elles paraissent manquer do vahiiles, et kiirs parois sont plus épaisses qu'à l'ordinaire, au contraire de celles des artères, qui sont plus minces (i). Les réseaux veineux ne répondent pas toujours à des réseaux artériels analoi;ues; les plus considérables n'en ont pas de correspondants parmi ces derniers. Les fréquentes anastomoses dont nous avons déjà parlé , font que les principales parties du système vei- neux , la veine-cave antérieure , la veine-cave posté- rieure, la veine pulmonaire, la veine-porte, ont entre elles de plus fréquentes communications qu*à rordl- naire. Celles entre les veines-caves antérieure et postérieure sont établies principalement par le moyen des sinus vertébraux (2). Ce sont deux longs sinus placés sous la moelle épinière, dans le canal vertébral, qui s'ouvrent en arrière dans la veine-cave postérieure. En avant ils se réunissent en un seul, dont le diamètre est le double de celui de la moelle, et qui forme, en très-grande par- tie, le tronc extrêmement gros d'une très-courte azy- gos. Ce trono est encore composé, mais pour une plus faible partie, des plexus veineux intercostaux de chaque côté. Un autre caractère du système veineux des cétacés est le peu de développement, le petit diamètre pro- portionnel des artères et des veines qui vont à la couche de graisse sous-cutanée et à la peau. Cette couche épaisse de lard, et la nature même de la peau, rendant (i> IWd. , p. 397.~(2) Ibid. , p. 407. ^40 XXV* LEÇON. SECT. III. RÉSERVOIRS DU SANG. celle-ci iaipropre à l'espèce de respiration et aux fonc- tions d'absorption et d'exhalation dont elle est suscep- tible dans les mammifères chez lesquels son système sanguin est plus développé , expliquent la petite pro- portion du système sanguin cutané dans les céta- cés. Les veines de la tête composent généralement des plexus très-compliqués ; elles ne se réunissent que fort tard en branches principales , pour affluer dans les deux jugulaires. Les plus remarquables de ces plexus sont le plexus qui entoure l'évent et celui qui répond à la mâchoire inférieure. Les veines de la queue forment un réseau qui se voit, avec le réseau de l'artère caudale, dans le canal que forment les apophyses épineuses infé- rieures. C'est le plexus veineux caudal j qui se jette en grande partie dans la branche droite de la veine- cave postérieure. Cette veine est encore l'aboutis- sant du plexus du rectum, remarquable en ce qu'il met la veine-cave en communication avec la veine- porte. La région lombaire est occupée par trois autres plexus considérables, de chaque côté, l'un superfi- ciel (i), compris dans le péritoine de cette partie ; l'autre moyen, étendu sur le psoas (2) ; le troisième, recouvert par ce muscle , est situé sous les apophyses transverses des vertèbres lombaires. Ces nombreux plexus servent, non -seulement à contenir la grande quantité de sang que possèdent les cétacés, mais encore à facihter son mouvement d'un côté, lorsqu'il serait empêché d'un autre côté; tel doit (1) Ibid., pi. XXIX, L. Pour le plexus péritonéal gauche. — (2) Ibjd. , k, k. ART. IT. DES VEINES. â4t être l'offet des nombreuses eoinmunications qu'ils éta- blissent entre toutes les parties du système vascu- laire.] § III. Des veines pulmonaires^ ou des veines qui se rendent dans le sinus de ce nom. A. Dans l' homme. • Ces veines sont, après leur sortie des poumons, au nombre de quatre , deux de chaque côté , une supé- rieure qui descend vers l'oreillette gauche au-devant de la branche artérielle correspondante, Tautre inférieure, qui s'élève à la rencontre de la même oreillette ; celles du côté droit ont un chemin plus long à parcourir pour y arriver que celles du côté gauche. Toutes quatre se réunissent à la partie supérieure de cette cavité. Leur diamètre n'excède pas celui des artères pulmonaires. B. Dans les Mammifères. Les veines pulmonaires ne varient que par le nombre des racines qui les forment, nombre qui est en rapport avec celui des lobes de chaque poumon. § IV. Veilles des Oiseaux, A. Des veines du corps. Nous avons peu de chose à dire sur les veines du corps. Les fémorales n'entrent point dans le bassin par l'échancrure ischiatique, et n'accompagnent pas con- séquemment les artères de ce nom ; elles suivent le même chemin que dans les mammifères, celui de l'ar- cade crurale. Arrivées dans le bassin^ elles se -réunis- 6. 16 2iâ XXV' LEÇON. DU FLUIDE NOURRICIER, ETC. sent aux èmulgentes, qui ont rassemblé elles-mêmes les veines du coccyx et de Tintérieur de cette cavité. Les deux troncs qui en résultent, de chaque côté, se confondent en un seul, vis-à-vi6 de la portion la plus avancée des reins. [C'est là l'origine de la veine-cave pos- térieure. Elle reçoit immédiatement les veines génitales ouspermatiqueschezlemâle, et celles de l'ovaire dans la femelle.] De là cette veine traverse le lobe droit du foie, reçoit les veines hépatiques qui appartiennent à ce lobe, rencontre, aussitôt qu'elle l'a dépassé, le tronc com- mun des veines hépatiques du lobe gauche, et se ter- mine dans le sinus commun des veines du corps; c'est du moins ce qui a lieu le plus ordinairement. Mais, dans Yautruche^ toutes les veines hépatiques se rendent dans la veine-cave lorsqu'elle est encore entourée de la sub- stance du foie. Dans les plongeons^ ce n'est qu'après être sortie de ce viscère qu'elle reçoit les deux principales veines hépatiques, une pour chaque lobe, quoique plu- sieurs de ces veines moins considérables s'y rendent lorsqu'elle en est encore entourée. Cette veine a d'ailleurs, dans ces derniers oiseaux, un diamètre très-considérable dans toute la portion qui est dans le foie, et forme une espèce de réservoir analogue à celui que nous avons décrit dans le phoque. [Quoique la description précédente comprenne les circonstances principales concernant l'origine de la veine-cave inférieure, et la désignation des rameaux et des branches qui s'y rendent , nous chercherons à compléter l'idée qu'on doit se faire de cet arbre vei- neux , en le décrivant très-succinctement dans le coq. La veine-cave inférieure semble avoir sa première origine , dans le tronc , par deux veines caudales ART. II. DES VEINES. â43 qui s'avancent , rapprochées Tune de l'autre , de rextrémité du coccyx dans le bassin. Chacune de ces deux veines se joint à une liypo gastrique du même côté, qui réunit les rameaux veineux du cloa- que , des parois du bassin et des canaux déférents. Les deux troncs qui résultent de la réunion des coccy- giennes aux hypogastriqucs, communiquent par une courte branche transversale. Ils continuent ensuite de s'avancer vers chaque rein, en recevant à mesure des rameaux qui sortent des troncs intervertébraux; enfin ils semblent aboutir dans les deux branches de la mé" scnlérique postérieure. Celle-ci reçoitle sang du rectum par une arcade postérieure ; mais elle naît aussi d'une arcade antérieure qui joint ses rameaux àceux delà mésentérique antérieure qui appartiennent à la veine-porte. Le tronc composé de ces ramifications se bifurque en s'appro- chant de l'extrémité postérieure des reins, et reçoit, comme nous venons de le dire, les veines du bassin. Chacune des branches de cette bifurcation %avance au- dessus du rein, plus près de son bord interne que de Texterne; beaucoup de rameaux vertébraux viennent s'y joindre. De son côté , cette veine pénètre dans la substance du rein, reçoit à mesure de petites ré- nales, l'ischiatique, et se réunit enfin à la crurale. La veine qui en résulte définitivement , de chaque côté, reçoit une branche formée par les rénales anté- rieures, et plusieurs vertébrales. Ce sont ces deux troncs qui se confondent dans la ligne médiane pour composer la veine- cave inférieure, ainsi que nous l'avons dit dans notre description générale. Dans cette description , et dans celle plus particu- lière que nous venons de faire, nous n'avons pas dési- 244 XXV' LEÇON. SECT. III. RÉSEUVOIRS Dlî SANG. gné comme veines afférentes pour le rein, les rameaux qui viennent aboutir à la branche veineuse qui pénètre dans la substance de cet organe. Nos propres observations nous déterminent à nou^ranger de l'avis de M. Cuvler ( i ) et de Meckel, qui n'admettent pas, comme M. Jacobson (a), de veine-porte pour les reins des oiseaux (3). ] Il y a deux veines-caves supérieures qui rassemblent chacune les veines de leur côté ; la gauche s'ouvre dans le sinus, tout près de son embouchure dans le ventri- cule , tandis que la droite a son orifice situé comme celui de la veine-cave supérieure des mammifères. B. Des veines pulmonaires. Les pulmonaires n'offrent rien de particulier ; leur diamètre est à peu près égal à celui des artères. [Meckel a vu dans les veines pulmonaires de Vau- truclie et du casoar, aux points de jonction des ra- meaux, 4ps replis valvulaires sinjples très-pronon- cés (4).] § V. freines des Reptiles. [Leurs parois sont extrêmement minces ; elles ne montrent des fibres que dans les gros troncs des rep- tiles de la plus grande taille. (1) Hist. nat, des Poissons, t. i, p. 516. (2) Système d'anal, comp,^ t. V, p. 28/»} 6dit. allemande. Des replis saillants servant de valvules, qui se voient entre les principales divisions de ces veines, y dirigent évidemment le san[ç vers le cœur. Vaulruelic^ le cascar, Voutardc^ie eygnc, ont de semblables replis. (3) Dû systcmaic vcnoso peculiari, etc., Hafnio?; 1821. (4) Op. cit., p, 283 du t. v. AUX. II. DES VEINES. 245 Celles des c/iéloniens et des crocodillens sont pourvues de quelques valvules. On n'a pas encore constaté l'exis- tence de celles-ci dans les veines des ophidiens; aussi avons-nous observé qu'elles s'injectaient facilement dans tous les sens. Comme dans les autres classes des vertébrés, les veines des reptiles sont plus nombreuses que les artères. Leurs anastomoses sont plus fré- quentes ; elles font, de l'ensemble du système veineux, un réseau plutôt qu'un arbre. La circulation des rep- tiles n'étant pas circonscrite dans une seule direction, bien déterminée, à travers les poumons, comme dans les mammifères et les oiseaux, le système veineux ne se trouve jamais surchargé de sang, ainsi que cela peut avoir lieu dans ces deux dernières classes, lorsque la respiration est suspendue. Les veines, par ce motif sans doute, nous ont paru généralement moins grandes, relativement aux artères , que dans les deux classes de vertébrés à circulation double. On n'y trouve pas non plus ces réservoirs que nous avons décrits dans les troncs veineux des mammifères et des oiseaux plongeurs , et dont nous retrouverons des exemples dans les poissons, dont la circulation se fait par une seule voie, à travers les branchies. ] A. Des veines du corps. 1. Dans 1rs C/wlotiiens, Les chéloniens ont deux veines-caves postérieures qui traversent le foie de chaque côté, et reçoivent à mesure une foule de petites veines hépatiques. Immédiatement après être sorties du foie, elles sont jointes chacune par une veine-cave antérieure du même côté, ou par le §46 XXV' LEÇON. SECT. lïl. RESERVOIRS DU SANG. tronc commun de la jugulaire et de la sous-clavière,et s'ouvrent toutes dans une espèce de réservoir qui com- munique dans l'oreillette droite par une embouchure en forme de fente bordée de deux valvules. [Cette description extrêmement succincte, à laquelle nous avions cru devoir nous borner, a besoin à la fois de rectifications et de développements. Les deux veines que nous avi(5ns déterminées comme des veines-caves postérieures , sont les veines ombilicales de Bojanus, les analogues de Y abdominale unique ou médiane des batraciens, lesquelles confluent en se re- pliant à la rencontre l'une de l'autre, et en prenant une direction transversale, dans l'isthme moyen qui réunit les lobes latéraux du foie. C'est dans ce tronc unique, transversal, auquel aboutissent les deux veines abdominales, qui n'en sont proprement que des bran- ches, que viennent se rendre, d'autres parts, les veines des organes de chylification, qui composent essentiel- lement la veine-porte dans les mammifères. ÎNous y re- viendrons à l'article de cette veine. Les veines abdominales communiquent, par un ra- meau pectoral, avec une intercostale, et, par elle, avec un rameau cervical de la jugulaire (i). Chaque veine abdominale a de plus une anastomose en arrière, avec l'intercostale commune inférieure ; elle est d'ailleurs la continuation de Viliaque, qui reçoit le sang de la fémorale, de l'iliaque circonflexe, de l'ischia- tique, de la caudale, de l'iiypogastrique , des rénales, par l'extrémité descendante du tronc de l'azygos. Celle- ci, après s'être anastomosée, en avant de la poitrine. (1) Bojanus, op. cit., f. 124, k**, k**. ART. II. DES VEINES. 2^7 avec un rameau cervical de la jugulaire, paraît conduire le sang d'avant en arrière, si l'on en juge par l'augmen- tation successive de son calibre, à mesure qu'elle reçoit les veines intercostales, les musculaires du dos, et des rameaux des vertébrales. Son tronc, en descendant vers le rein, s'anastomose avec une veine génitale, et se joint à riiypogastrique pour constituer l'iliaque (i). Voilà donc un arrangement, une distribution du système veineux, de celui principalement de la queue, des ex- trémités postérieures et du tronc , qui détermine la direction du sang vers le foie, et qui fait de cette veine abdominale, et de son ample système, relativement au foie , ce que l'artère pulmonaire est pour les pou- mons. Une veine génitale que nous avons dit s'anastomo- ser avec le tronc descendant de l'azygos (2), se porte aussi vers le foie; mais elle traverse son lobe droit, à la manière d'une veine-cave, reçoit à mesure beaucoup de petites veines hépatiques, et se termine immédiate- ment, en sortant du foie, dans le sinus commun des veines du corps. C'est dans ce sinus que viennent abou- tir directement les principaux rameaux hépatiques de l'isthme du foie et de son lobe gauche (5).] 2. Daris les Sauriens. Dans les sauriens et les opliidiens^ il n'y a qu'une veine-cave postérieure et deux antérieures, dont celle (l)Ibi(l., op. cit. s. Voir d'ailleurs pour nntelligence'de ceUe description tous les détails de cette lig. 124 et ceux des fi}?. 127 et 128, tabl. xxv. (2) Bojaniisy op. cit., fig. 124, o-z et zl; et fig. 128, z« et z^. (3) ïbid., y, y, y. * M^ XXV" LEÇON. SECT. III. RÉSERVOIRS DU SANG. du côté gauche passe au-dessus du cœur, de gauche à droite, et se rend dans le réservok commun, à côté de la veine-cave postérieure. Ce réservoir analogue à celui observé dans les chéloniens , a de même son entrée dans Toreille droite, en forme de fente, et bordée de deux valvules. [La veine-cave postérieure ne commence, dans l'un et l'autre de ces ordres, qu'au-delà des reins par la réunion des deux veines réjiales internes (les rénales efférentes de Jacobsofi), Nous verrons, en décrivant la veine-porte de ces ani- maux, qu'une partie du sang des extrémités posté- rieures , de la queue et des parois abdominales , dans les sauriens , ou de la queue et des parois abdominales dans les ophidiens , peut être détournée dans cette veine pour la sécrétion de la bile. Celui de la queue dans les ophidiens^ de l'hypogas- trique et d'une branche de la fémorale dans les sau- riens , n'arriverait dans la veine-cave , suivant M. Ja- cobson , qu'après avoir parcouru d'arrière en avant les rénales externes , qui se comporteraient à l'égard des reins comme une veine -porte, en s'y ramifiant à la manière des artères. a) Système veineux des Crocodiliens, Le système veineux des crocodiliens nous semble s'écarter, à plusieurs égards, de cette description gé- nérale. Les deux veines-caves antérieures ne sont propre- ment que la continuation des jugulaires , auxquelles viennent se joindre premièrement l'axillaire, ou plutôt AKT. II. DES VEINES. 949 sa suite, la soiis-clavicre, et, après un court intervalle, Tazygos du n^fine côté. Les jugulaires commencent ù se rencontrer sur les côtés du cou , immédiatement en arrière des mâ- choires (i). Elles prennent leur origine dans un plexus occipital auquel se réunit un plexus spinal (2). ] La veine-cave postérieure est formée par la continua- tion médiane de la veine caudale. Elle est déjà consi- dérable à la hauteur de la partie postérieure des reins, et elle reçoit successivement de ces organes, avant d'avoir atteint les testicules, trois veines rénales. Une autre veine rénale, qui sort de Textrémité pos- térieure des reins, se porte directement en arrière à la rencontre d'une'continuation latérale de la caudale, qui devient abdominale et pourrait passer l'analogue de l'abdominale des batraciens. La veine-cave postérieure s'avance au-delà des testi- cules, gagne le lobe droit du foie, reçoit les veines hé- patiques de ce lobe , puis un tronc qui réunit les hépa- tiques du lobe gauche et de l'isthme du foie , et pénètre immédiatement dans le péricarde et dans l'oreillette droite, où elle se termine (5). b) Dans les Sauriens ordinaires. Les veines des parties antérieures ne se réunissent pas toujours en deux troncs distincts que l'on pourrait (1) Planche inédite de M. Cuvier, pour le caïman à lunettes. (2) M. Panizxa, op. cit., pour le caïman à museau de brochet* (3) PanizzOf op. cit., t. iv, f, l et 3. 250 XXV*" LEÇON. DU FLUIDE NOURRICIER, ETC. considérer comme deux veiiies-caves. J'ai vu dans 1<; lézard vert la jugulaire interne se termii^r immédiate- ment dans l'oreillette droite, entre deux autres troncs fort courts formés par la réunion de la jugulaire in- terne et de l'axillaire de chaque côté. La veine-cave postérieure semble particulièrement composée de la réunion des rénales antérieures et des veines génitales. Une veine abdominale de chaque côté, qui se rend dans le foie et se termine au tronc de la veine-porte, reçoit des veines des extrémités posté- rieures et de la caudale, des vésicales, des rénales pos- térieures, une partie de leur sang, comme dans le cas précédent.] 5. Veines du corps dans les Ophidiens. Les veines-caves antérieures des opkidiens ne sont proprement que àe^ jugulaires. Ils ont, outre cela, deux azygosj, une qui rassemble les intercostales en avant du cœur, et l'autre en arrière. Ces deux veines se joi- gnent à l'oreillette droite, à côté de la jugulaire du môme nom. 11 semble que leur présence est devenue néces- saire par la situation des veines-caves, assez loin de la colonne vertébrale, et plus inférieurement. [La veine-cave postérieure est formée essentiellement par les rénales internes (les rénales effé rentes de Jacob- son). En effet, on voit naître à l'extrémité postérieure de chaque rein, du côté interne, un rameau veineux principal, qui grossit à mesure qu'il se porte en avant vers l'extrémité opposée de cet organe, en suivant son bord interne. Il reçoit successivement les rameaux qui sortent de la substance de chaque lobe du rein, où l'on AUT. II. DES VEJxMlS. 251 peut facilement suivre les nombreux ramusculcs qu'ils rassemblent. Immédiatement au-delà du rein le plus avancé, qui est le droit, la rénale interne de ce côte s'unit à la rénale interne gauche, reçoit avant de s'u- nir à sa symétrique , des intercostales considé- li'ables. JNous ne pouvons décrire qu'ici deux autres veines prénales, les rénaies externes qui se distribueraient dans es reins à la manière des artères , suivant M. Jacob- on^ au lieu d'y naître comme les précédentes. Elles ont, dans cette opinion, une continuation des cau- dales , et elles se ramifient dans chaque rein en lon- geant la face externe de ces organes. Les caudale!^, en effet, rapportent le sang de la queue et des organes d'accouplement dans les mâles, dépas- sent l'anus, pénètrent dans la cavité abdominale, re- çoivent le sang des vertébrales correspondantes , et s'avancent vers les reins pour se confondre avec les rénales externes. Mais on peut aussi décrire celles-ci comme des veines rénales efférentes, dans lesquelles le sang aurait sa direction d'avant en arrière. Dans cette seconde supposition, elles naîtraient, par un faible rameau, à l'extrémité antérieure de chaque rein ; ce rameau grossirait en se portant en arrière le long de la face externe et supérieure de ces organes, en recevant les rameaux des lobes successifs dont ils se composent, et que chaque rénale traverserait dans sa marche rétrograde. Si le tronc des rénales externes semble se confondre, d'un côté, avec les caudales; de l'autre il paraît se con- tinuer avec deux branches qui se réunissent bientôt en un seul tronc ; ce dernier suit la directioji du gros â5â XXV* LEÇON, SECT. III. RÉSERVOIRS DU &ANG. intestin, et forme l'origine de la veine mésentérique, qui est proprement ici la veine-porte (i). Ainsi, d'après cette vue, le sang des reins se parta- gerait dans deux directions contraires en sortant de ces organes, circulant d'arrière en avant par les rénales internes j il irait directement au cœur à travers les veines- caves postérieures. Se mouvant au contraire d'avant en arrière, par les rénales externes ^ il serait dirigé, avec celui de la queue et des organes externes de la géné- ration, dans le système de la veine-porte hépatique. En considérant les rénales externes comme afférentes, comme formant une veine-porte rénale, il faudrait tou- jours supposer que le sang peut avoir un flux ou un reflux vers l'un ou l'autre système porte, vers les reins ou vers le foie, par les deux veines communiquantes, origines de la mésentérique postérieure ou de la veine- porte. Les injections au mercure pénètrent facilement de l'une des rénales dans les trois autres, en remplissant, il est vrai, tout le système veineux abdominal , y com- pris celui de la veine-porte. Mais on n'aperçoit pas de communication directe entre les ramuscules d'une ré- nale externe avec ceux de la rénale interne du même côté et réciproquement. Cette séparation apparente serait-elle en faveur de l'opinion que l'une des deux est afférente et l'autre efférente?. Il faudra pour éclair- cir ce sujet intéressant de nouvelles expériences sur les animaux vivants.] (1) Voir rarlide suivant. ART. II. DES VEINES. 353 4. Dans les Batraciens, Dans les Batraciens^ les veines ont une distribution très-comparable à celle des artères, ce qui vient de ce qu elles se rendent toutes dans une seule oreillette (i), de même que celles-ci naissent toutes d*un seul ven- tricule. Il y a deux veines-caves antérieures , qui reçoi- vent le sang de la tête, du cœur, des extrémités anté- rieures et des veines analogues aux mammaires ex- ternes, qui sont très-considérables , et s'étendent sous la peau jusqu'aux aines ; et une veine-cave postérieure qui rassemble les veines des autres parties. [Plusieurs particularités sont à noter dans la cir- conscription et la distribution du système de la veine- cave postérieure et dans les rapports avec celui de la veine-porte. La veine-cave postérieure i>;^ît, comme dans les ophidiens, etc., des deux veines rénales in- ternes ou antérieures (les rénales ejférentes deJacobson), Elles commencent à l'extrémité interne de cha- que rein, par un rameau principal qui s'avance dans cette position, en augmentant peu à peu de dia- mètre, à mesure qu'il reçoit les ramuscules qui sortent de la substanc^e des reins. Les deux rénales internes s'envoient, dans leur trajet, des veines anastomotiques, et se confondent au-devant des reins pour former un tronc unique ; c'est le commencement de la veine-cave postérieure. Il y a aussi deux rénales externes (les afférentes de (1) Nous verrons, à Tarlicle du cœur, que cette oreillette a cependant un ru- diment de cloison , qui indiquerait deux cavités confondues extôrieuremenl en une seuje* â54 XXV*^ LEÇON. SECT. III. RESERVOIRS DU SANG. Jacobson) qui naissent de lextrémité antérieure des reins du côté externe, comme les internes naissent en arrière du côté opposé ; elles se portent en sens in - verse, c'est-à-dire d'avant en arrière, reçoivent de même des ramuscules de Tintérieur des reins, rencontrent en arrière les caudales, et aboutissent ensemble dans une veine qui se jette dans la crurale, à Tendroit où elle se continue pour former une des deux racines de l'abdo- minale. Celle-ci est une veine impaire très-remarquable, qui naît de chaque crurale, lesquelles se portent en bas, vers la ligne médiane abdominale, s'y réunissent en un seul tronc, qui s'avance entre le péritoine et les muscles abdominaux jusqu'à la rencontre du foie, aux deux lobes duquel il fournit une branche en se bifurquant avant d'y pénétrer; ces branches de la veine abdomi- nale s'anastomosent avec celles de la veine-porte et se divisent avec elles dans les lobes du foie à la manière des artères. Cette description suppose que le sang d'une partie des reins est versé immédiatement dans la veine-cave, par les rénales internes ou efférentes ; que celui de l'autre partie (des rénales externes afférentes de Jacobson), mé- langé avec le sang qui revient du bassin, des petites veines caudales et des extrémités postérieures , coule dans la veine-porte hépatique , par la veine abdominale médiane. Une autre manière d'envisager la marche du sang dans les reins, est celle qui considère les rénales externes comme une continuation des caudale et hypogastrique , recevant aussi une partie du sang des ART. II. DES VEINES. !3S5 extrémités postérieures par une branche de la crurale, et le distribuant aux reins comme une veine-porte ; tandis que la rénale interne serait la seule veine effé- rente de ces organes. Des expériences ultérieures sur la marche du sang dans ces vaisseaux, sont nécessaires pour confirmer ou infirmer la manière trés-ingénieuse dont M. Jacobsoîiacnyisagé cette distribution des veines rénales et abdominales. Nous avons déjà fait cette ré- flexion, après avoir décrit le même système veineux dans les ophidiens; et quoique nous ayons vu les veines afférentes se vider entre les reins et la ligature et les ramuscules des reins pâlir, dans des expériences que nous avons tentées sur des grenouilles vivantes , nous n'avons pas encore assez répété ces expériences pour nous décider absolument en faveur de cette opinion. Autant que j'ai pu comprendre la description des yeines. du pipa, publiée par M. C Mayer ^ ce savant adopte entièrement La manière de voir de M.Jacobsoii, et pense que non-seulement le sang veineux de cet ani- mal, qui revient des extrémités postérieures, mais en- core une partie de celui des veines splénique et mésen- téric/ue^ peut se diriger vers les reins ou le foie, par l'intermédiaire de la veine médiane abdominale , pour servir alternativement à la sécrétion de l'urine ou de la bile. La description des veines du pipa , que donne M. C. Mayer, ne mentionne pas que leur distribution soit essentiellement différente de celle observée dans les grenouilles et les crapi^ids de notre pays. Il sera possible de s'assurer, par des expériences, si ces expli- cations sur la vie de sécrétion de ces animaux sont fon- dées; s'il y a, en effet, un rapport aussi remarquable entre la sécrétion de la bile et celle de l'urine; si, en â56 XXV' LEÇON. SECT. III. RÉSERVOIRS DU SANG. un mot, les deux sécrétions peuvent, jusqu'à un cer- tain point, se suppléer Tune l'autre. La veine-cave postérieure du pipa, formée par les rénales efférentes internes et les veines génitales, réu- nit une petite veine hépatique du lobe moyen, l'hépa- tique droite , la veine-cave supérieure du même côté , et se termine dans l'oreillette. Elle est encore l'aboutissant d'un autre tronc prin- cipal, moins considérable, dans lequel viennent confluer la veine- cave supérieure gauche et la veine hépatique gauche. Le tronc des veines pulmonaires pénètre dans la même oreillette entre les deux embouchures précédentes (i).] B. Des veines pulmonaires, i". Dans les Chéloniens, les pulmonaires, réunies en un seul tronc, se rendent dans un réservoir analogue, qui s'ouvre dans l'oreillette gauche, et dont l'embou- chure dans cette oreillette est bordée d'une valvule charnue en forme de croissant. 2°, Dans les Sauriens, les pulmonaires sont sem- blables à celles des chéloniens. 5\ Dans les Ophidiens, il n'y en a qu'une, qui se rend de même dans l'oreillette gauche. Son volume excède celui de l'artère , ce qui ne nous a pas semblé exister dans les autres reptiles. [4°. Dans les Batraciens, à l'état parfait, les veines pulmonaires se rendent sépatément des veines du corps dans l'oreillette gauche; mais nous verrons, en décri- (1) M, C, àlayer, op. cit. ART. II. DES VEINES. 257 vaut leur cœur, que le mélange du sang a lieu immé- diatement dans le ventricule unique de ces reptiles.] § VI. Veines des Poissons. On ne doit appeler ainsi, dans les poissons y que les vaisseaux qui rapportent le sang au cœur de toutes les parties du corps ; et c'est improprement que Ton a donné ce nom aux vaisseaux artériels qui conduisent le sang des branchies dans l'aorte ; ces vaisseaux ont même des parois plus épaisses proportionnellement que cette der- nière artère. Toutes les veines proprement dites ont des parois extrêmement minces et délicates , et diffèrent beau- coup, à cet égard, du gros vaisseau dorsal ou de l'aorte, qui les a plus épaisses , mais moins, à la vérité, que la plupart des artères du même calibre dans les autres animaux vertébrés. Cinq veines principales rapportent au cœur le sang de toutes les parties : r la veine-cave postérieure, située à côté de l'aorte dans la plus grande portion de son étendue ; 2" le tronc des veines hépati- ques ( 1 ) ; 5° et 4*" deux veines-caves antérieures , une de chaque côté, qui pénètrent dans la poitrine à droite et à gauche, se joignent aux deux précédentes, et for- ment , avec elles et la suivante , le sinus commun des veines; 5" enlui, un tronc qui rapporte le sang fies bran- cliies et des parties voisines, et pénètre dans la poitrine entre les deux veines-caves antérieures. [«Le grand sinus veineux n'est point dans le péri- (1) Histoire naturelle des poissonHf t. i, p, ?>10, cl |>1. vu, f. 1, o. 6. 17 â:)8 XXY' LVAlôS. SECT, ITT. îlÉSERVOiRS DU SANG. «carde, mais entre la paroi postérieure de cette cavité » et la membrane qni tient lieu de diaphragme, et qui «n'est que la partie antérieure du péritoine, renforcée »de fibres aponévroîiques, » Ce sinus est étendu transversalement derrière Toreil- » lette du cœur. » Il faut ajoute raux troncs veineux énoncés ci-dessus: 6° les veines des organes de la génération , qui reçoi- vent aussi une partie du sang de la vessie natatoire , quand elle existe (i). Les veines-caves antérieures reçoivent le sang de la tête, qui passe en partie par un sinus de l'arrière du crâne (2); celui de la gorge, des nageoires et môme celui des branchies, lequel, dans ce cas, n'arriverait pas séparément dans le grand sinus (3). Le tronc des veines hépatiques peut être double ou triple , suivant les divisions du foie. Mais cette circonstance est peu importante , puisqu'elle varie dans les espèces d'un même genre. Ainsi il y a deux troncs dans le gasterosteus spinachia ; tandis qu'il n'y en a qu'un dans les G. aculeatus et jnmgitius (4). La différence la plus importante est celle que nous avons signalée dans notre ancien texte , que les veines hépatiques des poissons se rendent directement au cœur et non dans la veine-cave. La veine-cave postérieure est celui des troncs veineux du corps qui présente les différences les plus impor- (1) Ibid. , pi. vu, t. I, p. (2) IbiT. TV. r.cr.rn des Ai\TMArx'vi'raKr,ni':s. 30!) franche, laquelle ne charrie que du sang qu'elle a pris clans le cœur, sans qu'il ait pu aller respirer.] A. Dans les C lu' Ioniens, Le cœur des animaux de cet ordre présente une forme toute particulière : il est beaucoup plus large que long, et peut être comparé, chez les uns, à un segment de sphère ; chez d'autres il ressemble à un quarré long, que l'on aurait courbé dans sa longueur. Sa situation est au-dessous des poumons, en avant du foie, et même en partie entre ses grands lobes; son péricarde, qui est vaste et fort, est contigu à la mem- brane qui les revêt, et lui est aussi fortement unie que le péricarde de l'homme l'est au diaphragme. Les deux oreillettes sont beaucoup plus grandes, pro- portion gardée, que dans aucun des animaux des deux classes précédentes , et la capacité de chacune est au moins aussi considérable que celle du ventricule. Pla- cées en partie au-dessus de celui-ci, elles le débordent en avant et sur les côtés; leur forme est irrégulièrement arrondie; elles sont sans appendice, et leurs parois minces, légèrement charnues, ont des colonnes peu relevées. La droite, un peu plus grande que l'autre, re- çoit, par une seule embouchure, percée en dessus et bordée de deux valvules qui lui donnent l'air d'une simple fente, le sang qui lui revient du corps; les veines pulmonaires seulement s'ouvrent dans l'oreillette op- posée ; leur embouchure est de même bordée de deux valvules. Une simple cloison sépare les cavités des deux oreillettes et leurs orifices dans le ventricule. La forme que nous avons d'abord assignée au cœur 6. 20 306 XXV' LEÇON. SECT. III. RKSEUVOIRS DU SANG. est proprement celle de la forme extérieure du ventri- cule. Sa cavité est très-petite en comparaison de son volume ; ce qui tient à la grande épaisseur de ses parois. Celles-ci ont extérieurement une couche peu épaisse de fd^res musculaires , dont la direction est parallèle à la surface externe du ventricule; elle en forme propre- ment les parois. Viennent ensuite un grand nombre d'autres faisceaux musculeux, ayant diverses direc- tions, mais particulièrement celle de la base vers la partie postérieure, [où elles se contournent pour se con- tinuer de la paroi supérieure à la paroi inférieure du ventricule.] Ajoutons que la plupart des faisceaux qui doublent ainsi la paroi la plus extérieure du cœur, ne sont que contigus , ou qu'ils sont même assez écartés par intervalle pour laisser fdtrer le sang, dans leurs in- terstices, comme à travers une éponge. Il en résulte que la cavité du cœur est réduite au tiers de son volume. Elle en occupe la base , particulièrement la partie moyenne et la partie droite de celle-ci. Sa plus grande étendue est tapissée par le voile membraneux, qui re- couvre les embouchures des oreillettes et leur sert de valvule. Ce voile est de forme carrée ; fixé par la par- tie moyenne de sa face externe à la cloison des oreil- lettes , et par ses côtés supérieur et inférieur aux parois correspondantes du ventricule, il n'a de libre que ses bords droit et gauche. Le premier est tendu sur l'em- bouchure de l'oreillette du même côté, et le dernier sur celle de l'oreillette opposée ; de sorte que ces embou- chures paraissent, dans le veniricule , éloignées Tune de l'autre de la largeur du voile , quoiqu'elles ne soient séparées, dans les oreillettes, que par la cloison de celles-ci. La valvule gauche dirige du même côte le Ar.T. IV. CCEUR DES ANIMAIX VERTKT'.RÉS. 307 sang qui revient des poumons, c'est-à-dire qu'elle lui fait prendre un chemin tout-à-fait contraire, comme nous allons le voir, à celui qu'il doit suivre pour arri- ver à l'embouchure commune des artères du corps; il est oblii;é , pour cela , de parcourir toute la cavité du ventricule, en refluant de gauche à droite, et de se fd- Irer, même en partie, à travers les parois spongieuses de ce dernier. Il en résulte qu'il se mélange assez inti- mement avec la partie du sang qui doit suivre la même route, quoique n'ayant pas été soumise, dans les pou- mons, à l'action de l'élément ambiant. L'embouchure de rorcillettc droite donne, au contraire, directement, soit dans l'antre, qui conduit à l'embouchure des artères pulmonaires , soit dans les embouchures des artères du corps. L'une et l'autre sont placées dans la partie du ventricule la plus à droite. Le premier, dont la gran- deur varie, est inférieur à l'autre et communique avec lui par une très-large ouverture. Quelquefois il s'étend , îissez loin vers la partie postérieure du cœur; d'autres fois il est si jietit, dans les tortues de terre ^ par exemple, que son ouverture est aussi grande que sa cavité. Ce n'est que dans le premier cas^ dont nous avons trouvé des exemples dans plusieurs tortues de mer, que ce sinus montre plus évidemment les traces d'une loge pulmo- naire, [laquelle a été envahie, pour ainsi dire, par la loge aortique. ] Le sang qui débouche par l'orifice de l'oreillette droite se dirige particulièrement vers cette partie, le long d'un sillon qui va de l'une à l'autre. Du sinus pulmonaire il entre directement dans l'ar- tère pulmonaire , dont l'embouchure, bordée de deux valvules semi-lunaires, est percée au fond de ce sinus. Les aortes s'ouvrent très -près l'une de l'autre dans la 308 XXV' LEÇON. SECT. III. RESERVOIRS DU SANG. partie la plus à droite de la loge supérieure ou princi- pale, la même qui reçoit le sang des deux oreillettes. L'embouchure de l'aorte gauche est un peu plus en dedans que celle de l'aorte droite; toutes deux sont bordées de deux valvules semi-circulaires. C'est ainsi que nous les avons vues dans les tortues de mer ; mais dans les tortues de terre il n'y avait qu'une seule embou- chure pour toutes les artères du corps (i). [Dans la tortue couï, la valvule des deux orifices au- riculo-ventriculaires est musculo-tendineuse ; elle forme en haut et en bas de la cavité du cœur une ligne plus épaisse , plus tendineuse , transversale aux deux parois supérieure et inférieure du ventricule principal. De cette ligne partent des filets tendineux qui se dirigent en arrière en se ramifiant et en devenant de plus en plus déliés. Leurs plus fines ramifications s'entrelacent et se joignent par intervalles, et montrent même des dilatations ou des nœuds ayant l'apparence de très- petits ganglions; de sorte que l'ensemble de ces filets tendineux extrêmement fins, a toutes les apparences d'un plexus nerveux. Le sinus pulmonaire estpetit ; il est surmonté à gauche et en avant, c'est-à-dire dans l'in- tervalle qui le sépare de l'embouchure auriculo-ventri- culairc droite, par une proéminence d'apparence ten- dineuse, formée par l'extrémité postérieure d'un arc osseux, contenu dans l'épaisseur de la paroi inférieure du cœur, entre l'embouchure auriculo-venlriculaire droite et celles des aortes. (!) J ■ cr?.\m hiciule m'Otre trompé ici dans notre ancienne observation. Jeviens d'exaniiiu-^r do nouveau Je cœur de la iorlue grecque et celui de la torUw cotiï ; les aorles ont chacune leur embouchure séparée; elles sont également disLincles dans le Irio'iyx u'i^ypliacus. GeoiTr. {Gywnopoilus de MM, Duniéril et Bibron.) AFxT. IV. C(EUn DES ANIMAUX vEnTiîr.ivûs. 309 Bojajifis a rip;iiré et décrit, avec soin (i) l'ossolct que nous venons d'indiquer. Cet osselet est conique, un peu arqué; sa base est en avant vers les em])onchures des aortes; sa pointe est en arrière, où elle est enveloppée dans une lame musculeuse ou musculo- tendineuse, qui recouvre, comme une valvule, l'entrée du sinus pulmonaire, et doit empêcher le sang qui vient de l'o- reillette gauche d'entrer dans ce sinus et dans l'artère pulmonaire. Il en résulte que le sang qui a respiré, doit passer directement dans l'une et l'autre aorte, dont les deux embouchures sont plus rapprochées de la base du cœur et de l'orifice auriculo-ventriculaire droit; celle de l'aorte gauche est tout-à-fait au bord droit du ventricule , et l'embouchure de l'aorte droite un peu plus à gauche et en dedans. Il en résulte que le sang, qui arrive dans la cavité du cœur par cet orifice , peut entrer dans les deux aortes, ou passer dans l'artère pul- monaire, vers laquelle il est dirigé, par un sillon qui se voit très-bien dans la tortue coiiï^ mais que je ne trouve pas aussi marqué dans les trionyx. Ce sillon ou demi- canal est le résultat de la concavité de l'osselet et de la proéminence que sa pointe forme en arrière. D'après ce que nous venons de dire du cœur des tor- tues, on peut, nous l'espérons du moins, se faire une idée juste de sa composition et de ses résultats pour la marche ou la direction du sang qui le traverse. Relativement à sa composition, le ventricule pulmo- naire n'est plus qu'un sinus, qu'une très-petite sous- division du ventricule aortique ; il ne reçoit le sang veinci X que par l'intermédiaire de ce dernier ventri- JjOp. cit., VM. XXIX, f. 7'), 1'] fi 12, 3^10 XXV^ LEÇON. fe£cr. 111. UESEKVOIRS BU SANG. cule. En effet, celui-ci occupe presque toute l'étendue de la cavité du cœur et montre à sa base les deux ori- fices auricuio-ventriculaires. Ptemarquons bien que les embouchures des deux aortes sont à droite et très-rap- procliées de l'entrée du sang veineux^ et très-éloiguées de l'entrée du sang artériel, qui est tout-à-fait à gau- che; et que l'embouchure du sinus pulmonaire, et conséquemment de l'artère pulmonaire, est plus en arrière et plus loin de l'orifice auriculo-ventriculaire droit que les embouchures des aortes. Mais il faut se rappeler en même temps qu'il existe, le plus souvent (i ) , un sillon, qui va de cet orifice au sinus pulmonaire, et que l'entrée de ce dernier sinus est recouverte par une valvule du côté supérieur et gauche (2). Il résulte de cette organisation , relativement à la direction du sang : 1". Qu'aucune cloison ne séparant le sang oxygéné et le sang non oxygéné qui arrivent en même temps à droite et à gauche dans le ventricule principal, par les deux orifices auricuio-ventriculaires, et ensuite de la contraction simultanée des deux oreillettes , ces deux sangs doivent se mélanger dans cette ca- vité. 2*. Que les parois spongieuses du cœur doivent con- tribuer a ce mélange en retenant une partie des deux sangs dans leurs interstices. 5°. Que le sang veineux se dirige plus particulière- ment vers le sinus pulmonaire , par le sillon qui règne (1) Je ne l'ai pas trouvé dans les Irlonyx. — (2) Voir, pour rintelligcnce tic celte description, la fig. C, pi. 2, des reptiles du Rignc anitunl , nouvelle édi- tion publiée par livraisons, avec pUuicUes. Clicx Crochard et coiupagnie, ù Paris. AllT. IV. CIV.VW DES /VNLAIMX VEnXKI'.Ui: ^. 311 do roriik'c auriciilo-puhnonairo vers ce sinus; mais que son torrent rencontrant clans ce trajet les euibou- chiires des deux aortes, doit y entrer en partie. 4°. Que la lame musculeiise qui recouvre du côté gauche Tentrëc du sinus pulmonaire, doit détourner, en grande partie, de ce sinus, le torrent du sang pul- monaire, qui traverse le cœur de gauche à droite, et le dirige vers les deux aortes. 5^ Que le sang de l'artère pulmonaire est presque entièrement du sang veineux. G". Que le sang des aortes est plus ou moins mélangé de sang veineux^ et qu'aucune disposition organique ne peut empêcher le mélange des deux sangs , dont le double torrent se croise nécessairement et se confond dans Textrémité droite du ventricule (i).] (1) M. le professeur Meyer {Choix de Mémoires d'Analomie comparée, Bonu, 1835, p. 1(5 et pi. M, f. 1, pour le cœur de la Ic.Audo tcssetata) nous pavait avoir mis trop cVimportance, pour la séparation d.s deux torrents, aux dispositions or- ganiques que nous avons décrites. D'un côt6 il faut ne pas perdre de vue qu'ils arrivent ensemble dans le cœur ; de l'autre, iî faut se rappeler le rapprochement des aortes, de l'entrée du sang veineux. Cependant nous ne croyons pas cette, proximité suffisante pour que l'embouchure de l'aorte droite , et encore moins celle de l'aorLe gauche, puissent être couvertes par la valvule mitrale au moment de la contraction du cœur. Mcchel {Système d'Anat. comp,f édit. allem., t. v, p. 222) parle d'une cloison qui séparerait la cavité du cœur en deux loges bien plus évidemment développées, dit-il, que dans les ophidiens, et dont la droite ne serait guère moins grande que la gauche. La cloison qui les sépare aurait le tiers de l'étendue en longueur de leur cavité. J'avoue que je ne conçois rien à cette description, et qu'elle ne me paraît nullement conforme à la nature, suivant mes propres observations. Il dé- crit encore une valvule charnue qui, de cette cloison, se dirige vers la paroi droite extérieure du cœur au-dessous de l'origine de i'arîère pulmonaire. C'est sans doute la cloison qui recouvre le sinus pulmonaire. Il ajoute, d'un autre côté, qu'il n'y a dvus la loge droite, tout près de l'ouverture de la cloison, qu'une seule em- bouchure pour les lïoïo artères. 312 XXV' LEÇON, SECT. III, nÉSERVÔIRS DU SANG. B. Dans les Sauriens et plus particulièrement dans les Crocodiliens. Nous décrirons crabord le cœur des crocodiles , parce qu'il nous fournit un exemple de la structure la plus compliquée que nous ayons observée dans les animaux de cet ordre, et même de tonte la classe des reptiles (i). Son péricarde adhère, comme dans les chéloniens, au péritoine qui revêt la convexité du foie , et sa pointe tient, par un ou plusieurs cordons tendineux très-forts^ à la portion libre de ce sac, qui est extrêment épaisse et comme fibreuse. Il est contenu, en partie, entre les deux lobes du foie, et, pour l'autre partie, entre les deux poumons. Ses oreillettes, un peu moins grandes que dans les chéloniens, ayant d'ailleurs les mêmes rapports, ont des parois épaisses, affermies par de fortes colonnes charnues , dirigées en différents sens. Le ventricule, proprement dit, présente une forme ovale qt des parois très-épaisses. Sa cavité est divisée en (1) Nous avi ns fait mcllrc en italique le coiiunenccment de celte dcscriplion , afin (le mieux faire ressortir l'inexaclitude et i'injustice de Mcckcl. «Cuvier,» dit- il (p. 230 et 231, du t. v.), « ne me paraît pas avoir représente d'une manière cn- » lièrcment exacte l'organisalion du cœur des crocodiles; plus spécialement, il » ne me paraît pas avoir parfaitement reconnu la place de cette organisation dans » la série des développements. » Cependant il y a, dans l'original que nous venons de traduire mot à mot, une «* réserve d'expression qui a disparu dans la traduction française. « Cuvier (y dit-on) me paraît manquer d' cxacl Un de dixns la description du cœur » des crocodiles, défaut qui tient, sans doute, à ce qu'il ne s'était point formé imc » idée bien ncllc^ etc.» Je cite cet exemple, parmi beaucoup d'autres, pour faire voir comment Mechcl clicichait à élever sa réputation sur celle de son maître; et l'esprit qu'on a mi'i dans la traduction française de son œuvre, esprit qui la recommandera d'ailleurs aux détracteurs du grand nalurulisle francai?. AllT. IV. CCliUR DKS ANIMAUX VERTÉBnÉS. 313 trois loges (i), donnant au sang qu'elles reçoivent une uiarohe assez déterminée. L'une de ces loges est infé- rieure et droite; l'oreillette du même coté y verse, par, une large embouchure, bordée de deux valvules mus- culo-membraneuses , et percée à la partie la plus avan- cée de cette loge, le sang qu'elle reçoit des veines du corps. Du côté gauche de la même loge, mais toujours en avant, se trouve l'embouchure de l'aorte gauche descendante, et en arrière de cette embouchure, une large communication qui conduit dans la plus petite des trois loges, [qui n*est proprement qu'un sinus du (i) Noire ancien texte s'exprime ainsi : « Communiquant entre elles par plu- » sieurs orifices ; mais donnant, cependant, au sang qu'elles reçoivent une mar- » clie assez déterminée. » Si l'on fait attention à cette marche, telle que nous la décrivons dans la suite de cet ancien texte, on verra que nous nous sommes servi du mot de communica- tion, surtout pour expliquer le rapport entre la loge inférieure fie ventricule droit) et ce que nous avons appelé, peut-être à tort, loge pulmonaire, qui n'est proprement qu'une anfractuosité, qu'un sinus du ventricule droit, ou de notre loge inférieure. Quant à la communication entre celle-ci et la loge supérieure (le ventricule gauche), nous l'appelons filtration à travers plusieurs trous qui traver- sent la cloison qui sépare la loge supérieure et gauche, des deux précédentes. On voit cette cloison com.plète dans la f. 3 de la pi. 55, t. 5 de notre pre- miiirc édition , dont je conserve les dessins originaux. Cette figure représente la loge supérieure on le ventricule gauche. Dans l'explication de cette figure (p. 367 du t. v) nous disons expressémen